18 juin 2010

La Tenda rouge de Bologne de John Berger

Derrière ce livre énigmatique se cache une formidable leçon de vie qui se distille soustenda les auspices d'une banale promenade dans les rues de Bologne. Le narrateur parcourt la ville qu'a tant chéri son oncle avant lui, peut-être pour retourner dans les traces de l'être disparu ou peut-être pour tenter d'adopter le même regard sur ce qui est au quotidien. Et c'est une superbe Bologne qui s'anime devant nos yeux ébahis. Car on sent que le neveu prend à cœur l'exploration de la ville qui a pris tant de place dans sa famille. Son oncle était un interlocuteur privilégiait qui savait partager sa passion, communiquer son enthousiasme sur des petites choses et leurs rapports fraternels ne sont pas sans rappeler tout l'exemple que représente un parent chez un enfant. Les dessins agrémentent le texte à merveille et lui donnent même un autre éclairage derrière leur touchante simplicité. Quant au texte justement il est d'une belle poésie, tout en finesse et délicatesse car derrière l'éloge de Bologne se dresse un très bel hommage à l'oncle.

Et car je crois que ce qui est dit en quatrième de couverture est particulièrement juste, voici ce livre dont on sort comme d'un très beau songe d'été :

Du rouge aux fenêtres de la Piazza Maggiore, et partout, au détour des rues, le souvenir d’un oncle dont la grande passion fut d’écrire des lettres, en recevoir, et lire, et voyager. En une centaine de séquences ciselées, fragmentaires, délicatement rehaussées par les dessins de Paul Davis, ce délicieux récit-promenade déroule le fil d’une subtile méditation sur la mémoire et le temps. Une flânerie lyrique à travers les mondes d’une cité sans âge comme cet oncle Edgar tant aimé que Bologne la rouge fascinait, et que John Berger fait revivre en un « cri murmuré ».

J'ai moi-même relevé un très beau passage :

Chaque fois que je me tenais près de lui - au sens figuratif ou physique -, je me sentais rassuré. Le temps le dira, disait-il, et il disait cela d'une façon telle que je croyais que le temps dirait ce que tous deux nous serions finalement heureux d'entendre. (p. 18)

La tenda rouge qui figure dans le titre est un tissu épais qui, en tant qu'image, désignerait le voile qu'il faut lever pour apercevoir toutes les beautés dont regorgent la ville. Enfin, ceci n'est que mon interprétation ! 
Encore une jolie découverte signée Télématin ! Merci aux médias qui me donnent de si bonnes idées pour diversifier le champ des possibles !

La Tenda rouge de Bologne - John Berger ; dessins de Paul Davis ; traduction de Pascal Arnaud (Quidam Editeur, 2009, 105 p., coll. Made in Europe)

Posté par Mélopée à 23:52 - Littérature italienne - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • J'aime beaucoup ton billet, je note le titre.

    Posté par Vanou, 19 juin 2010 à 00:15
  • Un très beau billet qui donne envie !

    Posté par clara, 19 juin 2010 à 14:02
  • Un petit mot hors-sujet pour te dire que j'ai bien reçu "Juliet Naked", merci encore

    Posté par Emilie, 23 juin 2010 à 20:46
  • @ Vanou : Merci beaucoup ! Tu verras c'est une vraie lecture plaisir de vacances...

    @ Clara : Tes commentaires sont toujours très flatteurs. Merci en tout cas !

    @ Émilie : Eh bien, je t'en souhaite une excellente lecture !

    Posté par Mélopée, 23 juin 2010 à 22:31

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