29 novembre 2011
La Chartreuse de Parme de Stendhal
S'il est un livre que je souhaitais lire depuis longtemps, c'est bien La Chartreuse de Parme. L'un de mes grands classiques de tous les temps c'est Le rouge et le noir. Après celui-ci, je n'avais qu'une envie, approfondir avec ce roman "italien". C'est chose faite et je ne boude pas mon plaisir car j'y ai trouvé matière au romanesque, à la passion et à l'aventure.

Le personnage principal de ce roman, Fabrice del Dongo, c'est un peu l'anti-héros tel qu'on le connait (celui qui fonce tête baissée et se rend compte de ses erreurs après coup). Plein de bravoure mais immature, il fuit Milan, Grianta, Côme et tous les endroits qui l'ont vu évoluer pour rejoindre Napoléon, son "idole". Mais c'est dans le même temps que se déclare la bataille de Waterloo qui, comme chacun le sait, se termine sur une défaite. Ce qui est drôle c'est que Fabrice y prend part, très idéaliste sur l'issue de la confrontation. Il débarque, fait ses premières armes, se fait houspiller et termine même emprisonné.
Mais le tapage devint tellement fort en ce moment, que Fabrice ne put lui répondre. Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois, la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. (p. 87)
On le prend presque en pitié ce jeune héros qui prêche pour la gloire mais ne prend la prison et l'exil. Après la libération, il multiplie les conquêtes amoureuses et fait tomber le cœur de ses dames (c'est que c'est un séducteur invétéré). Puis, un jour, il tue au cours d'un combat, Giletti, un mari jaloux. De cela, il écope une bonne paire d'années de prison et est conduit à la tour Farnese. Ce lieu, qui aurait pu être celui de la reconstruction est surtout celui qui lui fait connaître le grand amour, en la personne de Clelia Conti, fille du gouverneur de la prison. Fabrice vit heureux, éperdu devant ses visions quotidiennes de l'être aimé mais c'est sans compter la détermination de sa tante, Gina, secrètement amoureuse, qui le convainc de s'échapper.
Même si l'évasion est une réussite, que Clelia y était elle-même mêlée, les destins amoureux se scellent : Gina épouse consécutivement le prince puis le comte Mosca (qui l'a toujours soutenue) et doit renoncer à son cher neveu. Quant à Clelia, elle répond au vœu de son père en épousant Crescenzi, mais son cœur et ses pensées sont tous tournés vers Fabrice. Le galant amour souverain se poursuit entre nos deux protagonistes italiens : Clelia et Fabrice. Ils s’accommodent de la situation jusqu'à ce qu'un événement douloureux viennent compromettre toute leur histoire.
Voilà comment l'histoire de La chartreuse de Parme bascule de la joyeuseté des guerres ou prisons à la tristesse des amours déçus et des destins séparés. Mais c'est ce qui fait le charme de ce roman : l'aspect un peu désuet des sentiments exaltés et platoniques face à la fierté et aux devoirs individuels de chaque personnage. J'ai profondément aimé me replonger dans un classique car j'y trouve à dose égale tous les plaisirs qui m'immergent dans une narration traditionnelle : une trame pleine de péripéties avec un héros à la frontière de la candeur. Et à ses côtés gravitent une foule de personnages, tous plus engagés les uns que les autres : politiquement, religieusement, amoureusement...
J'ai été charmée par cette déambulation de lieux, de personnages, d'actions et ai trouvé beaucoup de plaisir à me trouver régulièrement interpellée par Stendhal qui s'adresse à son lecteur "le lecteur aura tôt fait de remarquer que...". Oui le lecteur est un acteur à part entière ! L'Italie où se place la majeure partie de l'action, nous parait être la terre de tous les compromis mais aussi de toutes les audaces. Et on a tôt fait de vouloir s'inscrire comme un lecteur averti de toute cette intrigue italienne !
Je tiens à remercier
ainsi que
pour ce roman reçu dans le cadre de
l'opération Un poche, Un(e) mordu(e), Une critique ! ! Je suis désormais conquise par ce nouveau format qui risque d'être un formidable compagnon de mon sac à main ![]()

La Chartreuse de Parme - Stendhal (Pointsdeux, 2011, 913 p.)
26 novembre 2011
Tag, me revoilà !
Bien le bonjour,
Moi qui pensais m'être désabonnée des tags et autres partages de questionnaires, je suis servie. La bouquineuse a pensé à moi pour répondre au portrait chinois du "si j'étais" (et en fin de compte je la remercie...). Que serais-je donc si j'étais... ?
- Un personnage de fiction
Jacques Thibault du roman Les Thibault de Roger Martin du Gard. En voilà un personnage exalté, idéaliste et qui m'a fait vibrer. Même si sa cause est quelque peu désespérée, il suit sa voie, fidèle à lui-même et droit dans ses engagements.
Voilà un grand bonhomme qui me donne des envies de travestissement ![]()
- Un proverbe
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Voilà mon adage ! Pour moi, rien de tel que de profiter d'une grande journée en se levant avec les poules, frais et dispo après une bonne nuit de sommeil.
- Un arbre
Le saule-pheureur. J'aime son torrent de feuilles, il en parait presque mélancolique !
- Un parfum
"Ange ou démon" de Givenchy
- Une rue
Oula je sèche ! Un lieu j'aurais su mais une attache pour une rue, ça... ![]()
- Un plat
Le jambon sauce rose ! Une recette que je tiens de ma grand-mère et qui me la rappelle à chaque fois que je la fais. Simple mais toujours un régal !
- Une faiblesse
La confiance aveugle. Et pourtant j'en fais les frais, mais que me vaut le monde, la vie, si je ne peux pas me fier aux gens que j'aime?
- Une couleur
Rouge (passion, exaltation, séduction)
- Un animal
Le mouton. Qu'aurais-je pu répondre d'autre? C'est mon dada le sheep !

- Une série télé
Sans conteste "Pushing daisies" même si elle n'a pas duré dans le temps !

Je m'abstiens de faire d'heureux élus pour ce tag. Mais qui veut le prendre, le peut avec cette liste des "si j'étais" :
- Un objet
- Une musique
- Une citation
- Une saison
- Un bruit
- Une manie
- Un film
- Un aliment
- Un animal
- Un mot
Promis, promis, de vrais billets de lecture sont programmés ! Et j'ai même une belle critique d'un grand classique à rédiger. Motivation, quand tu nous tiens ! ![]()
16 novembre 2011
Où je m'explique !
Bonsoir, bonsoir...
C'est qu'elle se fait rare la Mélopée, vous allez me dire
... Alors je me disais que j'allais vous dire le pourquoi du comment de mes apparitions furtives de ces derniers mois. En fait, j'ai passé en mai dernier le concours d'assistant qualifié de conservation du patrimoine et des bibliothèques. Première des surprises : j'ai été admissible.
Cela nous entraine donc à la date fatidique du 17 octobre, où j'ai passé le tant redouté oral. Et là, deuxième surprise, je suis tombée sur un texte on ne peut plus déstabilisant. Il s'agissait d'une proposition de loi sur la cession des biens immobiliers de l'Etat. Sur le coup, je me suis juste dit : "qu'est-ce que c'est qu'ce bin's?"
Inutile de dire que ça a été un oral calamiteux
, où j'ai pataugé complet. Sortie de là, un infime espoir demeurait quand même. Et si le jury avait été clément? Et si j'avais été "brillante" aux questions suivant l'explication de texte?
Le verdict est tombé hier et je n'ai donc pas eu mon concours. C'est officiel et c'est une page qui se tourne ! Dur de repartir de zéro, dur de se concentrer sur un livre, dur de tirer un trait sur le chemin parcouru. Ceci explique ma "panne" de lecture et le peu d'activité de mon blog. Mais je compte bien m'employer à remédier à tout ça...
A très vite vous tous !






