01 novembre 2010

Mon père : contes des jours ordinaires d'Aline Giono

Excusez-moi d'être si peu présente ces derniers temps. Je laisse en friche ce blog alors que je continue à lire. Il va vraiment falloir que je vous mette mes dernières critiques. Certaines sont prêtes et ne demandent plus qu'à être en forme. Voilà ma deuxième lecture du lecturothon (challenge comme le RAT mais qui s'est organisé sur mon forum de lectures) et c'est un livre qui trainait dans ma bibliothèque depuis très, très longtemps. Rien de tel que d'égrener des livres de sa PAL, ça fait du bien au moral d'autant qu'avec celui-là c'est une très bonne pioche.

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Aline Giono n'est autre que la fille du célèbre écrivain Jean Giono. La fillette raconte son enfance passée à Manosque dans une maison où il fait bon vivre entre une mère bienveillante et pleine de patience, une jeune sœur exubérante et un papa qui fait le plus beau des métiers : "il s'amuse à écrire des histoires pour grandes personnes". Le roman est un condensé d'anecdotes et non pas une biographie sur ce qu'a été Giono père. Je crois que c'est ce qui fait le charme de ce livre. En suivant l'histoire par les yeux de la fillette, on a un aperçu d'une vie de famille dans la campagne d'autrefois. Car la maison est un peu branlante, les gens vont et viennent et il n'y a pas de politesse, tout le monde est le bienvenu. Il y a l'arrière-grand-mère centenaire née sous Louis-Philippe mais aussi l'oncle Kakoun, artiste à ses heures qui abime les livres rien qu'en les regardant. Et il y a la petite dernière (sa sœur cadette), surnommée Gracieuse qui est peu soigneuse mais qui a toutes les manières d'une petite bourgeoise.


Que puis-je dire sinon que j'ai adoré ce livre et que j'aurais préféré qu'il dure encore des pages et des pages. Car on s'attache rapidement à cette famille, à ce grand Jean Giono qui semble être un patriarche distrait bien qu'aimant. On s'attache à la mère qui s'attriste que son mari fasse mourir des personnages dans ses romans. On s'attache à Aline, débrouillarde mais à qui on ne l'a fait pas : pas de mensonges, pas d'entourloupes sinon la petite fille se fait justice elle-même.
On ne peut aussi qu'aimer le brave Kakoun, oncle recueilli de la famille (il a été choisi par les enfants car il n'a aucun lien de sang), qui ne mâche pas ses mots et a toujours un sacré panache pour retourner les situations les plus folles.

J'ai aimé de nombreux passages, certains m'ont fait rire, d'autres m'ont émue et aucun ne m'a laissé indifférente.

Pourtant, je crois bien que ce que nous possédons de plus sensationnel c'est notre arrière-grand-mère qui a plus de cent ans ! Alors là, pour en trouver une pareille, je suis sûre qu'il faudrait faire le tour du pays plusieurs fois en courant...
Maman (c'est sa grand-mère à elle) dit que c'est une "célébrité". Imaginez ça : avoir une "célébrité" dans sa propre famille. [...]
Je ne lui reproche qu'une chose : comme ma petite sœur, elle casse mes poupées. Elle oublie que je lui en ai confié une à garder sur ses genoux, elle se lève et crac, la poupée tombe. Cela tient sans doute à ce que ma soeur et elle ont tout juste cent ans de différence, à quelques jours près. Quelle famille ! (p. 25-27)

Maman. - Mon chéri, j'ai quelque chose à te dire, mais surtout, ne te fâche pas !
- Pourquoi veux-tu que je me fâche?
Maman. - Parce que ce que je vais te dire ne te fera pas plaisir. Voilà : tu as changé, je ne te reconnais plus.
Papa, ahuri. - Tu ne me reconnais plus? Qu'est-ce que c'est que cette histoire?
Maman. -Non, tu n'es plus le même, tu n'es plus aussi gentil qu'avant. [...] C'est très simple : au début, quand je t'ai connu, tu ne tuais personne.
- Comment ça, je ne tuais personne? Et aujourd'hui, je tue plus qu'avant?
- Parfaitement. Aujourd'hui, dans tes livres, tout le monde meurt. Tu fais passer tes personnages de vie à trépas pour un oui, pour un non, tu les exécutes à chaque page, et tu n'étais pas comme ça avant, et c'est pourquoi je trouve que c'est méchant et que tu as changé. Voilà ! (p. 30)

Mon père : contes des jours ordinaires - Aline Giono (Gallimard, 1992, 169 p., folio junior)

HS mais je pars quelques jours dans le Sud, je reviendrai courant novembre. A très bientôt !

Posté par Mélopée à 22:23 - Littérature française - Commentaires [0] - Permalien [#]
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