21 septembre 2010

Rosa candida de Audur Ava Ólafsdóttir

Premier roman que j'égrène de la rentrée littéraire et non des moindres puisque je me suis attaquée à l'intriguant roman islandais qui fait beaucoup parler de lui (il remporte tous les suffrages sur les blogs et a également été chroniqué dans Télématin).

Couv__Rosa_Candida

 

Arnljótur vient de quitter la maison pour rejoindre un monastère très réputé pour sa roseraie. Lui-même étant féru de jardinage, c'est donc un moyen de prendre le large, de couper les liens serrés qu'il entretient avec son père octogénaire et son frère jumeau, autiste. Sa mère, qui lui a transmis la "main verte" est décédée il y a peu dans un accident de voiture. Autant dire que le noyau familial part un peu à la dérive avec la perte du seul élément féminin qui parvenait à garder la cohésion.
J'ai omis de vous dire que le brave Arnljótur, âgé de 22 ans, a depuis quelques mois une fillette qu'il a conçu avec une vague connaissance, en plein cœur de la serre où il jardinait alors. Quel cadre atypique pour procréer ! Bref, de la rencontre furtive entre Anna (la mère de l'enfant) et Arnljótur est né un petit être.
Lorsque le jeune homme entreprend donc de gagner la roseraie, dans laquelle il est attendu, c'est donc plein de pensées de ce qu'il a laissé là-bas, qu'il embarque avec lui. Il y a cette enfant, dont il est maintenant le père, mais dont il ne connaît ni la mère, ni le rôle qu'il doit tenir auprès d'elle mais aussi tous les espoirs qu'on place sur lui pour faire naître un renouveau dans le jardin laissé à l'abandon.

C'est un bien curieux livre que celui-ci mais qu'il a été enivrant et plaisant de le lire ! On plonge dans une atmosphère assez loufoque avec ce jeune homme qui commence sa vie par une sorte de voyage initiatique et qui s'interroge sur beaucoup de choses : la vie, la mort, l'amour...
On est saisi par le ton du roman, tantôt drôle, tantôt léger, tantôt explorant les tréfonds de l'existentialisme. Et cette toile de fond de roses à remettre en l'état, de ces parterres de fleurs à sublimer sont un objectif louable auquel on prend part comme des visiteurs déjà le nez à humer toutes les odeurs exquises. On sent qu'à travers la réalisation de ce projet, Arnljótur, rend hommage à la passion transmise par sa mère. On ne peut que s'enthousiasmer devant les descriptions de ces roses, devant toute l'innocence et la candeur de ce garçon. Enfin on est ému qu'il transporte avec lui une rose venue de son pays et qu'il cultive seul : la rose à huit pétales, sorte de rosa candida.
C'est tout un symbole que de planter en terrain inconnu une nouvelle variété qui a tant de valeur à ses yeux.

J'ai aimé non seulement le style de l'auteur qui est vraiment très bon, mais aussi l'histoire pleine de rebondissements et de surprises qui vous donnent du baume au cœur. Oui ce livre-là est quelque part un livre-doudou qui donne le moral, insuffle un vent frais (tout droit venu du nord) et vous fait voir les fleurs sous un jour nouveau. Et s'il n'y avait que les fleurs...

Une excellente découverte à mettre entre toutes les mains !

Je ne peux que vous renvoyer aux critiques très enthousiastes de Chiffonnette, Belle Sahi, Cathulu et Cuné. Pas une fausse note dans ces premiers échos alors je ne peux que vous dire "ce livre est pour vous" !

Rosa candida - Audur Ava Ólafsdóttir ; traduction de Catherine Eyjolfsson (Zulma, 2010, 333 p.)

Posté par Mélopée à 22:44 - Littérature scandinave - Permalien [#]
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