12 juin 2010

Snack-Bar Budapest de Marco Lodoli et Silvia Bre

Ah ça, si j'avais pu m'attendre à un tel roman !
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C'est bien la première fois que j'ouvre un livre en ayant une idée totalement erronée de ce qu'il contenait. La couverture assez soignée, à dominante blanc, m'avait orientée vers un livre pour jeunes adultes (rappelez-vous de la collection Médium de chez L'école des loisirs qui a bercé mes tendres années) avides de fraiches aventures. Il faut dire qu'en général je déteste lire les quatrième de couverture. Comme les films, dont je lis rarement le synopsis, je m'oriente vers les livres avec une sorte d'instinct.


Mais là l'ambiance est assez sombre dans cette histoire qui se passe en majeure partie dans le monde de la nuit. Notre narrateur dépose celle qu'on suppose être sa copine à l'hôpital pour se faire avorter. Lui reste dans la petite ville balnéaire à errer en plein hiver. De cette zone de flou absolu on commence à entrevoir les tenants de l'affaire : pourquoi ils en ont été réduits à l'avortement, en premier lieu.
L'homme dont on ne connait pas le nom arpente les rues désertes qu'on image parfaitement dans le froid insufflé par la solitude et le temps peu clément. On apprend que c'est un ancien avocat reconverti dans la récupération de l'argent des machines à sous. Bizarre, bizarre que cette reconversion !
Dans ce contexte assez trouble, il s'en va donc trouver Molécule, jeune patron de la pègre locale et tenancier d'un établissement aussi louche que fastueux. Une relation s'instaure entre ces deux-là : entre notre narrateur (constamment appelé "Maître" par ceux qui le côtoient) et la bande à Molécule. L'un est désenchanté, l'autre rêve de paillettes, de luxe et d'un Las Vegas à ciel ouvert. On comprend donc qu'ils s'associent pour le meilleur et surtout pour le pire. Car Molécule est craint dans la ville, qu'il règne sur un réseau de voyous et de prostituées, ses plans n'ont donc pas à être contrariés.

Nous sommes tous restés à attendre que Molécule dise quelque chose. Du jardin, on a entendu monter des applaudissements pour la conclusion d'un autre strip-tease, probablement encore plus essentiel que le précédent. Le vent attaquait maintenant avec force et déplaçait le noir du ciel, là en haut, libérant des éclaboussures d'étoiles et par moments le scintillement d'une lune réduite à sa plus simple expression, façon drapeau turc. (p. 125)

Mais pourquoi le titre du livre ? Le snack-bar Budapest est l'endroit miteux où séjourne notre héros. Lieu de perdition tenu par une famille assez discrète ; c'est autour de ce repaire plutôt tranquille que tout va se jouer.
Et en filigrane, on pense à Milena, la jeune fille laissée à l'hôpital se faire "dégonfler la chambre à air" et on se dit qu'elle est bien loin de se douter tout ce qui se trame.

Autant l'avouer, ce n'est vraiment pas dans mes habitudes de lire des polars, thrillers ou autres romans d'intrigue. C'est donc avec une pointe d'appréhension et légèrement penaude que je me suis lancée dans la lecture de cet ouvrage. Ma crainte principale était de tomber sur un enquêteur en bonne et dûe forme, sur un meurtre à résoudre ou sur des descriptions à la limite du soutenable. Mais on est (heureusement) bien loin de tout ça et c'est un roman très gentillet auquel on a affaire.
Les auteurs s'attachent plus à nous décrire un lieu, un élément déclencheur d'une certaine tension et tout l'emballement qui s'ensuit, plutôt qu'une enquête policière comme dans les bons vieux polars qui se respectent. Mais laissez-moi vous dire que tous ces ingrédients, bien loin de me décevoir, ont contribué à me faire avancer dans l'ouvrage avec une curiosité grandissante. Car la nouveauté exalte, car tout ce que je découvrais dans ce roman ce n'était pas une nuit opaque porteuse de tous les dangers, mais l'ombre de choses incontrôlables dont on démêle les fils dans les dernières pages.

Un roman surprenant ! Là on peut le dire, c'est une découverte !

Merci à Babelio pour la découverte dans le cadre de l'opération Masse critique !

 

 

 

Snack-Bar Budapest par Marco Lodoli

Snack-Bar Budapest

Snack-Bar Budapest

Marco Lodoli

 

Critiques et infos sur Babelio.com

 

Snack-Bar Budapest - Marco Lodoli et Silvia Bre ; traduction de Lise Chapuis (Les allusifs, 2010, 216 p., Collection 3/4 polar)

Posté par Mélopée à 23:05 - Littérature italienne - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

  • je passe....

    Posté par clara, 13 juin 2010 à 08:21
  • Un avis mitigé on dirait.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 13 juin 2010 à 09:43
  • tu as eu plus de chance que moi avec cette édition de MC. J'ai pour ma part choisi un livre basé sur son synopsis, et je suis déçue. Tellement queje n'ai même pas passé les 200 pages!

    Posté par Choupynette, 13 juin 2010 à 10:12
  • Dans cette collection, j'ai lu Mezquite Road, une sorte de roman policier qui se passe au Mexique, mais je n'ai pas su tout accroché. Du coup, je ne suis pas tellement tenté pour en tester un autre...

    Posté par midola, 14 juin 2010 à 10:43
  • @ Clara : Et je le comprends !

    @ Alex : Il est passé après de bonnes lectures et avant d'encore meilleures

    @ Choupynette : Quant à moi je ne pense pas renouveler l'expérience avec cet éditeur. Le style est bien, mais pour moi c'est sans plus !

    @ Midola : Ça confirme l'avis de Choupynette. Je crois que j'ai tenté et que je peux zapper les autres publications.

    Posté par Mélopée, 24 juin 2010 à 00:04

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