30 mars 2010
7 révélations choc sur moi
C'est ma chère Canel qui m'a demandé de me confier sur 7 choses inédites (mais avouables)
sur moi. Pas mal l'idée mais ça m'a obligé à me creuser la cervelle pour dénicher des scoops.
Eh oui chers blogueurs, vous savez déjà que j'aime les moutons, que je suis Belge dans l'âme, que j'ai une Maman formidable, so what else?
- J’ai six frères et sœurs. Eh oui, je suis la deuxième d’une grande famille où j’aime ma place, ma fratrie et tout le plaisir à savoir qu'il y a un petit monde qui gravite autour de moi.
- J’ai pratiqué la danse de salon pendant trois ans. Effectivement, j’aime danser et apprendre à danser en couple a été une très belle expérience.
- J’ai eu un accident de voiture, toute seule. Les éléments météorologiques ont eu raison de moi et en octobre dernier : j’ai réussi à terminer dans le fossé, à la verticale, après un gros aquaplanning. Bilan : voiture à la casse et main cassée ! Plus de peur que de mal !
- Après le bac j’ai limite fait un pile ou face pour choisir mes études supérieures. J’avais en effet une grande passion pour les langues vivantes. De l’autre, les métiers du livre m’attiraient. Et me voilà à travailler avec les livres ! Mais parfois j’ai des regrets d’avoir laissé mon autre passion en friche.
- Je suis déjà montée dans la voiture d’un inconnu. On le répète aux enfants et pourtant certaines têtes dures persistent et signent à vouloir enfreindre ces règles de base. Grosse, grosse peur ! Je devais avoir 9-10 ans, je sortais de la bibliothèque et il pleuvait dru. Un gentil monsieur a proposé de me ramener : je l’ai suivi. Mais avec le recul, quelle inconsciente j’ai été !
- Mes amis se comptent sur les doigts d’une main. Je ne pense pas être asociale mais j’ai vraiment très peu d’amis et les seuls sur lesquels je compte sont les meilleurs qui soient. Je crois placer l’amitié sur un piédestal et cultive mes amitiés comme des plantes rares. Un ami perdu, une fâcherie et c’est comme un deuil pour moi.

- J’ai parcouru la Norvège, la Suède et la Finlande en l’espace de15 jours. Oui ça a été un très beau road-trip de capitale en capitale avec sac à dos en séjournant dans des auberges de jeunesse, en électron libre qui se respecte. Bon, je n'étais pas seule mais ça a été une expérience dont je garde un souvenir ému.
Ci-contre, une photo de Bergen en Norvège et son superbe coucher du soleil. Nous avions consacré un blog à notre récit de ce court voyage ici.
29 mars 2010
Bug O'Shea de Paul Morand
Bug O'Shea, dit le grand Bug, ou le Gorille, est un bandit de grand
chemin qui a fait courir
les autorités américaines. Il vient de décéder à
Chicago et c'est le remue-ménage pour rapatrier son corps en Irlande,
patrie dont il est originaire. La première partie du roman retrace toute
l'effervescence que provoque l'annonce du décès sur la population
locale (américaine). Beaucoup lui tirent leur chapeau car même s'il a
été recherché, vivait en fuite, le grand Bug termine sa vie comme il
l'aurait voulu : chez lui, en Irlande. C'est à bord du dernier
Transatlantique que son corps rentre à la maison.
Suite du
récit avec une rupture dans l'action : on est en Irlande, non pas à
Dublin, ville forte et urbanisée, mais dans les verts pâturages de
régions laissées à Mère nature. On suit un personnage, un Yankee dont on ne
sait rien si ce n'est qu'il désire trouver demeure là où il pourrait
mener une parfaite vie de Robinson. Nous suivons donc sa quête de la
demeure idéale, lui arpentant des paysages tous plus sauvages et
bucoliques les uns que les autres. Des compagnons de voyage (Cucogri et
Lady Glencoe, Irlandais de souche) viennent orienter notre héros vers
des maisonnées très reculées et c'est donc de grandes descriptions de
paysages bruts de décoffrage, dignes de peintures des origines du monde
auxquels nous avons droit :
Devant
lui, les ruines de l'abbaye de Muckross avaient la forme d'un paquebot
de pierre immobilisé dans un océan de verdure et de mousse. Meurtries
par les guerres de religion, les arches gothiques se rejoignaient en
d'étroites ogives, imitant les arbres des allées centenaires. Le toit de
l'église avait brûlé et livrait passage
aux cyprès et aux yeuses
sombres, avec leurs sautoirs d'églantines, qui avaient poussé dans la
nef. A travers les arcs des croix celtiques - la croix inscrite dans un
cercle -, brillait le lac d'argent, tandis que les vaches ruminaient
doucement, souillant de leur bave verte les pierres tombales sur
lesquelles dormaient sous globe de candides bouquets funéraires en
porcelaine, blancs comme des bouquets de mariée.(pp. 67-68).
J'ai trouvé plusieurs intérêts à cette lecture mais le principal a
été de poursuivre sur ma lancée après la très bonne lecture d'un
William Trevor qui m'avait incité à aller voir au-delà. J'avais, de
plus, envie de me plonger dans ces paysages verdoyants dont je savais
que Morand saurait me parler si bien par l'intermédiaire de son héros. Car en
prenant comme porte-parole un Yankee, un frêle touriste plein d'espoirs,
c'est un regard tout neuf d'une Irlande bien loin de la civilisation
actuelle qui m'était livré.
Bug O'Shea reste au centre de l'histoire
avec une évocation du rôle qu'il tenait pour les Irlandais : il faisait
figure de héros car, de ses butins, il envoyait une forte somme à ses
villages irlandais isolés pour qu'ils gardent leur aspect rupestre.
C'est donc grâce à un gangster que ces petits paysages gardaient toute
leur féérie, que se dévoilait une Irlande non encore foulée et pleine de
mystère. Le croisement de deux personnages, l'Américain sans aucune
attache et l'Irlandais accueilli comme enfant prodigue, permet de voir
qu'un seul pays, l'Irlande, est au centre de nombreux paradis perdus.
Un très beau moment plein de poésie ! Je salue les images
invoquées par Morand et son incroyable aptitude à nous ramener plus de
70 ans en arrière pour nous donner à voir ce que la nature aurait pu
persister à être, sans l'intervention de l'homme.
Bug O'Shea - Paul Morand (Ed. du Rocher, 1994, 116 p., coll. Alphée)
28 mars 2010
Mes marque-pages, compagnons de vie
Pickwick a organisé un sympathique concours auquel je m'empresse de prendre part. Le but : dévoiler nos marque-pages, ceux qui arrêtent notre lecture, ceux qui font leur temps, ceux qui se fondent dans les livres et nous permettent de reprendre notre souffle.
Voilà ceux que je prends quasiment à tous les coups, ce sont mes marque-pages toujours d'attaque ! Ils sont usés, défraichis et tout pliés mais moi je les aime quand même. D'ailleurs dans ces cinq là il y a mon tout premier qui date de 1999 (le deuxième avec son petit chat qui sort sur la gauche) qui a une forte valeur affective. Ah c'était le temps des premiers émois de la lecture ! Notez aussi l'étiquette noire en tissu détournée en marque-page de fortune. Eh non, je n'aime pas jeter.

Mes marque-pages publicitaires de libraires, de manifestations ou de tous ces endroits où on passe et où on a envie de revenir. Tropismes c'était ma librairie bruxelloise, quant au marque-page pointu de Pierre Génicot, c'était mon bouquiniste d'occasion dans ce même Bruxelles. C'est des tranches de vie que je prends plaisir à ressaisir de temps en temps.

Mes marque-pages voyageurs : voilà ceux qui ont fait un bout de chemin avant de me parvenir. Le premier vient d'Hélène lors du Swapôcontes, le deuxième est un marque-page aimant provenant de Londres tout comme le troisième que j'aime beaucoup. Le quatrième et cinquième m'ont été offerts par Canel lors du Swap de la Saint-Patrick. Mon marque-page mouton vient de Dublin, quant au marque-page théière il m'a été offert par aBeiLLe lors d'un Swap des plages. Et enfin mon Shh, I'm trying to read qui n'est peut-être pas fait pour être marque-page mais comme personne ne peut me déranger, je lui ai trouvé cette belle fonction en attendant.

Et voilà mes marque-pages chouchous ! Voilà les cinq que j'affectionne particulièrement et que je ne jetterai pour rien rien au monde. Le premier c'est mon prénom, c'est aussi une règle mais moi je l'aime bien en marque-page car il est tout souple. Le deuxième c'est le faire-part de naissance de la fille de mon collègue préféré (on ne sait jamais, il pourrait lire ceci ;)). J'ai trouvé l'idée super chouette et au moins je garderai sa pitchounette à travers chacun de mes livres.
Le troisième c'est un Raymond Peynet, artiste que j'ai toujours beaucoup aimé. Ses illustrations sont d'une grande poésie et cela résonne en moi, alors ce violoniste qui joue une partition tricotée, j'aime !
Le quatrième c'est mon marque-page mouton préféré. Qu'est-ce qu'ils ont une bonne tête avec ces grands sourires !
Et le dernier c'est mon marque-page médiéval trouvé dans un livre d'histoire lors d'une virée à la bibliothèque. Je l'ai trouvé si beau que je l'ai embarqué ! Mais son propriétaire précédent doit le regretter.

27 mars 2010
La Saint-Patrick se poursuit...
Eh oui, je n
e résiste pas au plaisir de vous mettre ce que le facteur m'a apporté provenant tout droit de ma Maman. En voilà une qui ne savait pas que j'avais déjà été bien gâtée pour le swap de la Saint-Patrick et qui a enfoncé le bouchon avec des petits objets qui m'ont fait chaud au cœur.
Je confirme, ce n'est pas une lubie, j'aime les moutons. Quant aux gourmandises, qui résisterait à des petits moutons chocolatés ou à des lucky lollipops irlandaises ? Ah, ah j'adore ! J'en viendrai presque à préférer le vert au rouge, à vouloir tout retapisser chez moi aux couleurs de l'Irlande mais faisons-nous une raison, succombons et calmons-nous !

Qui a dit que Mélopée n'était pas une gourmande? Regardez ce qui accompagnait l'envoi !
Du sucre à la crème avec sirop d'érable pur et des marzipan chocolate easter petit fours. Autant dire que ma Maman au cours de ses voyages en contrées éloignées (Irlande et Québec pour les derniers) a toujours une pensée pour moi. Point de livre à déplorer dans le paquet et ouf ! La nourriture de l'estomac trouvera bel et bien sa place sans concurrencer d'autres livres.
C'était un encart my life presents, mais voilà quand je suis toute excitée bizarrement j'ai besoin de l'exprimer !
Les photos sont de piètre qualité mais tout a été pris à la webcam et une autre excuse me dicte de faire vite car il se pourrait que tout soit vite dévoré. Ce que c'est bon de se faire gâter !
26 mars 2010
L'attrape-coeurs de J. D. Salinger
Lecture qui a été programmée dans la foulée, à l’annonce du décès de son
auteur, cela
a été une bonne excuse pour moi pour me plonger dans ce
classique qui a été best-seller en son temps. Combien de fois m'avait-on parlé de ce livre en me garantissant un volume plein de promesses? A titre d'anecdote, Wikipédia nous fait savoir que l'assassin de Lennon avait un exemplaire sur lui tout comme celui qui avait tenté d'assassiner Donald Reagan. "Drôle" de coïncidence qui montre que le livre était partout et pas que chez les jeunes !
J’ai beaucoup aimé le
début de ma lecture et ce, pour une seule raison, c’est que c’est ma
petite sœur qui m’en a fait la lecture et qu’elle semblait tout aussi
intriguée voire plus curieuse de la mise en place des lieux et
des personnages. Car d’emblée le livre peut provoquer deux phénomènes : la
surprise de tomber sur un jargon adolescent qui n’est plus du tout au
goût du jour – même pour les plus adeptes du détournement de langage –
et le sourire de voir l’effronterie d’un jeune garçon qui a l’air bien mal
parti dans la vie.
"Les Égyptiens,
c'était votre sujet en option. Ça vous intéresserait d'entendre ce que
vous avez trouvé à raconter?"
J'ai dit "Non Monsieur. Pas tellement".
Il
a lu quand même. Les profs on peut pas les arrêter quand ils ont décidé
quelque chose. Ils font comme ils ont décidé, c'est tout. [...]
Et
il fallait que je reste assis là, à écouter ces conneries. On peut dire
que c'était un sale coup. (p.21)
Car Holden – c’est
son nom – vient d’être renvoyé pour la énième fois de son lycée et loin
de se démonter il est prêt à quitter la structure scolaire et à se
lancer dans le grand monde. Adieu Pencey, vieux collège misérable aux
péquenauds de profs, bonjour New York et ses illuminations ! Autant vous
dire qu’Holden a de la marge dans son apprentissage de la dure réalité
des choses : de la nécessité d’étudier, de celle de s’adapter
pour faire sa place, tout ce que lui n’a pas encore intégré. A 16 ans,
cela parait normal de vouloir mener son bout de chemin. Entre les
parents qu’il redoute, les profs moralisateurs et sentencieux, mieux
vaut se trouver des compagnons plus empathiques.
Dans ce livre on
assiste donc à la fugue de trois jours de notre héros déambulant dans un
New York trop grand pour lui, dont les codes ne sont pas forcément
outre passables. On sent un Holden un peu perdu, qui file de bar en bar à
la recherche de… quoi d’abord ? Un ailleurs ? Un refuge ? On ne sort pas
du livre avec des réponses, on s’interroge juste sur les motivations de
cet ado en mal de liberté. Il nous fait rire avec ses phrases qui se terminent toujours par
des « et tout », à avoir peur des filles et surtout lorsque cela devient
sérieux. Car même lui le sait : il est écartelé entre l’enfance où il
était choyé et plein de rêves, et cette vie d’adulte où il ne veut
tremper qu’un pied par peur de s’y perdre. Alors il rappelle des
connaissances, tente de lier des « amitiés », fonce au bar en espérant
que le patron l’autorisera à consommer de l’alcool (ni vu ni connu, il
prend de grands airs pour tenter de berner les « vieux »). Mais le
retour aux sources est inéluctable : d’autant plus qu’il voue un grand
amour à sa petite sœur Phoebé qui est pour lui une référence en matière
de force de caractère et d’instinct de vie. On a du mal à se figurer
qu’il pourrait continuer son errance alors que sa famille est encore
tout pour lui.
Entre la crainte d’être rejeté lorsque ses parents
apprendront son renvoi et son immense envie de demeurer un modèle pour
la soeurette, là aussi Holden doit faire des choix et prendre ses responsabilités.
Soit, c’est un
livre qui m’a amusée et divertie un petit moment mais de là à comprendre
l’engouement suscité dans les années 50, j’avoue ne pas avoir bien
compris les ficelles qui auraient fait de ce livre une grande œuvre. Je
veux bien que Salinger
ait du style, du panache et de la gouaille par l’intermédiaire d’un
narrateur effronté et rebelle mais ce récit de vagabondage ne m’a pas
interpellé plus que cela. C’est tout au mieux une lecture de plage, ou au moins un charmant moment de retour à une adolescence bien éloignée –
eh oui, il fut un temps où j’ai dû connaître cette assurance toute
enfantine -. J’avais eu vent que les nouvelles de Salinger valaient le détour alors je veux m'y coller car j'aime persévérer quand je sens qu'il y a du potentiel.
Ayant acheté en plus Franny et Zooey,
je pense que dans peu je pourrais dire que j’aurais lu tout Salinger. Même si
je suis loin de qualifier cette lecture d’échec, j’avoue avoir eu une
pointe de déception en tournant la dernière page à me dire « ah, ce
n’était que ça ! ».
Peut-être aurais-je dû m’y mettre avant car il y a
certains livres dont la lecture, avec le recul et le poids des années,
perd doucement de son charme.
L'attrape-cœurs - J. D. Salinger (Robert Laffont, 2010, 252 p.)
25 mars 2010
En lisant Tourgueniev de William Trevor
Dans cette histoire un personnage vient hanter les pages comme un esprit
tourmenté. Et
pour cause puisque Marie-Louise qui est placée au
centre de l’intrigue est comme un élément rapporté qui n’a
aucune maîtrise de la situation ni de sa vie. J’aime prendre référence
sur d’autres ouvrages et celui-ci m’a particulièrement fait penser à Madame Bovary de Flaubert. Je m’explique
: notre héroïne de ce jour est une femme qui pense trouver son salut
dans le mariage et la chaleur d’un foyer bien établi (mais elle leurre,
cela va de soi). Bien avant de conclure l’arrangement nous sentons que
l’entourage à une forte emprise sur notre personnage : sa sœur Letty est
fermement opposée à cette union et son frère James semble être plus indifférent à cette relation.
Le livre prend de
l’élan avec le fameux jour qui est normalement l’un des plus beaux dans
une vie. Elmer Quarry, tenancier d’une grande boutique de tissus qui
fait de constants bénéfices devient donc son mari. Mais en s’unissant à
l’homme Marie-Louise aurait-elle pu soupçonner qu’elle devrait aussi
prendre les sœurs de celui-ci dans son ménage futur? Et ce n’est pas une
famille qui lui ouvre ses bras avec joie à laquelle Marie-Louise se
retrouve confrontée : Rose et Mathilde, ses belle-sœurs sont deux
vieilles filles recluses au magasin et rendues acariâtres par la vie.
Une autre image m’est venue en faisant connaissance de ces demoiselles :
Javotte et Anasthasie, les deux pimbêches de Cendrillon.
J’ai peut-être besoin de signaler que Marie-Louise est issue d’une
modeste famille fermière sans le sou mais dont les liens affectifs ne se
démentent pas. Cette union entre deux familles que tout oppose sera
explosive !
Passons maintenant à la structure du récit qui
m’a quelque peu perturbée au départ. Le livre est construit avec une succession
de courts chapitres qui illustrent en parallèle la vie de
Marie-Louise à l’aube de sa vie de jeune mariée, et celle d’une
Marie-Louise 50 ans après. Même si on se doute que l’action est scindée
et que les deux voix n’ont donc pas de continuité, la construction du
récit augure une mise en abime des plus efficaces. On a l’impression de
voir les faits, puis de voir leurs conséquences par un trou de la
serrure. C’est écrit avec une réelle habilité, dans un ton à la fois
neutre et mesuré mais aussi avec une gravité qui nous touche
indéniablement. Plus j’avançais dans l’intrigue plus j’arrivais à cerner
des personnes complexes, en proie aux doutes, à la suspicion ou au vice
(l’alcool). Et Marie-Louise tirait son épingle du jeu admirablement. Je
ne veux pas révéler le fin mot mais dans ce tourbillon d’épreuves qui
peu à peu la mettent en pièce, j’en arrivais à regarder son petit jeu
avec la sévérité de son entourage. Que les autres fautent, cela passe
encore, mais que Marie-Louise cherche une quelconque distraction
dans la campagne environnante, dans la lecture de Tourgueniev
entreprise avec son cousin… cela engendre une sorte d’amertume et de
mépris. Dans ses errances, dans ses prises de conscience, on découvre
une héroïne faible et qui fuit, qui préfère laisser les rumeurs se
colporter plutôt que de rétablir la vérité. Et finalement… on la
comprend !
Superbe ce livre ! Première découverte de la
littérature irlandaise contemporaine grâce à mon amie Canel qui me
l'a offert récemment à l'occasion du swap de la Saint-Patrick. J’y ai trouvé
tous les ingrédients qui me ravissent dans un récit où le personnage
prend tout le drap à lui. Les relations humaines, la difficile frontière
entre vérité et mensonge sont aussi les enjeux de ce livre. Mais avant
tout je retiendrai une petite bonne femme qui a l’étoffe d’une grande et
qui se permet de nous le prouver avec son brin d'histoire.
Quel bon moment !
Du William Trevor,
j’en redemande ! Et chose notable, on brûle d'envie d'ouvrir un roman
de Tourgueniev pour connaître les mêmes vagues à l'âme que l'héroïne
ce qui montre que ce livre ne demande qu'à être prolongé par d'autres de
la même veine.
Pour une critique tout aussi positive, je vous convie chez Eireann Yvon fin connaisseur de la littérature irlandaise, Whiterose - qui a été très touchée également -. A lire, au plus vite !
En lisant Tourgueniev - William Trevor (Ed. Phébus libretto, 2006, 236 p.)
24 mars 2010
Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell
Nous
sommes en Géorgie, dans le sud des États-Unis peu avant la guerre de
Sécession et c’est dans un roman-fleuve que débute une étrange saga.
Étrange dans le sens où ce n’est pas une histoire de lutte ou de combat
armé qui est relatée ici. On apprendra d’ailleurs que Scarlett, le
personnage emblématique qui donne vie à toute cette fiction, est
complètement indifférente à ce qui se passe au front.
C’est
donc principalement l’histoire d’un parcours de femme que l’on peut
qualifier de hors du commun qui prend toute sa lumière ici. Cette femme
c’est donc Scarlett, personne obstinément indépendante et volontaire.
D’entrée nous savons avoir affaire à une femme de poigne qui n’a qu’une
envie : se faire aimer. Craignant sa mère, elle fait tout pour
paraître une femme de la bonne société, pleine de bonnes manières. Mais
elle semble avoir hérité de nombreux traits de son père, homme irlandais
assez rustre et bourru. Scarlett est une femme qui n’a confiance en
personne si ce n’est en elle-même, elle rêve de liberté, de s’émanciper
de ses attributions d’épouse (alors que l’époque veut qu’il faille être
meilleure compagne et meilleure mère plutôt que tout autre rôle).
Scarlett
est en ce sens un être à part : elle vit pour elle égoïstement et pour
le plaisir de se savoir objet de convoitise et d’admiration. Ses deux
sœurs Suellen et Carreen, bien que plus jeunes semblent avoir davantage
de raison et d’adaptabilité aux bonnes mœurs. Elles cherchent à prendre
mari et à fonder une maison. Pour Scarlett la priorité est de se
réaliser professionnellement, notamment en gagnant son propre argent.
Mais l’histoire prend naissance avant la guerre, alors que les jeunes
gens du comté enchaînent les pique-niques et autres réjouissances
mondaines. Mais c’est véritablement la terrible guerre qui brise
l’insouciance du petit cercle amical pour qui le destin aurait été
d’évoluer entre loisirs et responsabilités familières. Les hommes
partent et s’engagent tandis que les femmes restent à l’arrière pour
s’occuper des maisons, des plantations, des esclaves…
Dans ce
portrait d’une Amérique tourmentée avec des conflits qui agitent nord et
sud on prend partie pour les pauvres propriétaires terriens,
dépossédés de leurs terres et de leurs biens. C’est la force de
caractère de Scarlett, toujours debout malgré les épreuves, ne craignant
ni Yankees ni rumeurs, qui nous la fait prendre en affection. Quels que
soient tous les reproches que nous pourrions adresser à Scarlett, son
pouvoir d’exécution est notable car unique chez une femme de son rang.
Notre héroïne est néanmoins cupide, vénale et entêtée… il est toutefois indéniable que c’est elle qui mène le roman, elle qui déploie force et
témérité pour protéger la terre de ses pères, Tara dont les fondations
menacent d’être mis à sac.
Aurais-je oublié de vous parler de
Rhett Butler ? Car lorsqu’on évoque Scarlett,
le nom de Rhett n’est
jamais loin. Homme à l’arrogance accoutumée dans le voisinage, pris en
grippe par ses camarades qui le jugent lâche (il sera l’un des derniers à
s’engager), Rhett est avant tout un personnage constant et passionné.
Devant la froideur et le mépris de Scarlett, nous nous félicitons de
trouver un Rhett cinglant et grossier, n’épargnant aucune épreuve à
notre malheureuse héroïne. Je persiste à croire que notre homme est un
être loyal, celui sur qui l’on pourrait uniquement dire que les
apparences s’avèrent trompeuses.
Que le couple ami et fardeau
(Ashley et Melanie) parait insipide face à deux grands caractères, deux
forces de la nature ! Le contraste m’a paru d’autant plus saisissant
qu’Ashley et Melanie, constamment sous la protection de Scarlett,
cultivent un air ahuri et une sorte de découragement face au destin qui
nous les rend agaçants et pleins de mollesse. On en vient à préférer la
rudesse du couple phare à l'aspect gentiment guimauve de ce couple lisse
et sans histoire.
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Pfiou,
ça fait un beau morceau pour parler de ce livre qui me collait à la
peau depuis près d’un mois sans que je puisse m’en débarrasser par
les mots. Car lorsqu’on achève la saga on est juste éreinté, las comme
si nous venions nous aussi de vivre une période de turpitude historique
et/ou sentimentale. La porte de sortie, la délivrance pour moi ça a été
de laisser ce livre arriver à maturation dans mon esprit, de le digérer.
Je pense que j’aurais été moins indulgente envers Scarlett si j’avais
tenté de juger son parcours avant aujourd’hui.
Bien plus que le
contexte historique qui m’a garanti de grandes scènes que je me figurais
à merveille : l’émergence du racisme, les luttes de pouvoir… j’ai
apprécié d’assister à ce spectacle d’un conflit loin du front mais si
près des cœurs. En prenant cette illustration de cas isolé et voué à
première vue à l'échec, on est pris à partie, encore plus surpris de
constater les répercussions de la guerre, encore mieux sensibilisé aux
ravages de la bêtise humaine.
Qu’il a été bon de voir Scarlett
trouver mille et un subterfuges pour protéger les héritages de sa
famille. Voilà un personnage de femme forte qui m’a inspiré car on
sent qu’un seul être a eu une prise sur de nombreux destins. Même si
elle ne se conforme pas aux règles, même si elle prend plaisir à
provoquer ses détracteurs, Scarlett a tellement de cordes à son arc
qu'elle ne peut être que pardonnée pour toute son audace et sa
fraicheur.
Un livre que je lâche comme une bouée à la mer, un
livre à laisser flotter en surface, voilà ce qu’est ce roman-fleuve : un
déferlement d’émotions, une succession d’éléments perturbateurs et un
dénouement à couper le souffle (qui je le comprends a fait couler
beaucoup d'encre). Que celui-ci qui ose à présent me dire qu’il ne lira
pas ce « roman pour bonnes femmes » se lève et témoigne !
Autant en emporte le vent (vol. 1), Gallimard, 2009, 476 p.
Autant en emporte le vent (vol. 2), Gallimard, 1993, 478 p.
Autant en emporte le vent (vol. 3), Gallimard, 1995, 453 p.
17 mars 2010
Swap Saint-Patrick, enfin !
Quel gros paquet ramené du bureau de poste ! Et je trépignais de l'ouvrir car je l'ai soupesé sur tout le trajet me ramenant chez moi tout en luttant avec ma raison qui me dictait d'attendre de un pour faire les photos, de deux pour décupler l'effet de surprise. J'avais plusieurs swaps en cours donc je m'interrogeais un peu sur la provenance (interrogation multipliée par le fait qu'un nom d'homme apparaissait sur l'étiquette de l'expéditeur... mais qui était-ce?).
Pour la petite anecdote, j'étais allée le chercher un samedi et j'avais dû attendre le lundi pour avoir un appareil photo me permettant d'immortaliser le déballage. Je crois que j'en ai mis plusieurs au supplice : moi en premier lieu et également ma swappeuse (car au final c'est bel et bien une femme qui a brouillé les pistes et de fort belle manière) qui, vous l'apprendrez, a été tenue au courant de toutes les péripéties pré-déballages.
Alors voilà comment l'Irlande est rentrée chez moi :
Je ne sais pas si vous le voyez bien mais sur tous le paquet il y avait des petits tampons de moutons qui d'emblée nous mettaient dans le grand bain irlandais. Sérieux indice hein?!
Et en ouvrant le colis, là j'ai été littéralement envahie par toute une palette de couleurs et par tout plein de petits paquets soigneusement rangés. Tout ce bel ordre, tout ce vert et cet orange, ça m'a rendu toute folle.

Vite fait bien fait, on sort tous les paquets et on les dispose. Et waw c'est dur de tout poser et de pas arracher les papiers cadeaux au passage. Entre le gros bonbon orange et les multiples petites choses variant entre le vert clair et le vert foncé, je me voyais déjà gambader dans les vertes prairies irlandaises. Et les tampons de moutons décoraient carte et paquets, comme un fil rouge bien agréable.
Évidemment, le joli sac blanc couvert de moutons très expressifs m'avait déjà drôlement tapé dans l'œil dès ouverture du carton tout comme le petit porte-clé de mouton rouge. Voilà une petite peluche rouge qui est tout moi. De un, car le mouton est mon animal préféré (en Irlande je suis plutôt bien tombée) et le rouge est également ma couleur de prédilection. Bref, tout juste pour ce clin-d'œil là aussi très apprécié. Quant au reste, il ne demandait qu'à être déballé :

Et là c'est l'effervescence générale ! Plus je déballe, plus je soupire d'aise, plus je me dis que ma swappeuse a visé pile dans le mille pour me contenter. Comme quoi ça sert de se renseigner sur sa swappée, de s'appuyer sur les diverses listes fournies car c'est satisfaction assurée au bout du parcours.
Alors descriptif détaillé :
- le fameux sac en toile qui fera un fameux SLAT qui me collera à la peau.
- le petit porte-clé pelucheux de mouton rouge
- un puzzle de moutons tout cute
- une boule à neige d'Irlande avec là aussi un beau petit mouton adorable à l'intérieur
- un paquet de mouchoirs vert avec des moutons
- une broche de pâtes papillons colorées version Irlande (là pour le clin-d'œil j'avais indiqué dans mon questionnaire que je ne souhaitais pas recevoir de collier de nouilles. Et ouvrir le petit coffret pour découvrir la trouvaille ça m'a fait bien, bien sourire)
- une jolie carte de ma swappeuse ainsi que quelques marque-pages
- un sachet de bonbons verts en tout genre. Là c'est chouette et le sachet n'a pas fait long feu !
- un pot de lemon curd (pâte assez liquide au citron que j'ai expérimenté avec des pancakes faits maison et c'est juste divinement bon) caché sur la photo par ma peluche rouge
Et pour les nourritures spirituelles :
- Le garçon dans la lune de Kate O'Riordan (chouette, lui je l'avais repéré !)
- En lisant Tourgueniev de William Trevor (entamé depuis et dont je livrerai une critique bien enthousiaste sous peu)
- Le prince des marées de Pat Conroy (parce que les Pat et autres Patrick, il faut les mettre à l'honneur aujourd'hui)
Que dire à ma swappeuse ? Car ma swappeuse a été ma Big Mother pendant tout le swap et je l
a remercie d'avance pour toutes ces attentions, pour tous ses mails, pour tout ça. Il faut le dire, ma swappeuse c'était l'organisatrice du swap Saint-Patrick et c'est donc la très sympathique et dévouée Canel que je tiens à remercier ici. Bravo à toi pour tout ça ! Tu as mené le périple de main de maître et j'ai été ravie d'avoir été comblée par toi. Merci aussi à ta fille pour la petite contribution moutonnesque (eh oui la petiote m'a confié son mouton rouge) et pour tous les petits tampons !
Merci, merci, merci ! J'ai adoré ! Et vive l'Irlande !
Quant à moi ma swappée était Lasardine de La ronde des post-it et pour découvrir ce que je lui ai concocté je vous incite à aller voir là ! Un bien bel échange auquel j'ai adoré me prêter !
14 mars 2010
Dharma poèmes de Park Je-chun
Quelle tâche périlleuse que de commenter un recueil de poèmes, d'autant
plus quand il s'agit de poèmes à
forte inspiration orientale et qui sont
donc bien loin de notre schéma de pensée habituel !
Il est dit en
quatrième de couverture que la poésie coréenne est fort mal connue en
France. Je le confirme car jusque-là je n'avais même jamais abordé la
poésie asiatique. Et ce recueil très coloré s'est révélé une invitation
au voyage très appréciée et plus exactement une pause zen au milieu des préoccupations
urbaines.
C'est effectivement une succession de petits textes, tous plus dépaysants les uns que les autres qui nous proposent un autre aspect de la nature, une autre vision du monde dans une sorte de quiétude méditative.
Citons par exemple le début de la première strophe du poème "En buvant le thé" (p. 40) :
Je vous accepte dans mon
intérieur.
Vos inspirations, vos prunelles, votre parfum
Me
remplissent pleinement.
La lecture de ces poèmes est
comme un apaisement. On s'évade avec le poète dans le lointain Orient,
on progresse au gré de son imagination, au fil de ses digressions et on
apprécie le voyage.
Pour ma part j'ai été davantage touchée par
le poème "En écoutant une cloche" (p. 56) qui
évoque l'installation d'une cloche dans un appartement. Sauf que la
cloche fait sa silencieuse, elle reste dans un demi-son et laisse
présager d'un passé où peut-être elle se balançait solennellement. J'ai
trouvé le parallèle entre ce présent, où la cloche est confinée dans un
petit espace, et le passé où elle tintait selon ses envies, vraiment
touchant car le vocabulaire permet de manière saisissante de se figurer
la relique. Et on croit entendre au loin le doux écho d'une cloche
échouée...
J'ai oublié de signaler que le recueil était ponctué
de calligraphies dessinées par le fils du poète, Park Jino. Peut-être l'ai-je
oublié car elles m'ont plus fait penser à des illustrations d'ouvrages
de botanique qu'à des représentations subjectives de l'art poétique
coréen. J'ai tenté de me représenter les diverses plantes sous d'autres
aspects mais j'avoue ne pas avoir été touchée par les dessins. Ce sera je crois le seul bémol que j'aurais à reprocher à ce petit recueil.
En somme, c'est un ouvrage qui propose à coût réduit une escapade vers
la Corée et ses courants de pensée. Pour qui rechigne à lire de la
poésie je pense que Dharma poèmes
peut être un bon compromis car il allie un vocabulaire simple et sans
artifices à la beauté d'un ailleurs inconnu.
Les critiques sont d'ailleurs très élogieuses et on sent que le recueil en a transporté plus d'une comme vous pourrez le constater chez Pascale ou Tinusia.
Ainsi donc, pour la ballade langagière, pour cette belle virée poétique, je tiens à remercier
et les éditions Sombres Rets.
Dharma poèmes - Park Je-chun (Ed. Sombres Rets, 2009, 75 p.)
12 mars 2010
La virevolte de Nancy Huston
Attention, écrivain-chouchou : risque de totale subjectivité !
Ce livre aurait pu être un modeste petit ouvrage échoué entre deux pavés et oublié sitôt refermé. En ce qui me
concerne il connaitra un autre destin car je le laisserais volontiers sur la table de chevet de ma mère
pour qu'elle puisse y puiser toutes les facettes du genre humain. Je
parle du genre humain mais c'est bel et bien la femme qui est sous les
projecteurs dans cette histoire de danseuse empêchée dans sa vocation.
Je
m'explique : Lin est une étoile émérite qui a à première vue tout
pour être heureuse avec une vie de famille bien remplie et un mari
Derek qu'elle croit aimer. Viennent s'ajouter au portrait de la petite
famille parfaite : deux petites filles qui, en requérant éducation et
attention, détournent peu à peu leur mère de son vrai rêve, danser.
Et
l'histoire gagne en profondeur avec le temps qui passe, avec les
enfants qui grandissent et cette étrange impression de passer à côté de
sa vie. Mais noyer le poisson ne le fait pas disparaitre et quoi qu'on
fasse il remontera toujours à la surface. C'est le cas avec cette
passion débordante qui la rappelle à elle fréquemment. Et les moments se
font de plus en plus pressants, de plus en plus difficiles à canaliser.
L'esprit vagabonde et même si Lin reste à la maison, ses pensées et ses
gestes sont tous tournés vers la danse. A quoi bon résister?
[Risque de spolier]
Le
livre se compose de deux parties avec la première qui retrace la vie de
famille rangée avec un quotidien qu'on se plait à retracer chaque jour
: repas, toilette, discussions entre amis/famille, boulot.
Dans la
seconde partie Lin prend son envol. On ne sait pas trop comment ni à
quel moment l'abandon de domicile a eu lieu mais la danseuse a regagné
ses ballerines. Et c'est dans cette partie que les doutes entrent en
jeu : que Derek s'organise avec deux fillettes un peu perdues et
traumatisées. Lin quant à elle ne vit plus que pour sa passion, égoïstement et avec bien peu de scrupules sur les dégâts collatéraux engendrés par son choix : elle
enchaine les représentations, flirte avec le chef d'orchestre et envoie
valser toute sa vie établie. Au revoir maison, enfants ; bonjour
hôtels, paillettes et troupe de danse !
Le style de Nancy Huston,
il n'y a pas à dire on adhère ou on abhorre. Pour ma part je suis
charmée par ses trouvailles linguistiques, par sa manière de placer et
déplacer le temps, de le faire filer selon que la frustration soit là
ou que les liens familiaux se dénouent. C'est l'impression curieuse
qu'on a avec un tel livre : qu'on a la possibilité de briser toutes les
barrières temporelles, de pouvoir accélérer le vide existentiel pour
revenir sur les moments-clé qui marquent une vie.
Et dans le sillage
de Lin c'est Derek, ce sont les deux fillettes et les proches qui sont
en pleine tempête, témoins d'une destinée qu'ils ne peuvent contrôler.
Pour résumer : je crois que ce livre est vraiment admirable et qu'il
donne une envie folle de poursuivre dans les pas d'une écrivain dont les
ficelles nous ensorcellent.
Le genre de petites phrases piquantes qui me fait sourire : Évidemment que je fais attention, sœurette. Les capotes sont le premier pas sur le chemin des décapotables. (p.160)
Je tiens à remercier ma belle aBeiLLe qui m'avait offert ce livre lors du swap des plages. Voilà un livre que je ne regrette pas d'avoir lu. Oh, loin de là !


La virevolte - Nancy Huston (J'ai lu, 2006, 189 p.)




