31 décembre 2009

Aujourd'hui...

J'ai une révélation à vous faire. Une petite annonce toute personnelle car aujourd'hui, en plus d'être le dernier jour de l'année, c'est aussi mon anniversaire. Avec 23 années au compteur, un blog qui commence à prendre un peu d'élan... je pense que l'année qui se profile sera bonne.
Alors, en plus de vous souhaiter une bonne et heureuse année d'avance, je vous adresse mes meilleurs vœux et une bonne continuation sur cette blogosphère bouillonnante.
Permettez-moi de souffler les bougies en votre compagnie ! Quant au déballage des cadeaux, ce sera pour plus tard !


gateau_bougies

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30 décembre 2009

Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses de Leslie Plée

moi_vivant_jamais_pauses_leslie_plee_2Leslie vient de terminer ses études et vient s'installer à Rennes auprès de son petit-ami. La vie semble lui sourire car peu de temps après elle décroche un emploi dans une grande surface culturelle pour travailler en tant que libraire. Dans cette BD, l'auteur nous livre tout son cheminement de l'enchantement des premiers temps après l'embauche jusqu'à sa toute récente démission. Et la BD est savoureuse d'anecdotes qui collent parfaitement à la situation des libraires. Pressés de vendre le livre comme n'importe quelle marchandise, nos vendeurs sont en fait exploités jusqu'à cette mémorable réplique d'un des chefs de rayon "moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses".
Effectivement, les conditions de travail paraissent assez pénibles : chacun pour soi dans son rayon mais tous endoctrinés pour faire du profit.

Les dessins épurés rendent bien justice à ces situations grotesquesvuedelaprovince_thumb_400x473 rendues au mieux. Je pense que en bon bibliophile qui se respecte, on envierait quiconque de travailler en librairie pour le plaisir de côtoyer des livres mais on se rend rapidement compte que le charme quasi désuet de la profession de libraire pâtit des exigences du marché. La majorité du temps est employée à la manutention et les conseils prodigués restent excessivement rares.
Désopilant par moment, j'ai apprécié cette BD qui est tout à fait réaliste et nous permet de plonger dans l'envers du décor.

Lu aussi par Emeraude, Reno, Jean-François, Laure, Estelle, Clarabel, Laël, MichelH, Théoma et je vous conseille aussi le très beau blog de l'auteur Leslie Plée !

Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses ou Comment j'ai cru devenir libraire - Leslie Plée (Jean-Claude Gawsewitch, 2009, 95 p.)

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28 décembre 2009

La maison rectangulaire d'Héléna Villovitch

2874430099C'est l'histoire d'une fillette de treize ans et demi qui vit dans une maison rectangulaire avec son petit frère, son père et sa mère. Nous nageons dans un certain flou car il n'y a pas de description ni de l'endroit où se passe l'action (la maison) ni de la famille. Nous comprenons que la narratrice est un brin sadique et manipulatrice car elle tente par divers moyens de terroriser son frère. Quant aux parents, ils sont comme inexistants pour elle, comme d'autres murs qui viennent entraver sa route.
Cette maison, lieu clos, plutôt prison que douceur du foyer est sans doute l'autre personnage principal : l'antagoniste, celui qui est bien trop figé, qui renferme bien trop le quotidien.

J'ai lu la critique de Clarabel (cf. Villovitch sur le club des rats de biblio-net) et suis de son avis sur la plume d'Hélléna Villovitch. C'est un mélange d'onirisme, avec les très bons dessins abstraits qui viennent donner une autre dimension au texte, et une superposition de toute la monotonie qui campe la fillette. On sort mitigé entre la compassion envers ses maux adolescents - la crise est proche - et la surprise croissante envers les petites farces mesquines que la narratrice destine à son frère.
C'est un texte fort où le loufoque est peut-être un élément composant la réalité des petites gens cloisonnées.

On ne sort pas. Il n'y a pas de promenade en famille. Pas de déjeuner au restaurant. Pas de jeu de société. Pas de conversation agréable. Pas de visite imprévue d'amis. Pas d'amis. Pas de musique. Pas de bruit. Dans la maison rectangulaire, chacun cherche à prendre l'autre en défaut. [...]
Qui a bu du lait sans rincer son verre? Qui a déplacé le programme télé? Qui a mal fermé le robinet? Qui a mangé un morceau de fromage? Qui a bougé? Qui a parlé? Qui a eu le culot d'exister?
(p. 81)

La maison rectangulaire - Héléna Villovitch (Estuaire, coll. Carnets littéraires, 2005, 117 p.)
Dessins : Hendrik Hegray

Posté par Mélopée à 11:35 - Littérature française - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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26 décembre 2009

Le livre de ma mère d'Albert Cohen

J’ai déjà eu l’occasion de dire à quel point Cohen constituait pour moi un Pygmalio9782070365616n littéraire. Le récit dont je vais vous parler me paraît incontournable pour tout prétendant à la beauté littéraire du XXème siècle. Il se place sur mon podium juste derrière Belle du seigneur – l’œuvre maitresse et fondatrice – et gagne à être connu.

Il s’agit en effet d’un bel hymne à la mère, celle qui nous a fait naître et nous comble d’amour chaque jour, nous aide à traverser les étapes de la vie et nous soutient lorsque les coups sont plus rudes.

Cohen livre ainsi un roman autobiographique tout dédié à sa propre mère. Arrivés de l’île de Corfou et livrés à la cité fosséenne, ils se retrouvent en branle et reclus à ce seul huis-clos familial angoissant et réducteur. L’auteur nous assène des anecdotes incisives, des fragments volés à cette mère envolée qu’il a longtemps mis de côté. Quel plus bel hommage que ces passages touchants où nous sentons, à travers sa plume, se profiler cette petite dame menue et replète déambulant fièrement au bras de son fils !

Ce qui m’impressionne dans la prose de Cohen c’est son esprit de synthèse, son langage vrai et sensiblement épuré. Parallèlement, le texte est bourré de figures de style, d’images, de tournures de phrases suggestives. Je suis personnellement toujours avide de ses bons mots, de ses trouvailles qui me font dire « je ne l’aurais jamais formulé ainsi mais effectivement c’est pensé très justement ». Et il faut bien avouer que Cohen a une écriture empreinte de lyrisme, pleine d’emphase et de révolte.

Ce qui est stupéfiant et m’a saisi dans ma seconde lecture récente de ce livre est le parallèle que l’on peut faire avec Romain Gary. En effet, tous deux émigrent dès l’enfance vers la Mère patrie française, tous
deux s’éprennent de la langue, des richesses nationales et lui vouent une sorte de culte. Face à la mère – la leur dans le sang et les gènes - qui a plus de mal à s’intégrer, le fils – et surtout Cohen  – a du mal à rendre grâce à celle qui tour à tour lui fait honte, pitié… et finit par lui inspirer une tendre compassion.

C’est privé de la présence corporelle que la prise de conscience fait son chemin. Cohen  semble bien penaud
face à celle qu’il pensait éternelle. Parfois criant de chagrin, le roman alterne avec des épisodes plus gais qui nous renvoient à notre propre mère et à l’attachement certain qui nous pouvons lui porter.

Un témoignage à picorer et à transmettre !

Somptueuse, toi, ma plume d’or, va sur la feuille, va au hasard tandis que j’ai quelque jeunesse encore, va ton lent cheminement irrégulier, hésitant comme en rêve, cheminement gauche mais commandé. Va, je t’aime, ma seule consolation, va sur les pages où tristement je me complais et dont le strabisme morosement me délecte. Oui, les mots, ma patrie, les mots, ça console et ça venge. Mais il ne me rendront pas ma mère. Si remplis du sanguin passé battant aux tempes et tout odorant qu’ils puissent être, les mots que j’écris ne me rendront pas ma mère morte. Sujet interdit dans la nuit. Arrière, image de ma mère vivante lorsque je la vis pour la dernière fois en France, arrière, maternel fantôme.  (pp. 10-11)

L'ont lu : Sylvie, Jade, Raison-et-sentiments et conseillé par Calypso dans les coups de cœur de la blogosphère !

Le livre de ma mère (Gallimard, coll. Folio, 2006, 174 p.)

Posté par Mélopée à 23:06 - Littérature française - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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23 décembre 2009

Amour et pois de senteur de Sophie Dahl

amour11Je vais vous avouer être bien contente de voir que Sophie Dahl est encore restée dans l'ombre malgré ce baume pour le cœur que je vais vous présenter, car à moi de vous le faire connaître. Enfin mon enthousiasme a été de courte durée quand je me suis aperçue que je ne remettais pas la main sur ce livre (pourtant chèrement acheté). Mon souvenir pour ce petit récit est malgré tout vivace ce qui me permet d'en dresser quelques mots.


Avant tout, présentation succincte de l'auteur : Sophie Dahl est mannequin et elle est surtout la petite-fille de Roald Dahl. D'où ma curiosité poussée pour ce petit livre sorti de nulle part. Car si le talent est héréditaire, il me fallait absolument lire Amour et pois de senteur.


Pierre est une jeune femme insouciante et bien dans sa peau. Jeune princesse des temps modernes, elle se fait littéralement envouter par un bel apollon, artiste-peintre de surcroit qui lui laisse entrevoir des lendemains de rêve. Commence une folle passion entre nos deux personnages, lui à l'allure dégingandée, elle fantasque et imprévisible. Mais une fausse note vient rapidement enrayer la douce idylle de nos tourtereaux et Pierre s'en va incidemment chercher refuge ailleurs, loin de celui qui lui a brisé le cœur. L'histoire ne peut se terminer sur la fanaison de notre brindille et c'est une fin heureuse qui se profile.

Quelle petite merveille de douceur et de fraicheur ! Outre les dessins qui nous rappellent ceux de William Blake qui illustraient l'œuvre de Roald Dahl, le ton est donné : le conte de fées peut commencer. Donc oui, les dessins apportent une touche remarquable et donnent une valeur ajoutée au fil conducteur. C'est un récit attendrissant tout autant que positif et il en faut du positivisme en ces temps moroses où le quotidien nous fait déchanter. Le style est fin, original et l'histoire qui pourrait sembler être un remake d'un des Disney a juste la prétention de nous tirer des sourires toutes les deux pages. Le livre laisse une place à l'imaginaire et nous offre un excellent aperçu de l'amour avec un grand A.
Voilà un livre qui convient bien à cette période de fêtes : pour prolonger le rêve et se laisser bercer par une belle histoire !

Allie en a parlé.

Amour et pois de senteur - Sophie Dahl (Albin Michel, 2006, 80 p.)

Posté par Mélopée à 17:31 - Littérature anglaise - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Challenge ABC

Je vous ai exposé hier ma PAL et dans la foulée je compte me lancer dans un challenge ABC perso (car je crois que les inscriptions sur celui de la blogo sont bouclées) :

A : David Abiker - Contes de la télé ordinaire
B : Alessandro Baricco - Novecento pianiste
C : Colette - Dialogues de bêtes
D : Alphonse Daudet - Les lettres de mon moulin
E : Anne Enright - Retrouvailles
F : William Faulkner - Tandis que j’agonise
G : Alice Giono - Mon père : contes des jours ordinaires
H : Nancy Huston - La virevolte
I : Anosh Irani - Le chant de la cité sans tristesse
J
: Carrie Jones - Envoûtement
K : Sigis'mund Krzyzanowski - Le marque-page
L : Gila Lustiger - Un bonheur insoupçonnable
M : Margaret Mitchell - Autant en emporte le vent
N : Guadalupe Nettel - Pétales
O : Maggie O'Farrell - L'étrange disparition d'Esme Lennox
P : Marisha Pessl - La physique des catastrophes
Q
: Yann Queffelec - Les noces barbares
R
: Jean Racine - Athalie
S : George Sand - Ma sœur Jeanne
T : Léon Tolstoï - La sonate de Kreutzer
U : Sarah Upadhyay - Le maître de l'amour
V : Alfred de Vigny - Poèmes
W : Viginia Woolf - Mrs Dalloway
X : Xu Xing - Le crabe à lunettes
Y : Marguerite Yourcenar - Mémoires d’Hadrien
Z : Boris Zaïtsev - Agrafena

Ainsi je pourrai peut-être croiser ce défi avec celui concernant l'année Russie. Pour le reste cela reste éprouvant et ce sera mon premier challenge parmi vous (et pas des moindres). De quoi faire baisser ma PAL !
En plus j'ai tenté de mettre classiques et livre plus contemporains, littérature française et étrangère. Enfin j'ai mis un peu de théâtre et de poésie afin de diversifier les genres !

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22 décembre 2009

Je les possède...

palC'est absolument effrayant mais quelquefois il faut mettre les mains dans le cambouis. En ce qui me concerne il s'agit de ma PAL qui en cette fin d'année me fait culpabiliser plus que les kilos futurs. De ce fait, pour moi c'est objectif PAL grâce à Antigone qui par ce challenge va me forcer à piocher dans ma bibliothèque au lieu d'aller fureter ailleurs.
Je crois que ça se passe de tout commentaire ...


A

Contes de la télé ordinaire - David Abiker
Flatland - Edwin A. Abott
Une vague inquiétude - Ryûnosuke Akutagawa
Le verre de l'eau - Laurent Albarracin
Manuscrit corbeau - Max Aub

B

Novecento pianiste - Alessandro Baricco
Les paradis artificiels – Charles Baudelaire
Petits poèmes en prose – Charles Baudelaire
Au nom du fils - Hervé Bazin
Féline -   Bu Hui-Ryeong
Le désert des tartares - Dino Buzzati

C

Les enfants du Flot - Michel Caffier
La vie est un songe - Calderon
Le baron perché - Italo Calvino
La maladie humaine - Ferdinando Camon
L'amour aveugle - Patrick Cauvin
Le lumineux destin d'Alexandra David-Neel - Jean Chalon
King Kong story - René Chateau
The body in the library - Agatha Christie
Murder in Mesopotamia - Agatha Christie
Allo, Hercule Poirot - Agatha Christie
Les parents terribles - Jean Cocteau
Dialogues de bêtes – Colette
Le blé en herbe - Colette
Adolphe - Benjamin Constant
L'illusion comique - Pierre Corneille
Sous le regard des étoiles - A.-J. Cronin
La dame aux oeillets - A.-J. Cronin
L'épée de justice - A.-J. Cronin

D

Les lettres de mon moulin - Alphonse Daudet
Babyji - Abha Dawesar
Chroniques de la haine ordinaire - Pierre Desproges
La reine des rêves - Chitra Banerjee Divakaruni
La difficulté de vivre - Françoise Dolto
Manhattan Transfer - John Dos Passos
Les possédés - Fédor Dostoïevski
Souvenirs de la maison des morts - Fédor Dostoïevski
Le chien des Baskerville – Arthur Conan Doyle
Civilisation : 1914-1917 - Georges Duhamel
Le comte de Monte-Cristo - Alexandre Dumas

E

Invisible man - Ralph Ellison
Retrouvailles - Anne Enright

F

Tandis que j’agonise – William Faulkner
Dictionnaire des idées reçues - Gustave Flaubert

G

L'amour au temps du choléra - Gabriel Garcia Marquez
Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable - Romain Gary
Le Roman de la momie – Théophile Gautier
La symphonie pastorale - André Gide
Les faux-monnayeurs - André Gide
Mon père : contes des jours ordinaires – Alice Giono
Rebelles - Anna Godbersen
La Locandiera, Les Rustres – Goldoni
Ainsi soit-il - Eli Gottlieb
Adrienne Mesurat - Julien Green
Vie et destin - Vassili Grossman

H

True blood (T1 et 2) - Charlaine Harris
The Scarlet letter – Nathaniel Hawthorne
The short happy life of Francis Macomber - Ernest Hemingway
Famille Boussardel - Philippe Hériat
Au nom de la race - Marc Hillel
Le chat qui venait du ciel - Hiraide Takashi
Me and the devil blues (T1) - Akira Hiramoto
Loubianka - Travis Holland
Quatre-vingt-treize - Victor Hugo
Claude Gueux - Victor Hugo
La virevolte - Nancy Huston
L'empreinte de l'ange - Nancy Huston
Une adoration - Nancy Huston

I

Dernières nouvelles du bourbier - Alexandre Ikonnikov

J

L'âge difficile - Henry James
Envoûtement - Carrie Jones

K

Le caméléon - Andreï Kourkov

L

La dentellière - Pascal Laîné
Les chants de Maldoror - Lautréamont
L'amant de lady Chatterley - D. H. Lawrence
L'aiguille creuse - Maurice Leblanc
Les désenchantées - Pierre Loti
Un bonheur insoupçonnable - Gila Lustiger

M

La condition humaine - André Malraux
Blood alone - Takano Masayuki
Carmen - Prosper Mérimée

Le parfum d'Héléna - Raoul Mille

Les boulevards de la ceinture - Patick Modiano
La ville dont le prince est un enfant - Henry de Montherlant
Miss Charity - Marie-Aude Murail

N

A l'ouest de Tokyo - Yamada Naito (manga)
Journal 1934-1939 - Anaïs Nin
Un hiver d’artifice – Anaïs Nin
Eternels T1 : Evermore - Alyson Noel

O

L'étrange disparition d'Esme Lennox - Maggie O'Farrell
Après l'amour, la sueur des garçons à l'odeur du miel - Mari Okazaki (manga)
La révolte des accents - Erik Orsenna

P

Le temps des secrets - Marcel Pagnol
La physique des catastrophes - Marisha Pessl
The Pythons : autobiography - The Pythons

Q

Les noces barbares - Yann Queffelec

R

Athalie – Jean Racine
Iphigénie – Jean Racine
Esther – Jean Racine
Bajazet – Jean Racine
Britannicus – Jean Racine
D'un dico l'autre - Jean-Claude Raimbault
Comment devenir agent secret ? - Rémy
Knock - Jules Romains
Cochon d'allemand - Knud Romer
Rêveries d’un promeneur solitaire – Jean-Jacques Rousseau
Pedro Paramo - Juan Rulfo

S

Les cadets - Ernst von Salomon
Ma sœur Jeanne - George Sand
Le théâtre de la mémoire - Pablo de Santis
Push - Sapphire
L'Astragale - Albertine Sarrazin
La P… respectueuse, suivi de Morts sans sépulture – Jean-Paul Sartre
Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer & Annie Barrows
Août quatorze – Alexandre Soljénitsyne
Les hommes en blanc - André Soubiran
Tortilla flat - John Steinbeck
En un combat douteux - John Steinbeck
La coupe d'or - John Steinbeck
The Grapes of Wrath – John Steinbeck (déjà lu en français)
L''île au trésor - Robert Louis Stevenson

T

Brothers - Sho-U Tajima (manga)
Je suis né un jour bleu - Daniel Tammet
Le seigneur des anneaux (dernière partie) – J. R. R. Tolkien
Anna Karénine - Léon Tolstoï
La sonate de Kreutzer - Léon Tolstoï
Vivre dans le feu, confessions - Marina Tsvetaeva

U

Monster (T 1 à 9) - Naoki Urasawa (manga)

V

Poèmes - Alfred de Vigny
Bucoliques et Géorgiques - Virgile

W

The little book of Jane Austen - Emily Wollaston
Mrs Dalloway - Viginia Woolf
L'écrivain et la vie - Virginia Woolf
Native Son – Richard Wright

X

Y

Mémoires d’Hadrien – Marguerite Yourcenar

Z

Le docteur Pascal - Emile Zola
La faute de l'Abbé Mouret - Emile Zola
Thérèse Raquin - Emile Zola

Sans auteurs :

Contes à rebours
Young wild west running the gauntlet

141 si mes comptes sont bons ! Brrr, je crois que j'ai une résolution pour la nouvelle année !

Posté par Mélopée à 20:00 - Ma PAL - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Je suis ton papa de Wang Shuo

wangEncore un livre chinois qui a été une totale découverte et qui m'a amusé de par l'angle nouveau : un père/un fils (deux personnalités complexes).

Un père, Ma Linsheng, élève seul son fils, Ma Rui, suite à un divorce houleux. C'est donc dans le quotidien de ce petit couple, aux heurts et malheurs fréquents, que nous emmène Wang Shuo. La position du père face à son jeune adolescent de 12-13 ans, en constante rébellion et pourfendeur de l'injustice, va être difficile à trouver. En effet, Ma Linsheng tente tout d'abord d'imposer son autorité en instaurant une certaine distance : Ma Rui le vouvoie, en a presque peur et ne cesse de se heurter à un mur.

Puis Ma Linsheng adopte une nouvelle stratégie : son fils a la permission de le tutoyer, de l'appeler par son prénom et ainsi le père pense régler les conflits. En expérimentant les rapports copain/copain, le père doit bien se rendre à l'évidence qu'ils sont dorénavant sur un même pied d'égalité. Cela donne des situations comiques : une partie de ping-pong où chacun, mauvais joueur, insulte l'autre... le ton monte, monte jusqu'à aboutir à une chute bien prévisible.
Dans cette nouvelle distribution des rôles, on rit du cocasse de certaines scènes où le fils tente de trouver une nouvelle compagne à son père, où Ma Linsheng joue le tout pour le tout afin d'intégrer la bande de copains de son fils, où il use de tous les stratagèmes (maladie feinte, fatigue, fouille méthodique des affaires...) pour être proche de Ma Rui. Comme si ce rapprochement avait fait de ces deux êtres deux frères aux ruses inépuisables.

Puis les statuts se disloquent et le père perd peu à peu de son "prestige" en devenant quasiment fils (fils de son fils... on se comprend?). Et c'est justement d'un drôle de voir que les rapports humains et surtout cette relation très complexe, d'un père avec son fils, peuvent s'ébranler et remettre tout un ordre familial en question.

Ma Linsheng jette un regard finaud sur son fils. Il a un petit gloussement :
- C'est pourquoi je te comprends. Je suis passé moi aussi par ce stade, et je sais ce que c'est que d'être un fils. [...]
- Ton père te battait souvent?
- Change de sujet, tu me fais perdre le fil, grommelle Ma Linsheng avec impatience. Tu m'as entendu? Je te comprends, moi, ton père. Je te comprends.
- J'ai entendu. Tu me comprends.
- Tu n'es pas touché?
- Je le suis.
- Puisque je te comprends, ne dois-tu pas me comprendre en retour?
- Tu me comprends parce que tu as toi aussi été un fils, mais moi qui n'ai jamais encore été père, comment veux-tu que je te comprenne? [...]
Le fils console son père :
- Mais je suis ravi que tu me comprennes." (pp. 300-301)


Je suis ton papa - Wang Shuo (Flammarion, 1997, 404 p.)

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21 décembre 2009

Ikigami (tome 1) de Motorô Mase

     Mon initiation aux mangas est toute récente car j'étais auparavant totalement réfractaire à ce genre que je qualifiais (à tort) de torchon. Pour moi les mangas se cantonnaient à être ces scénarios pour petites adolescentes avides de super pouvoirs ou d'amours bien mièvres.
     C'était sans compter ma découverte des seinen (mangas pour adultes) qui recèlent des séries passionnantes. J'ai en plus la chance d'avoir un manga café dans ma ville (Amiens) où il est possible de s'installer toute une après-midi dans une petite pièce aménagée avec une conso et de découvrir tous les tomes 1. De l'incitation à sortir le porte-feuille après me direz-vous ! Eh oui... j'ai succombé pour les suites, toute penaude et déjà assoiffée de m'y replonger !


Première immersion : Ikigami de Motorô Mase

Ikigami_1

Nous sommes dans une société bien particulière car des mesures ont été prises pour créer une civilisation meilleure. A leur entrée à l'école les enfants sont vaccinés et sur 1000 d'entre eux, une micro-capsule nocive a été injectée qui explosera lorsque l'étudiant aura entre 18 et 24 ans. Cette menace tend à rendre toute la valeur de la vie à ces enfants ultra protégés et trop gâtés. Ainsi, le fonctionnaire Fujimoto que nous suivons a pour mission de délivrer le sésame (l'Ikigami) indiquant la sentence terrible qui fait l'effet d'une bombe sur tous les condamnés à mort. Et ces jeunes gens sont bouleversants : ils profitent des derniers moments pour régler leurs comptes ou pour réaliser leurs rêves.

Là aussi c'est une bien bonne surprise que ce manga au procédé implacable. Les arrêts de mort sont comme des révélateurs de conscience sur l'injustice du sort, du hasard et sur la troublante politique japonaise. Cette loi sur la "prospérité nationale" interroge d'autant plus que la mise en scène du conservatisme mêlée aux innovations achèvent de nous interloquer sur cette fameuse sélection de l'État.

J'ai tout simplement adoré ce thriller d'anticipation qui s'est trouvé en rupture de stock à sa sortie en France (comme je le comprends!) et vais m'empresser de lire la suite !

Ikigami, préavis de mort (T1) - Motorô Mase (Asuka, 2009, 206 p.)

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20 décembre 2009

Parole de ventriloque de Pauline Melville

ventri10Avant de donner mon opinion sur ce livre, je vais me baser sur la quatrième de couverture :
Parole de ventriloque est un roman drôle et sensuel, vif et direct, plein des sons et des senteurs, des mythes et des légendes du Guyana. Il rapporte des événements tragiques dus aux oppositions entre la culture amérindienne et les valeurs européennes durant trois générations.
Au centre du récit, la relation incestueuse entre un frère et une sœur, Danny et Béatrice McKinnon, les enfants d'une Indienne wapisiana et d'un libre-penseur écossais. L'histoire atteint son sommet avec l'éclipse de soleil de 1919 qui symbolise le choc des cultures car, selon les mythes indiens, l'inceste est lié aux mouvements du soleil et de la lune. Les Indiens l'admettent sans l'approuver, mais il est prohibé par les "agents civilisateurs", dont le père Napier, un missionnaire jésuite exalté, homosexuel refoulé, qui veut l'anéantissement du couple. Son acharnement déchaînera violences et folies.

C'est donc un récit largement influencé par les phénomènes météorologiques qui prend place ici. L'éclipse est vécue comme un événement funeste, agissant sur les Amérindiens qui sont comme soumis à des légendes héritées et véhiculées de part en part.

Tout est très habilement suggéré, dans un style qui ne permet pas les larmoiements ni le dégoût mais incite à la curiosité et à la découverte approfondie. Car ces mythes amérindiens paraissent en effet bien ancrés et être comme des fatalités autour desquelles les personnages sont tiraillés. On ne peut qu'être désorienté par la force de la nature et par ces significations colportées par les Indiens du Guyana.
Outre le vocabulaire assez incompréhensible pour tout citoyen civilisé, on se prend à imaginer ce que peuvent bien désigner ces mots : waam, kanaïma... Et la vie là-bas semble codifiée car hantée par les traditions.
C'est un paysage en plein cœur de Rupununi où nous sommes conviés à convoler.

J'aime relever des passages qui me paraissent bien plus significatifs que de grands discours :

Mais évidemment. L'information c'est le nouveau pactole. Vous, une intellectuelle, vous devez savoir ça. La connaissance que j'ai des Indiens est une façon de prendre possession d'eux - je l'admets. Nous leur disputons la possession du territoire intellectuel. Mais c'est mieux que de leur voler leur terre, n'est-ce pas ? (pp. 100-101)

Après qu'ils eurent mangé, le père Napier insista pour qu'ils disent merci à Dieu. Il expliqua du mieux qu'il put dans son macusi hésitant ce qu'ils étaient censés faire. Titus, le Macusi, prit un air perplexe et s'adressa en wapisiana à Siriko qui à son tour parla aux Taruma. Ce ne fut qu'alors que le père Napier se rappela qu'on lui avait signalé qu'aucune de ces langues ne connaissait le mot "merci". Lorsqu'ils furent enfin tous rassasiés, Titus, pour être aimable, leva la paume de sa main au ciel et dit posément :
- Ça ira comme ça, dieu.
(p. 220)

Cette plongée en plein cœur de la civilisation indienne avec tous ces rites m'a plu. J'ai d'autant plus apprécié ce livre au style incisif, qu'on le sent très empreint de respect et de discrétion. Il y a comme une certain noblesse et une grandeur d'âme dans ces Indiens qui nous ouvrent leur village.

8/10 pour moi !

Parole de ventriloque (aussi appelé Le conte du ventriloque) - Pauline Melville (Ed. Zoé, 2002, 419 p.)

Posté par Mélopée à 20:24 - Littérature sud-américaine - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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