06 décembre 2009

Femmes du lac aux âmes parfumées de Zhou Daxin

 

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Si j'ai tant décrit le rapport qu'entretient l'auteur avec les femmes c'est que ce lien charnel estextrêmement présent tout au long de son œuvre. En effet, Zhou Daxin a dans ce livre tenu la part belle aux femmes mésestimées, celles qui peuplent les régions rurales de la Chine des années 90.

Dans ce livre réunissant deux nouvelles, on assiste à la lente prise de pouvoir du sexe dit faible et assumé comme tel dans la civilisation orientale. Dans la première nouvelle, Femmes du Lac au parfum - qui a obtenu l'Ours d'or en 1993 - c'est une femme de poigne qui prend place dans le récit. Celle-ci, patronne exigeante et intransigeante d'une raffinerie d'huile de sésame, passe d'abord pour une femme ingrate et cruelle. Puis la situation se décante, les fils de son passé sont mis à nu et est révélée au grand jour une femme au grand coeur qui n'est jamais rompue par l'effort.

Dans la seconde nouvelle, Montreurs de singes, c'est une fois de plus une famille rurale qui assure la direction du récit. Le père de famille mène sa progéniture sans possibilité de discuter et tous sont donc soumis au quotidien du cirque ambulant en tant que dresseurs de singes. L'épouse, d'abord transparente, perce enfin l'histoire par son flegme et son assurance tranquille. Et la réflexion qui émane de ce récit est : qui est le plus grotesque dans la farce, l'homme assujetti à ses ambitions ou le singe docile et farceur?

Ce qu'on retient de ce livre est la vertu d'amour et d'abnégation propre aux femmes chinoises qu'a réussi à décrire Zhou Daxin. Par la peinture de leur triste condition, toujours inférieure à celle des hommes, elles sont normalement vouées à être les parfaites femmes d'intérieur dans l'ombre de leur époux. Leur force de caractère leur permet malgré tout de s'élever et de dépasser tous les stéréotypes imposés jusque-là.

On plonge sans effort dans les récits et on lit presque en retenant son souffle tellement les ressorts sont magnifiquement dissimulés. Et j'ai été charmée par l'opiniâtreté et le courage de ces femmes d'aujourd'hui, vivant dans la misère, mais maitresses de leur destin.

Moi je mets volontiers un 8,5/10 pour ce recueil !

Femmes du lac au parfum - Zhou Daxin ; traduction de Liu Fang (Ed. Littérature chinoise, Coll. Panda, 1994, 183 p.)

Posté par Mélopée à 19:43 - Littérature chinoise - Commentaires [0] - Permalien [#]
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