30 août 2011

La comtesse et les ombres de Carey Wallace

La rentrée littéraire est plus que jamais dans le vent. Voici un nouvel ouvrage paru le 11 août qui a, d'ores et déjà, une couverture des plus alléchantes.

Nous somLa_comtesse_et_les_ombres_Carey_Wallacemes au XIXe siècle, dans une vallée italienne. La comtesse Carolina Fantoni s'apprête à épouser le plus beau parti de la région, Pietro, convoité de nombre de ces démoiselles. A l'heure de ce grand événement, un autre problème vient agiter Carolina : elle est en passe de perdre la vue. Son entourage ferme les yeux (c'est le cas de le dire) et ce mariage, heureux pour les deux familles, ne fait pas totalement le bonheur de la mariée. C'est que Turri, un inventeur fantasque, occupe ses pensées. Le mariage a lieu mais Carolina et Turri ne rompent pas les liens pour autant ; ils se retrouvent régulièrement au bord du lac de la demoiselle, abri de tous ses tourments et préoccupations. Leur amitié est indéfectible et ce n'est pas leur mariage respectis qui les ramène à davantage de raison. Turri continue à explorer les berges, parfois accompagné de son fils Antonio, à expérimenter de nouvelles idées, comme son ingénieuse machine volante. Lorsque Carolina perd la vue, la beauté des paysages s'arrache à elle et l'indifférence des uns et des autres la ramène à triste condition de femme du monde. Un jour, Turri lui fait porter une machine à écrire, la première du genre qui lui permettra de communiquer en dépit de sa cécité.  Une nouvelle échappatoire s'offre à elle avec cette invention géniale garante d'une certaine autonomie.

- Je dormais sur la rive, raconta-t-il. Je me suis réveillé lorsqu'il a commencé à pleuvoir. Je me suis assis, prêt à me réfugier dans la maison, et alors j'ai réfléchi. Je me suis demandé ce que je verrais si je m'allongeais ici et regardais le ciel.
- Qu'avez-vous vu?
- La pluie, répondit-il avec un nouveau sourire. Ensuite, elle est tombée dans mes yeux et je n'ai plus rien rien vu du tout. (p. 73)

Je dois le confesser, je n'ai pas aimé ce livre. Ce n'est pas faute de l'avoir regardé sous tous les angles en librairie, attirée par cette très belle couverture et son résumé aguicheur. J'ai succombé et me le suis offert ! Seulement, au bout de quelques pages de lecture, j'ai compris que la magie n'opérerait pas. Le style est (trop?) simple, les dialogues sont d'une platitude sans nom et les personnages perdent toute crédibilité avec leurs agissements d'enfants. De plus, on se perd dans les réflexions de Carolina, d'abord voguant dans l'obscurité puis murée dans un noir d'encre. Elle digresse dans des apartés oniriques où parfois le rêve semble rejoindre la réalité. J'ai dû reprendre certains passages, perplexe quant à l'évolution de ses rêves, où la faculté de voir lui est rendue. Certes, il peut paraitre logique de rêver avec de vraies images, toutefois les passages manquaient cruellement de vraisemblance. Le trio fou (Carolina/Pietro/Turri) m'a été antipathique du début à la fin et ce n'est pas la bonne (dont je viens même d'oublier le nom) qui rattrape le tout, inventant des histoires pour divertir Carolina. On se croit dans un conte pour enfants alors que les personnages sont des adultes, devraient faire rêver, et ne font en fait que sourire de par leurs extravagances et futilités.

Certaines tournures de phrases m'ont également gênée. Citons par exemple une phrase (que je n'ai pas réussi à retrouver et que je citerai donc approximativement) qui dit à peu près ceci "Il la regarda avec ses yeux". Hum ! Peut-on regarder avec ses pieds? Ou encore : "des pas l'attendaient devant la maison". Y a-t-il une quelconque figure de style derrière tout ça? Je vous avoue qu'en fin de roman, j'ai été lasse de reprendre des passages, cherchant des sens cachés ou une poésie que je n'aurais su cerner. Bref, moi qui aime une langue fluide où tout coule de source, je n'ai pas pu m'empêcher de buter sur ces petits défauts.

Première déception de cette rentrée littéraire. Il en fallait bien une et il est certain que passer après de beaux coups de coeur comme La couleur des sentiments, A l'enfant que je n'aurai jamais et Famille modèle n'aura pas été salutaire pour La comtesse et les ombres qui ne peut espérer tenir la comparaison.

Je tiens tout de même à saluer le très beau site internet de l'auteur ici avec tout plein de papillons, comme j'aime gif_papillons_10top

La comtesse et les ombres - Carey Wallace (Presses de la cité, 2011, 269 p.)

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Posté par Mélopée à 18:11 - Littérature américaine - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Je l'avais repéré mais ton avis me fait complètement changer d'avis.

Posté par Manu, 30 août 2011 à 19:08

@ Manu : Il faut peut-être attendre d'autres avis car j'ai vu qu'un partenariat avait été organisé sur ce livre-ci. Pour le premier billet paru par Ramettes http://ramettes.canalblog.com/archives/2011/08/27/21876816.html l'avis semble plus positif !

Posté par Mélopée, 31 août 2011 à 11:40

ah... plus du tout envie...

Posté par Liliba, 31 août 2011 à 14:33

@ Liliba : Je ne sais pas si c'est que j'avais une trop haute attente après de très bonnes lectures ou si le livre avait vraiment des petites imperfections qui m'auraient déplues, quelle que soit la période.

Posté par Mélopée, 31 août 2011 à 23:03

Je n'aime pas la couverture..trop chargée !

Posté par clara, 01 septembre 2011 à 07:23

@ Clara : C'est vrai que c'est pas ce qu'il y a de plus sobre =D

Posté par Mélopée, 03 septembre 2011 à 15:16

Bonjour Clara,

Une très bonne critique que voilà. Vous résumez avec les mots justes mon sentiment quant à ce livre.

Posté par Madame du B., 04 septembre 2011 à 17:11

@ Madame du B. : Euh, je ne suis pas Clara mais si t'en est que le commentaire me soit destiné, je suis ravie de ne pas être seule à reconnaitre quelques défauts à ce roman.

Posté par Mélopée, 04 septembre 2011 à 18:32

Oh zut, c'était bien tentant. Cette couverture est vraiment belle, mais vu ton avis je préfère passer.

Posté par MyaRosa, 05 septembre 2011 à 19:03

@ MyaRosa : D'après les critiques laissées via Livraddict, je me sens un peu seule dans cette opinion. Peut-être étais-je de mauvais poil lors de cette lecture?!

Posté par Mélopée, 05 septembre 2011 à 19:46

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