22 mai 2010

Récits du bush de Paul Wenz

CA00829En route pour le bush australien, dépaysant et splendide de naturel !

Quel court recueil que celui-ci ! Vite lu, vite digéré, il est néanmoins fort instructif car il s'appuie à identifier l'Australie dans ce qu'on appelle le bush c'est-à-dire la campagne, loin des grandes villes urbaines. C'est au travers de trois nouvelles, que je qualifierais plutôt d'encarts, qu'on intègre certaines notions du bush de l'époque (début du XXème siècle). Ce sont des instantanés qui sont livrés ici dans toute la soudaineté et le naturel de personnalités et de paysages pris sur le vif.

La première nouvelle montre comment les indigènes s'intègrent aux foyers de riches propriétaires terriens. Ils sont chargés des tâches ménagères mais sont priés de rester à bonne distance des enfants. Dans la famille que nous suivons c'est une jeune indigène Picky qui est adoptée par une famille de blancs. Malgré l'éducation stricte qu'elle reçoit d'une fervente catholique, Picky semble malgré tout fascinée par les gens de couleurs et par la vieille Mary avec qui elle a fui lorsque les "troopers" (police à cheval) les ont chassé en tuant l'essentiel de leur tribu d'appartenance. Et si les racines reprenaient le dessus?!

Deuxième nouvelle et toute autre ambiance. Nous sommes avec les Murphy, famille pauvre où tous travaillent même le fils Pat. Celui-ci tombe malade ce qui influe sur le moral de tous. On apprend que dans les régions rurales du bush, la médecine peine à parvenir aux malades même les plus fiévreux. C'est tout un décalage et on se rend compte qu'il y a encore fort à faire dans les campagnes (et pas seulement dans les australiennes).

Troisième nouvelle et là aussi on découvre un autre angle de vue. C'est à Forbes qu'un mystère plane puisque des moutons disparaissent régulièrement du domaine des Campbell. Personne n'est particulièrement soupçonné mais on ouvre l'œil. Parallèlement, une jeune cavalière, Nora, sème le trouble chez notre narrateur, Mac Tavish. Deux éléments perturbateurs qui pourraient malgré tout avoir un lien. C'est une sorte de mise en scène où les cowboys ont leur place et où le bétail est surveillé de près.

Il était depuis assez longtemps dans le bush pour avoir appris à lire sur le sol comme dans un livre, et vit de suite les empreintes fraîches de quelques moutons conduits par un chien et pressés dans l'angle de la barrière. (p. 51)

L'avantage des nouvelles est qu'on est immédiatement dans le bain, dans le feu de l'action de cette atmosphère très spéciale et qui m'était inconnue : le bush. Cela peut être un inconvénient car les histoires sont très peu développées, les personnages ne semblent pas avoir de psychologie qui nous les rendent particulièrement attachants (ils en ont sans doute mais sont plus dans les faits et gestes que dans le développement introspectif).
Pour une entrée en matière j'ai trouvé que ces nouvelles étaient malgré tout très efficaces : le style de Wenz est concis, ciselé... à la manière de ces grands écrivains sortis d'un entre temps.
Le vocabulaire empli de ce jargon australien nous met d'autant plus dans l'ambiance qu'on se laisse prendre au jeu, qu'on tourne les pages avec entrain, assimilant tout un contexte et une époque.
Une jolie découverte !

Récits du bush, trois nouvelles australiennes - Paul Wenz (La petite maison, 1998, 55 p.)

Posté par Mélopée à 14:00 - Littérature australienne - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Dans un tout autre style, mais bien aussi : Kenneth Cook et Bill Bryson et ses voisins du dessous...pour aussi du bush australien!

    Posté par keisha, 22 mai 2010 à 17:45
  • Pourquoi pas, s'il croise ma route.

    Posté par Aifelle, 22 mai 2010 à 18:04
  • @ Keisha : Oh oui je les avais repérés les Kenneth Cook et Bill Bryson. J'ai toute une liste et je suis en train de les égrener les uns après les autres. Mais c'est vrai que j'ai bien envie d'en savoir plus sur le bush australien.

    @ Aifelle : Je te le souhaite, quoiqu'il y a sans doute de meilleurs livres un tout petit peu plus développés que celui-ci.

    Posté par Mélopée, 23 mai 2010 à 20:45
  • J'aime bien ce genre de bouquin, et le bush, drôlement dépaysant. Dans le genre j'ai repéré aussi "Indian Creek" chez Isabelle... Il m'a l'air bien sympa aussi

    Posté par L'or des chambre, 25 mai 2010 à 00:28
  • Je note : car je pense que je n'aurais jamais les moyens d'aller au Australie, alors c'est toujours avec plaisir que j'y voyage par les livres !

    Posté par Géraldine, 26 mai 2010 à 22:27
  • @ L'or des chambres : Oh j'en ai repéré pas mal des livres qui donnent envie de découvrir des paysages totalement inconnus. Mais c'est vrai que'"Indian Creek" me tente aussi beaucoup !

    @ Géraldine : On trouve de fort bonnes choses sur ces contrées éloignées. Pour l'instant je me contente d'écrits mais je suis sûre qu'un jour j'aurai une envie furieuse de voir par moi-même. En attendant, oui c'est un bon livre !

    Posté par Mélopée, 27 mai 2010 à 13:26
  • Ta photo est magnifique et donne envie de s'envoler vers l'Autralie.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 28 mai 2010 à 19:22
  • @ Alex-Mot-à-Mots : Olala et moi donc ! C'est vrai que j'aime beaucoup cette photo aussi. Pour un peu on y filerait sans réfléchir

    Posté par Mélopée, 03 juin 2010 à 19:41

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