14 mars 2010

Dharma poèmes de Park Je-chun

Quelle tâche périlleuse que de commenter un recueil de poèmes, d'autant plus quand il s'agit de poèmes à 1couv_10forte inspiration orientale et qui sont donc bien loin de notre schéma de pensée habituel !
Il est dit en quatrième de couverture que la poésie coréenne est fort mal connue en France. Je le confirme car jusque-là je n'avais même jamais abordé la poésie asiatique. Et ce recueil très coloré s'est révélé une invitation au voyage très appréciée et plus exactement une pause zen au milieu des préoccupations urbaines.

C'est effectivement une succession de petits textes, tous plus dépaysants les uns que les autres qui nous proposent un autre aspect de la nature, une autre vision du monde dans une sorte de quiétude méditative.

Citons par exemple le début de la première strophe du poème "En buvant le thé" (p. 40) :

Je vous accepte dans mon intérieur.
Vos inspirations, vos prunelles, votre parfum
Me remplissent pleinement.

La lecture de ces poèmes est comme un apaisement. On s'évade avec le poète dans le lointain Orient, on progresse au gré de son imagination, au fil de ses digressions et on apprécie le voyage.

Pour ma part j'ai été davantage touchée par le poème "En écoutant une cloche" (p. 56) qui évoque l'installation d'une cloche dans un appartement. Sauf que la cloche fait sa silencieuse, elle reste dans un demi-son et laisse présager d'un passé où peut-être elle se balançait solennellement. J'ai trouvé le parallèle entre ce présent, où la cloche est confinée dans un petit espace, et le passé où elle tintait selon ses envies, vraiment touchant car le vocabulaire permet de manière saisissante de se figurer la relique. Et on croit entendre au loin le doux écho d'une cloche échouée...

format_020J'ai oublié de signaler que le recueil était ponctué de calligraphies dessinées par le fils du poète, Park Jino. Peut-être l'ai-je oublié car elles m'ont plus fait penser à des illustrations d'ouvrages de botanique qu'à des représentations subjectives de l'art poétique coréen. J'ai tenté de me représenter les diverses plantes sous d'autres aspects mais j'avoue ne pas avoir été touchée par les dessins. Ce sera je crois le seul bémol que j'aurais à reprocher à ce petit recueil.

En somme, c'est un ouvrage qui propose à coût réduit une escapade vers la Corée et ses courants de pensée. Pour qui rechigne à lire de la poésie je pense que Dharma poèmes peut être un bon compromis car il allie un vocabulaire simple et sans artifices à la beauté d'un ailleurs inconnu.

Les critiques sont d'ailleurs très élogieuses et on sent que le recueil en a transporté plus d'une comme vous pourrez le constater chez Pascale ou Tinusia.

Ainsi donc, pour la ballade langagière, pour cette belle virée poétique, je tiens à remercier bob et les éditions Sombres Rets.

Dharma poèmes - Park Je-chun ; traduction d'Antoine Coppola et Ko Chang-Soo (Ed. Sombres Rets, 2009, 75 p.)

Posté par Mélopée à 17:01 - Poésie - Permalien [#]
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