15 décembre 2010

Une femme simple et honnête de Robert Goolrick

femme

 

Je dois l'avouer d'entrée de jeu, j'ai opté pour ce livre car j'ai complètement flashé sur la couverture. Pour le reste, je m'en suis donc remise à l'histoire comme on avance dans le brouillard. Autant vous le dire, j'ai lu par petites bouchées ce livre car j'ai eu un mal fou à entrer dedans. C'est dur à décrire mais moi qui plonge toujours à corps perdu dès les premières pages, là je suis restée de glace un bon moment. C'est d'ailleurs un livre que j'ai lu, posé, repris, reposé avec malgré tout un certain agacement dû à cette flemme d'avancer car je voulais avoir la preuve que ce livre valait le détour.

L'incipit est d'ores et déjà une plongée dans le vif du sujet puisqu'on découvre un personnage : Ralph Truitt, un veuf célibataire d'une cinquantaine d'années. On est dans le Wisconsin à l'automne 1907 et il fait très froid. Notre homme attend un train, celui qui lui amène Catherine Land, une femme célibataire qui a répondu à son annonce passée dans un journal de Chicago. C'est une affaire matrimoniale qui est donc censée les réunir.
Catherine arrive et c'est une dame simple, sans prétention, bonne à marier. Ralph est sous le charme car elle incarne parfaitement l'épouse qu'il recherchait. Et si Catherine avait des intentions malveillantes vis-à-vis de cet homme riche et esseulé?
Peu à peu des secrets de famille sont dévoilés et les personnalités de l'un et de l'autre sont mises en lumière. Ralph est un homme torturé, culpabilisé par son passé. Quant à Catherine qui avait déjà triché dans sa lettre (elle avait envoyé la photo d'une amie), elle se révèle troublante, changeante voire fuyante. Pourquoi est-elle venue si cet homme ne l'attirait pas? Pourquoi demeure-t-elle auprès de lui, feignant le jeu de l'amour?
Tant de questions se bousculent et la lecture reste tortueuse. On avance pas à pas bien décidé à lever les mystères mais parfois l'ennui s'insinue et on a l'impression de faire du surplace.

L'histoire s'accélère dans les cent dernières pages avec un revirement de situation. Catherine devient quelqu'un d'humble, de dévoué et on a de l'empathie pour cette femme pleine de patience. Avant cela ce personnage était une anti-héroïne parfaite, celle qui se trouvait là parce que son flair l'avait menée dans les parages.
Ralph Truitt quant à lui reste tout au long de la narration un brave homme, constant dans ses sentiments, plein de bonne foi et dont la compagnie est agréable. Pourtant les premières pages qui content les médisances, que la population rapporte à son sujet, nous laissaient entrevoir un parfait goujat asocial dont on se moque sitôt le dos tourné. Dans le huis-clos de sa demeure il s'ouvre, entretient une relation privilégiée avec son couple de domestiques (les Larsen), fait des projets, sait recevoir.
C'est ça qui est fascinant : le revirement total des personnages qui s'apprivoisent, se testent et se démasquent. On entre pleinement dans une relation de couple qui n'est pas ordinaire, dans une relation où les jeux sont faussés au départ mais dont la vérité peut être salvatrice pour le bien de tous.

J'ai eu une drôle d'impression en fermant ce livre. J'ai apprécié la peinture des sentiments qui émergent peu à peu, j'ai moins aimé le style qui m'a plus d'une fois paru hésitant, le rythme étant dur à tenir. Il n'est absolument pas question de lacunes dans le roman car Goolrick est un bon écrivain. Ce qui m'a manqué c'est un espèce de regain d'intérêt ravivé sans cesse. Car je me suis attaquée à l'ouvrage, je me suis comme qui dirait laissé endormir par la narration. Difficile à décrire mais j'ai dû me "forcer" pour persévérer dans la lecture et pourtant le tour des événements auraient dû me suspendre au récit.
Bilan mitigé... il faudrait que quelqu'un d'autre s'y attelle pour me donner son sentiment. Mais s'il a été n°1 des bestsellers du New York Times c'est qu'il doit bien y avoir des raisons. Peut-être suis-je passée à côté...

Manu a un avis assez similaire au mien, Sophie elle s'est laissée envoûter tout comme Lili Galipette, Restling elle aussi a apprécié sa lecture.

Une femme simple et honnête - Robert Goolrick ; traduction de Marie de Prémonville (Éditions Anne Carrière, 2009, 413 p.)

Posté par Mélopée à 22:39 - Littérature américaine - Commentaires [11] - Permalien [#]
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Commentaires

  • ta lecture me rappelle combien j'avais peiné un autre livre du même style, du coup ton avis me refroidit pour lire celui ci

    Posté par esmeraldae, 16 décembre 2010 à 08:35
  • La couverture ne m'attire pas ... et vu ton billet, j'ai peur de m'ennuyer.

    Posté par clara, 16 décembre 2010 à 09:38
  • C'est vrai que la couverture est fort jolie. Mais malgré tout, ce roman en me tente pas trop.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 16 décembre 2010 à 13:27
  • La couverture m'a fait craquer... Mon avis est un peu étrange, ce roman ne va pas comme on s'y attend, et j'ai adoré la description du jardin à la fin...

    Posté par keisha, 16 décembre 2010 à 13:41
  • C'est étrange mais j'ai eu du mal à me souvenir de la fin. Ce roman ne m'avait pas franchement séduite.

    Posté par Manu, 16 décembre 2010 à 20:48
  • Je ne suis pas pressée de lire ce livre, vu le bilan mitigé que tu en fais!

    Posté par mango, 17 décembre 2010 à 04:12
  • Tiens toi aussi sur tu es du genre à prendre un livre en fonction de sa couverture? ^^
    En tout cas c'est dommage que tu ais été déçue. Je l'ai entamé, empruntée à une avis et au vue des 20 premières pages, j'aime bien. Enfin on verra

    Posté par isleene, 18 décembre 2010 à 14:17
  • Ca semble vraiment particulier comme histoire. Mais je me serais comme toi laissée tenter par la couverture qui est vraiment jolie!

    Posté par Karine:), 19 décembre 2010 à 13:50
  • j'aime bien le titre sur la couverture (ça se dit : "l'enseigne"?) mais la photo me fait penser à une comédie musicale à la mode, je ne sais pas pourquoi... :-/

    Posté par Violette, 24 décembre 2010 à 18:43
  • J'avais beaucoup aimé ce roman.

    Posté par Liliba, 26 décembre 2010 à 11:46
  • J'étais tentée au départ et puis certains billets m'ont fait hésiter... mais son dernier roman traduit à l'air encore mieux.

    Posté par Ys, 27 décembre 2010 à 18:25

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