24 juillet 2010
White night wedding de Baltasar Kormakur
Amis blogueurs, je voulais introduire sur ce blog une nouvelle catégorie. Je vous l'ai peut-être caché, je me suis peut-être gardée de tout vous dévoiler mais je suis une fervente adepte du cinéma. Plus exactement, j'aime le cinéma d'art et d'essai et prends un plaisir fou à aller découvrir ces films dont personne ne parle. Voilà donc pourquoi j'avais envie de vous parler de ces films qui m'émeuvent, me font plaisir ou me laissent avec l'étrange sensation d'être toute petite devant de grandes choses.
C'est donc une grande passion qui m'occupe beaucoup, presque autant que la lecture à vrai dire. Récemment j'ai vu l'excellent Dans ses yeux (oscar du meilleur film étranger 2010) qui m'a tenu en haleine jusqu'à la dernière minute (mais dont j'ai déjà vu de très bonnes critiques). J'ai vu aussi Repo Men, avec le, ô combien, charmant Jude Law (je vous rappelle que je faisais partie de la Jude Law team lors du Books & the City de cette année), film fantastique qui se projette dans un futur où les hommes auraient des mécanismes en guise de greffons. Les tarifs exorbitants ne permettraient pas de payer la totalité de la greffe et les Repo Men seraient des agents payés pour aller retirer les "organes" greffés sur les personnes n'ayant pas réglé la facture. Un très bon film qui fait réfléchir sur la valeur du corps humain, de la vie...
Mais aujourd'hui, je vais vous parler d'un film islandais.
White night wedding de Baltasar Kormakur
(sortie le 21/07/2010)

C'est tout chaud (enfin tout froid, au choix), j'ai été à la
séance de 16h et je suis restée tout à fait bouche bée du début à la
fin. Je peux l'affirmer sans me tromper, je suis certaine de ne pas
avoir vu de films islandais de ma vie. Pour une première immersion dans
les images, venues de là-bas, j'ai été servie.
Autant vous dire que
ce qui m'a charmé d'emblée et pendant tout le film ce sont les paysages
enchanteurs sortis d'un autre temps. La nature y est omniprésente, les
jeux de lumière et les couleurs y sont splendides, bref on ne peut
qu'être happé par le cadre.
En ce qui concerne le cadre, nous sommes
sur la petite île de Flatey. Déjà que l'Islande me semblait petite, là
Reykjavik semble immense à côté du petit îlot qui sera le centre de
l'action pendant tout le film.
Jon
est un professeur de philosophie quadragénaire qui mène une existence
paisible avec sa femme Anna. A peu de choses près car Anna semble avoir
quelques problèmes psychologiques qui la font dessiner des algues par
série de dix, faire du vélo à moitié nue...
Et à côté vient la jeune
et ravissante Thora qui tente de le séduire. Habilement l'étau se
resserre et Anna devient de plus en plus paranoïaque, ou de plus en plus
lucide (c'est un peu dur de différencier les deux).
On suit les
événements précédents le mariage (de Jon et Thora) avec l'arrivée des
invités, la préparation du grand jour. Entre la mère de Thora, qui est
bien décidée à ce que son gendre règle une dette qu'il a contracté
depuis un moment, et le témoin un peu lourdaud toujours prêt à picoler,
on est proche du vaudeville. D'autant qu'un certain trouble semble
persister autour du sujet Anna. Que s'est-il passé pour qu'en un an Jon
déjà marié à Anna, en soit déjà à l'aube d'épouser une de ses élèves?
Même
si l'intrigue en elle-même n'a pas de réel attrait car les brusques
revirements de position de la mariée ou du mariée sont dignes d'une
comédie américaine gentillette, le reste est nettement plus convaincant.
Là, le ton est plus lourd comme teinté d'une certaine mélancolie
ambiante. C'est comme si le mariage était un événement comme les autres,
pas plus tristes mais aussi pas plus heureux. C'est encore plus
accentué par les scènes potaches, l'humour tout à fait décalé ou les
personnages qui paraissent jouer un film dans le film (difficile à
décrire). Je crois pouvoir dire que l'ancrage est tout à fait islandais.
Dans un livre islandais que j'avais lu (Pendant qu'il te regarde, tu es la vierge Marie de Gudrun Eva Minervudottir),
j'avais déjà trouvé des situations loufoques, un humour tout à fait
inhabituel. C'est exactement le même sentiment que j'ai ressenti en
voyant le film. On est un peu interloqué, presque charmé mais souvent
décontenancé. Une scène m'a particulièrement émue : on assiste à une
soirée dans une chaumière où des gens jouent de la musique. Ben je vous
le donne en mille mais une fillette joue de l'archet sur quelque chose
qui semble être une scie. Après conversation entre les protagonistes on a
confirmation que c'est bien une scie. Comme si c'était normal qu'une
fillette joue "du violon" sur une scie.
Un film épatant ! Allez-y au moins pour les images époustouflantes d'une nature qui a encore tous les pouvoirs. Quant à moi j'ai maintenant une furieuse envie de prendre un billet d'avion pour aller y voir de plus près.
Pour finir quelques photos de l'île de Flatey où se déroule le film. Ça a l'air somptueux ! (et dans le film c'est encore mieux rendu)


Source des photos :
Première photo - L'Internaute
Deuxième photo - Wikipédia
Commentaires
Ça dépend si tu passes dans une grande ville ou pas. Moi à Paris j'ai quand même dû faire du transport pour pouvoir y aller. Mais je te le souhaite !
Youhou du cinéma
Je suis ravie de pouvoir lire tes futures critiques de films, c'est bien aussi de diversifier. Et puis ça reste tout de même très culturel
Je n'ai pas vu celui là mais au vu des photos, le décor a l'air spectaculaire, donc je me laisserais bien tenter ![]()
@ Isleene : Oui de toute façon je ciblerai toujours des films "moins accessibles". Parce que parler de Shrek ou Toy story 3 je crois que beaucoup de gens le relaient sur leur blog. Bref en avant toute pour les salles toute pour les salles obscures !
Une nouvelle catégorie très sympa, je ne suis pas une cinéphile avertie mais le film que tu présentes à l'air intéressant et je ne le connaissais pas.
@ Émilie : Je me disais aussi que plutôt que de laisser le blog statique il valait mieux varier les champs de la culture. Et je compte tout de même laisser une place de choix aux livres. En tout cas je suis bien contente d'avoir attiré ton attention sur ce film-là.
Bonsoir Mélopée, je compte bien y aller. J'ai déjà vu une comédie islandaise (dont je ne me rappelle plus le titre) qui permettait de voir les paysages islandais (en effet magnifiques!)
@ **Fleur** : Je tenterai donc de vous faire partager assez régulièrement mes dernières sorties ciné alors.
@ Dasola : Ah je suis preneuse si tu retrouves le titre. L'Islande m'avait toujours fait rêver mais ce film n'a fait que raviver mon envie d'aller un jour là-bas.
J'avais vu l'année dernière Mariage à l'islandaise mais j'avais été un peu déçue par ce qu'il montrait des paysages de l'Islande, le film se passant pratiquement tout le long dans un bus.
Je vais essayer d'aller voir celui-ci ![]()
Je l'ai vu cet après-midi et j'ai beaucoup aimé ! le côté loufoque, les paysages, certaines scènes (les hommes quand ils chantent) bref, plein de moments sympas ou graves. J'ai souvent ri franchement.
@ Slo : Moi en tout cas j'ai drôlement envie d'en savoir plus sur "Mariage à l'islandaise". Car tout ce qui entoure l'Islande m'intrigue énormément. Je prends note et te conseille encore mille fois celui-ci (au moins pour les paysages qui, je suis sûre, te raviront)
@ Aifelle : J'ai lu ta critique avec attention. Je suis vraiment très contente que t'aies aimé ce film. Moi aussi j'avais ri franchement et ça m'avait fait un bien fou !
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