19 novembre 2010

Pétales de Guadalupe Nettel

Quel très étrange et loufoque recueil de nouvelles que celui que j'ai entre les mains ! Outre la couverture qui m'avait mis sur la voie d'un ouvrage sortant de l'ordinaire, j'ai été intriguée puis happée par ces courts récits qui se lisent les uns après les autres, sans interruption.

nettel

 

Un photographe fasciné par les paupières immortalise le visage avant et après l'opération qui corrigera les défauts de ces paupières. Bizarre mais après tout chacun ses goûts et la "laideur" ou du moins l'aspect peu banal de paupières rebelles à l'esthétique a finalement de quoi être un grand centre d'intérêt.
Une femme, en bonne voyeuse, assiste à une scène cocasse chez son voisin d'en face. Lors d'un dîner galant, celui-ci s'éclipse et va dans la pièce d'à côté soulager une érection en solitaire. La plume est vive, la scène se passe comme dans un vaudeville et on ne peut s'empêcher de sourire en imaginant tout l'extraordinaire de cette situation.
Autre histoire, changement se sexe : un homme se prend de passion un beau jour pour le jardin botanique où il croit découvrir sa vraie nature en côtoyant les cactus. Et si sa femme était une liane rampante, ou pire, un bonsaï. Voilà notre homme lambda obsédé par sa révélation d'être un cactus en puissance qui finalement trouve un certain équilibre dans sa vie dans sa double nature.
Changement de décor et nous voilà face à un homme qui traque les odeurs des femmes, et plus particulièrement d'une dénommée Fleur, dans la cuvette des toilettes. Et voilà notre "fétichiste" qui égrène tous les cafés du coin à la recherche de l'odeur tant caractéristique de sa Fleur. Là pour celle-ci (de nouvelle), j'ai dû avoir les sourcils en accent circonflexe tout le long du texte. Je crois que je serais complètement démunie devant un fou pareil.

Il y a sûrement dans la vie de tout renifleur un moment de plénitude comme celui que j'ai connu cette fois-ci dans les toilettes pour dames du Mazarin. Je ne saurais dire si ce qui me procura autant de plaisir fut le marbre discret des meubles et du sol, le haut plafond permettant la libre circulation des odeurs ou bien le vaste cabinet où je me livrai à une exploration minutieuse. (pp. 94-95).

Je laisse deux nouvelles dans l'ombre car si j'en dévoilais trop je vous gâcherais le plaisir de la découverte. Et devant ces obscurs comportements, on tente de comprendre l'incompréhensible. Certaines nouvelles sont dérangeantes car les petits plaisirs que chacun cultive sont des jardins secrets et certains "doivent" rester dans l'ombre. Oui voilà le sentiment qu'on a, que les jardins secrets sont dévoilés au grand jour, que les petits écarts de chacun sont ici mis en avant comme des passions à part entière voire des faire-valoir.
Un livre tout à fait à part, qu'on avale sans trop bien comprendre pourquoi si ce n'est que la plume de Nettel est tout à fait captivante. Elle parvient à nous maintenir accrocher à des détails aussi superflus et extravagants soient-ils.

Merci à Leiloona d'avoir fait voyager ce livre !

Pétales et autres histoire embarrassantes - Guadalupe Nettel ; traduction de Delphine Valentin (Actes Sud, 2009, 141 p.)

Posté par Mélopée à 19:18 - Littérature sud-américaine - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Pas trop fan de nouvelles et le descriptif ne me tente pas plus que ça. je passe

    Posté par Géraldine, 19 novembre 2010 à 21:00
  • Ce très beau livre voyage encore, et c'est tant mieux....

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 20 novembre 2010 à 09:06
  • voilà un billet très alléchant! je note tout de suite!

    Posté par choupynette, 20 novembre 2010 à 15:57
  • C'est tentant ... mais non je dois me concentrer sur les livres qui m'attendent dans ma Pal !
    Et celui que je lis est déjà un livre voyageur de chez Leiloona alors !
    Bon WE !

    Posté par Didi, 20 novembre 2010 à 19:32
  • Il a mis longtemps avant d'arriver jusqu'à toi !
    C'est clair que Nettel a l'air de captiver le lecteur !

    Posté par Leiloona, 20 novembre 2010 à 20:04
  • J'avais beaucoup aimé !

    Posté par Liliba, 25 novembre 2010 à 21:44

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