25 avril 2012

L'armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen

J'avais besoin d'un livre qui me fasse du bien, un livre à la fois réconfortant, bien écrit et où la famille tienne une place de choix. C'est ce que j'ai trouvé dans L'armoire des robes oubliées où les personnages féminins se disputent la vedette. C'est aussi une histoire qui s'inscrit sur plusieurs générations, à travers une famille unie et ce, malgré les années, malgré les tourmentes telles que la maladie ou l'amour bouleversé.

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Il y a d'abord Elsa, au centre de tout, qui fut une psychologue réputée et qui est maintenant en phase terminale d'un cancer, soignée chez elle. A ses côtés il y a l'artiste de la famille, Martti, son compagnon qui la soutient bravement dans sa souffrance. De leur union est née Eleonoora, choyée mais qui maintenant s'inquiète pour sa mère. Elle-même a eu des enfants dont Anna, proche de ses grands-parents, qui, lors d'un essayage vestimentaire tombe sur une robe qui attire son regard. C'est elle qui va faire surgir l'histoire dissimulée par ses aïeuls car douloureuse pour les deux intéressés.

Lorsque Ella (Eleonoora) était petite, elle était gardée par une nourrice du fait des déplacements fréquents de sa mère et des sorties tout aussi prévisibles de son peintre de père. C'est donc Eeva qui est embauchée pour le job. Elle est jeune, elle semble avoir le sens du contact avec les enfants, elle est curieuse et intelligente. C'est donc la recrue idéale qui fait d'ailleurs tout à fait l'affaire puisqu'elle se prend immédiatement d'affection pour Ella. Sauf qu'Eeva est souvent à la maison et qu'elle cohabite avec le père, dans une relation de bonne entente. Mais un homme, une femme et un enfant c'est déjà une famille et comme Elsa est souvent absente, Eeva prend volontiers la place de femme du foyer. Les relations débordent du cadre professionnel, Martti semble être charmé par la demoiselle. Et ce jeu de séduction aura des retentissements qui broieront toute une famille et même au-delà.

J'ai trouvé cette histoire de famille très belle et sensible (tout un chacun pourrait se reconnaitre dans l'un ou l'autre des personnages) ! Ce qui m'a le plus plu, c'est sans aucun doute l'alternance du récit entre présent (où Elsa dépérit, assisté de son mari) et passé (où Eeva s'investit dans sa famille d'accueil, y laissant toutes ses plumes). Il y a évidemment une histoire d'amour mais je dirais davantage que deux idylles bercent la narration. Ce serait très romantique si l'un des protagonistes ne jouait pas sur les deux tableaux.

On découvre au fur et à mesure l'histoire familiale, les non-dits, les rancœurs et c'est bouleversant car certains ont souffert terriblement. Je pense notamment à Elsa qui n'a pas été épargnée par le mensonge, la maladie et l'éloignement. S'il fallait désigner un "dindon de la farce" ce serait bien elle même si à l'heure de se reposer, la hache de guerre semble enterrée.
Je relirai avec grand plaisir cette jeune auteur finnoise qui manie parfaitement tous les ingrédients pour composer un roman juste et efficace où la filiation est le liant d'un amour inconditionnel.

D'autres avis qui vont dans ce sens : Stephie, Clara et Yv.

L'armoire des robes oubliées - Riikka Pulkkinen ; traduction de Claire Saint-Germain (Albin Michel, 2011, 397 p.)

Posté par Mélopée à 21:50 - Littérature scandinave - Commentaires [16] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Je l'ai eu entre les mains, mais je ne l'ai pas lu! J'adore la couverture et je lis plusieurs bons billets, j'y reviendrai!

    Posté par Jules, 25 avril 2012 à 23:55
  • Je le note, je regarderai si ma BM le possède dans ses rayons !

    Posté par Leiloona, 26 avril 2012 à 07:57
  • J'ai lu l'article de Stephie qui m'avait déjà tentée. Ton billet confirme cette envie.

    Posté par Moka/ Camille, 26 avril 2012 à 11:03
  • "un roman juste et efficace où la filiation est le liant d'un amour inconditionnel", ça donne envie, les derniers livres que j'ai lu sur la famille étaient forts mais douloureux, un tel livre me ferait certainement du bien!

    Posté par Piplo, 26 avril 2012 à 11:12
  • Celui là je le vois depuis quelques temps un peu partout chez les libraires et les blogs , j'attendrai peut être la version poche mais c'est un style de livre que j'aime pour les moments où on a envie de douceur

    Posté par Dominique, 26 avril 2012 à 12:57
  • Un roman qui fait du bien ? Je signe tout de suite ! Un moment que ce titre et cette jolie couverture me font de l’œil !

    Posté par Noukette, 26 avril 2012 à 13:17
  • Je l'ai noté, ma bibliothèque vient de l'acquérir, chouette

    Posté par Aifelle, 26 avril 2012 à 13:18
  • Comment résister à cette couverture et à ces billets élogieux ?!

    Posté par midola, 26 avril 2012 à 16:31
  • Mon libraire en dit également beaucoup de bien ...mais je me lasse un peu de ces sagas familiales qui ressurgissent du fond des armoires scandinaves en ce moment ! ...Alors cele-ci attendra .

    Posté par Malika, 26 avril 2012 à 18:17
  • Ah, je suis contente de voir que ce roman fait mouche chez nombre d'entre nous

    Posté par Stephie, 27 avril 2012 à 15:59
  • Ça a l'air assez dur quand même. Je suis intriguée par l'aspect réconfortant de ce récit. La couverture me plaît bien en tout cas.

    Posté par A_girl_from_eart, 28 avril 2012 à 13:57
  • Je trouvais déjà la couverture très belle. Tu me tentes.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 28 avril 2012 à 17:50
  • le sujet, ce que tu en dis, je note !

    Posté par Theoma, 30 avril 2012 à 12:06
  • Comme un précédemment commentaire je lis un livre réconfortant mais où l'héroïne Ella ne semble pas épargnée ...
    Un livre que je note !
    Merci et bonne soirée

    Posté par Didi, 09 mai 2012 à 21:53
  • un titre qui me tente, ne serait-ce que par la nationalité de l'auteur !

    Posté par Lystig, 19 mai 2012 à 09:54
  • Formidable roman que j'ai beaucoup aimé. Intelligent et tout et tout.

    Posté par Yv, 19 mai 2012 à 10:51

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