05 février 2011
Un été suédois de Fredrik Edfeldt
Encore une critique cinéma mais, vous m'excuserez, je lis actuellement un bon roman islandais dont je me languis de vous parler tout prochainement. En attendant, je reste dans l'esprit scandinave ! Ce film énigmatique ne m'avait pas attiré tant que ça, avec cette affiche de petite fille au regard effrayé et un peu perdu mais le synopsis, lui, était plus alléchant.

Une fillette se retrouve seule avec sa
tante le temps des grandes vacances. En effet, ses parents et son frère
sont en Afrique pour une mission humanitaire liée au dépistage du sida.
Notre petite protagoniste (sans nom durant tout le film) qui se retrouve
donc contrainte de garder la maison avec sa tante, qu'elle ne connait
pas. Il s'avère que cette tante est immature, fétarde, irresponsable et
qu'elle laisse la fillette presque livrée à elle-même. Bientôt la tante
s'en va et c'est donc une maison vide et silencieuse qui reste.
Voilà
la fillette qui suit ses cours de natation, puis prend des libertés
pour découvrir ce que c'est que de vivre sans contraintes. Elle fait
l'apprentissage de l'amitié avec des fillettes de son âge (une boulotte
et sa cousine ultra branchée de Stockholm) qui ne sera finalement pas si
bénéfique que cela. C'est un garçon de son âge qui sera le plus
sympathique et fidèle compagnon de jeu (mais le pauvre, il va en morfler
!).
Ce film dure le temps des vacances, un temps qu'on pourrait
qualifier d'éphémère puisqu'il est synonyme de liberté et de farniente.
Ici le temps semble long et la campagne environnante accentue cette
impression de n'avoir rien à faire, personne à voir. Il y a les parents
de la copine qui commencent à avoir des soupçons à force de voir la
fillette trainer sans accompagnatrice. Il y a toutes ces journées qui
passent, interminables, et que l'on meuble en faisant couler des bains
ou en sautant dans le foin. En fait, il y a surtout cette vie sans
adultes (la belle vie?), où la maison est un refuge en même temps qu'un
guet-apens.
Le film nous laisse entrevoir de beaux paysages. Il y
a cette fillette, qu'on n'arrive pas à plaindre ni à envier, et cette
maison qu'il faut garder pendant l'absence des parents. Il faut gérer le
quotidien sans l'aide de ladite tante qui aurait dû faire office de
parfaite baby-sitter (rappelez-vous, elle est partie... avec un bel
apollon, en prime !). On est séduit par des scènes dont on arrive pas à
faire le lien avec la trame commune : le passage de la balade en
montgolfière en est l'exemple le plus représentatif.
Il y a aussi les
copines de la fillette, espèces de tyrans modernes, toujours prêtes à
avoir les idées les plus mauvaises. Et elles sont fortes pour
s'entrainer sur la pente descendante, quitte à entrainer dans leur perte
adultes et autres enfants.
Enfin il y a cette famille, l'absente du
film, qu'on aperçoit au début et qu'on imagine tout le long. Parce que
le vide laissé paraît immense et que la fillette paraît, elle, bien
petite pour affronter un quotidien, fut il de vacances. Comment confier
un enfant à une inconnue (car cette tante arrive d'on ne sait trop où)?
On s'interroge et quelque part on applaudit la ruse de la fillette qui a
conduit sa tante à déserter.
Un film tout à fait rafraichissant
et dépaysant ! La jeune actrice s'en sort à merveille dans son rôle de
Fifi Brindacier des temps modernes, responsable du foyer et aventurière
hors de chez elle.
C'est dans ce quotidien défait qu'on est invité à plonger. Après vous !
Un été suédois - Fredrik Edfeldt (sortie le 26 janvier 2011)
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