30 août 2010

Une enfance australienne de Sonya Hartnett

Qu'on se le dise, ce roman je le voyais passer sur tellement de billets de blogs, une_enfance_australiennequ'il ne pouvait passer entre les mailles du filet. Sans que j'aie rien eu à faire ma mère a souhaité se le procurer et j'ai donc profité de l'occasion pour y jeter un œil (même les deux et de manière assez ininterrompue).

 

Un jour trois enfants Zoe, Christopher et Veronica Metford disparaissent. Ils étaient partis chercher une glace mais ne sont jamais revenus chez eux. Parallèlement nous suivons l'histoire d'Adrian, 9 ans, petit garçon aux multiples peurs qui suit les infos avec beaucoup d'attention. Il a peur des sables mouvants, des monstres marins et de la combustion spontanée. Il apprend par ce fait-divers que des enfants tout ce qu'il y a de plus normaux peuvent disparaître sans laisser de trace et de ça aussi il a peur. Plus généralement Adrian a peur de l'abandon. Il vit avec sa grand-mère Beattie et son oncle Rory. A l'école il n'a qu'un seul ami à qui il tient beaucoup, Clinton, parce qu'il sait qu'à 9 ans on a tôt fait d'être écarté d'un groupe (même petit).
Des voisins emménagent en face de chez Adrian. Trois enfants, deux filles et un garçon viennent du jour au lendemain s'établir à deux pas de chez lui. Ils sont surveillés par un homme avec vigilence et une ombre semble planer sur la mère. Enfin cette famille, qui est une sorte d'échappatoire, semble sortie d'un autre monde. Adrian se questionne et surtout, curieux, tente d'en savoir plus... sans succès.

Voilà pour l'ambiance du roman ! On a le cœur serré de constater que le petit Adrian a tant de peurs, qu'il a peur d'être rejeté au bout du compte. Car c'est vrai que le petit garçon n'a pas eu une enfance facile et s'intégrer à une école, un environnement c'est tout un parcours semé d'embuches pour lui.
Outre le regard que l'on porte sur Adrian on ne peut s'empêcher de se demander ce que sont devenus les enfants Metford. Car comment toute une fratrie peut-elle se volatiliser sans que personne n'en ait été témoin (certains témoins pensent avoir vu quelque chose mais les informations restent très incertaines).
Ma mère m'avait averti que c'était un livre assez terrible. Volontairement je ne détaille pas le terme. Une chose est sûre : pendant un certain nombre de pages je me suis demandée comment tout cela allait aboutir. Mes nerfs ont été mis à rude épreuve car une pointe de suspense, surtout quand il s'agit d'enfants, et je pars au quart de tour accrochée à mon oreiller.
Bilan de l'affaire : j'ai refermé le livre à 1h hier mais j'ai eu le fin mot de l'histoire. Je vous souhaite d'être happé comme je l'ai été par le style implacable de Hartnett qui laisse très peu de place aux tergiversations (et c'est tant mieux).

Un passage qui m'a fait sourire :

Adrian regarde le ciel. Se mord la lèvre. Sent le goût artificiel des Chickadees. Les autres enfants se jaugent. La solidarité, ça compte. Seul, on n'existe pas. Ensemble, on est fort. Alors, Adrian aussi crie :
- Saute !
Il ne faut pas qu'on le voie se taire. Il espère que la Jument n'en fera rien. Il a conscience qu'il n'y aurait rien de pis que de voir cette fille dégingandée dégringoler du toit ; et néanmoins, il est obligé de l'encourager à se tuer, bien que les mots lui raclent la poitrine.
- Saute ! s'époumone-t-il. Saute ! (p. 110)

Je ne peux que vous renvoyer aux excellentes critiques de Calypso, MyaRosa, Aifelle, Lily. J'en oublie mais beaucoup l'ont lu et presque toutes ont été chamboulées.

Une enfance australienne ; traduction de Bertrand Ferrier (Le serpent à plumes, 2010, 198 p.)

Posté par Mélopée à 23:23 - Littérature australienne - Commentaires [9] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Chamboulée c'est le mot ! on est dans la peau du petit Adrian et plus on avance, plus on sent qu'un drame va arriver. Je garde un souvenir ému de ce roman.

    Posté par Aifelle, 31 août 2010 à 08:25
  • Un livre que je veux lire depuis longtemps... Petite annonce : si quelqu'un veut bien me le prêter, ce livre sera chouchouté !

    Posté par clara, 31 août 2010 à 08:27
  • Il est terrible, c'est sûr, et comme tu le soulignes, particulièrement bien écrit.

    Posté par calypso, 31 août 2010 à 16:46
  • ca me fait peur ce que tu dis. J'ai du mal avec la souffrance des enfants.

    Posté par Valérie, 01 septembre 2010 à 23:10
  • Voilà un roman que j'hésite à lire.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 03 septembre 2010 à 21:05
  • Ton billet me donne envie de lire ce livre, il m'intriguait déjà par sa couverture.

    Posté par Emilie, 04 septembre 2010 à 15:00
  • @ Aifelle : Oui c'est vrai qu'on sent une ambiance bien pesante avec cette tension qui s'insinue au fil du temps. Vraiment une histoire qu'on retient !

    @ Clara : Ah moi je l'ai emprunté donc pas de possibilité de le faire voyager mais c'est sûr que ce serait bien que tu le découvres toi aussi.

    @ Calypso : Oui particulièrement bien écrit et bien traduit ! C'est bien de le souligner !

    @ Valérie : Ce n'est pas vraiment la souffrance des enfants qui est en jeu. Disons que beaucoup de choses se trament et que c'est l'enfant qui est témoin, spectateur d'un monde qu'il a du mal à contrôler.

    @ Alex : Si je puis me permettre, y a pas à hésiter, il faut le lire ! Je suis prête à parier que tu y trouverais ton compte toi aussi.

    @ Émilie : Bien contente alors parce que c'est le but ! Moi aussi la couverture m'avait pas mal interpelé. Mais le contenu est encore meilleur !

    Posté par Mélopée, 07 septembre 2010 à 23:20
  • Intriguant. S'il sort en poche, je l'achète !

    Posté par Manu, 08 septembre 2010 à 19:07
  • Il semble avoir touché beaucoup de lecteurs, ce livre... noté, il est. J'aime ces romans où l'atmosphère est palpable.

    Posté par Karine:), 19 septembre 2010 à 16:22

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