07 juin 2011

La septième vague de Daniel Glattauer

La_septieme_vague_170x253Ayant été complètement charmée par le principe d'échange de mails de Leo et Emmi, découvert dans Quand souffle le vent du nord, je ne pouvais qu'être enchantée qu'une suite m'attende. Car Leo et Emmi, sont des personnages avec lesquels on évolue en toute intimité presque en tant que canal commun. Le fait même qu'ils nous introduisent dans leurs messages, nous rend voyeurs de leur bonheur.

Attention ça va spoiler !

Ce second tome commence sur un sentiment d'amertume car Emmi n'a toujours pas digéré sa rancoeur  suite au départ précipité de Leo à Boston. Là-bas, il y rencontre Pamela avec qui il entame une histoire. De son côté, Emmi entérine la hache de guerre avec son mari Bernhard, pour le bien-être de ses enfants et pour enfin trouver la paix.
Mais le dialogue reprend malgré tout entre les deux qui n'arrivent pas à se quitter. C'est que leur lien virtuel est fort et qu'en deux ans et quelques, ils ont noué une relation basée sur le dialogue et la confiance. On a bien l'impression que leur relation platonique prévaut à leur "vraie" vie. Déjà, les deux se placent au centre, quant aux autres ils gravitent et donnent une échappatoire à leur propre histoire.
Mais on sent une Emmi amère, à l'humour grinçant et qui peut être parfois rancunière. On sent qu'elle n'a pas pardonné à son correspondant épistolaire qui l'a planté aussi bien en face à face que derrière son sempiternel écran. Quant à Leo, il ne sait pas ce qu'il veut. Entrant dans le jeu de l'indécision, des volte-face, du silence, il se fait désirer. Déjà qu'Emmi est particulièrement exaspérante dans son rôle de titilleuse professionnelle, ledit Leo lui rend la réplique à merveille. Ces deux-là sont faits pour s'entendre c'est sûr !
En somme, j'ai découvert dans La septième vague des personnages particulièrement horripilants (ce qui m'avait peut-être distrait au tout départ). On a sans cesse l'impression qu'ils trompent leur monde (Bernhard et Pamela en particulier) et se testent en même temps eux-mêmes. Mais est-ce donc cela le jeu de l'amour?!

Mon impression est ainsi nuancée : d'une part j'ai retrouvé la forme tant aimée (quel bonheur que ces petits mails éparpillés de ci de là au gré de la journée !), d'autre part je me suis heurtée à des personnages de plus en plus infantilisés par leur jeu virtuel.
On voudrait que les cœurs s'emballent et c'est en cela que Quand souffle le vent du nord aurait suffi. Or, ce deuxième volume semble stagner dans un réel brouillard. Y a-t-il une réelle évolution des sentiments? Est-ce que le temps écoulé a permis d'entretenir la passion ou, du moins, le lien amical?
J'en doute car la frustration est grande et il me semble peu vraisemblable de tenir deux ans en vivant à proximité (ou du moins au départ) sans se voir. A l'heure où les gens se fixent des rendez-vous pour le soir même, cette relation perd en crédibilité.
Malgré tout j'ai lu ce second volet en deux jours car oui c'est expéditif et c'est un appel au rêve, à la magie de l'instant. On se plairait pourtant à croire en tout cela et à se dire qu'Emmi et Leo font bien de prendre leur temps, ils n'ont que ça devant eux.

Un bon moment mais cette suite était-elle vraiment indispensable?
La question reste en suspens !

Merci à Stephie d'avoir fait voyager ce livre !

La septième vague - Daniel Glattauer ; traduction d'Anne-Sophie Anglaret (Bernard Grasset, 2011, 348 p.)

Posté par Mélopée à 13:16 - Littérature allemande, autrichienne - Permalien [#]
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