21 mai 2012

La bonne étoile d'Esther Freud

Aujourd'hui je vais vous présenter un livre de circonstance en ces temps d'effervescence marqués entre autres par le Festival du film de Cannes. Dans le livre d'Esther Freud, le sujet principal se joue aussi sur scène à travers le théâtre. Le cinéma n'est jamais bien loin avec des passerelles qu'empruntent sans cesse les protagonistes de cette histoire. Il y a Nell, la rondouillarde qui n'a pas franchement les critères esthétiques qu'on attend d'une vedette. Ensuite il y a Charlie, la sublime métisse qui a tout pour elle puisqu'elle est talentueuse et convoitée. Enfin il y a Dan dont l'obsession sera de jouer Hamlet par défi mais aussi pour séduire l'indépendante Jemma.

9782226241443g

Le récit se découpe en trois parties : 1992-1994, 1995-2000, 2003-2006, chacune suivant à tour de rôle les personnages dans leur évolution de carrière, dans leurs déboires, dans leurs démarches auprès de leurs agents. Hum, je ne dois pas être assez branchée ni assez ouverte d'esprit pour trouver cela passionnant ! Bien que la narration soit fluide, que l'alternance des points de vue rendent le récit dynamique, je me suis assez ennuyée, dans l'ensemble, à la lecture de cet ouvrage. Esther Freud qui est elle-même une ex-actrice et femme d'acteur est bien placée pour évoquer les coulisses du cinéma - elle le fait d'ailleurs avec brio, en évoquant tant les ascensions que les chutes - mais elle n'est pas parvenue à m'intéresser à ce monde inconnu, qui me parait toujours superficiel et surfait. Je n'ai pas de particulier reproche à formuler si ce n'est que le sujet, bien qu'accrocheur, doit au minimum s'adresser à des curieux du septième art. J'avoue être cinéphile mais me ficher éperdument de l'envers du décor, de la relative fragilité sur laquelle tient la réputation de ces acteurs amateurs sortis de la Drama Arts. Même si le livre avait été autobiographique, il m'aurait laissé tout aussi indifférente.
Alors, oui je l'ai lu de bout en bout, j'ai suivi parfois avec curiosité certains personnages, mais il m'a manqué cette fougue, ce désir irrépressible de connaître la suite.

Certaines rencontres ne se font pas et j'ai bien le sentiment que c'est ce qui s'est produit avec cet ouvrage. Dommage car il a des attraits certains ! Mais pour moi, ce livre n'a pas été placé sous la "bonne étoile" ! Aux amateurs du genre - théâtre, cinéma, feux de la rampe et autres castings -, ne passez pas votre chemin car vous êtes en plein dedans !

"J'en ai une autre, reprit Sita : pourquoi un acteur ne regarde-t-il jamais par la fenêtre le matin?
- Je sais pas. Pourquoi?
- Pour avoir quelque chose à faire l'après-midi."
(p. 200)

Je vous renvoie chez Clara pour une critique que je partage complètement.

La bonne étoile - Esther Freud ; traduction de Dominique Kugler (Albin Michel, 2012, 429 p.)

Posté par Mélopée à 20:05 - Littérature anglaise - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

  • nous avons eu la même lecture en effet !

    Posté par clara, 22 mai 2012 à 05:45
  • Voilà plusieurs avis mitigés que je lis... je passe définitivement mon chemin, donc.

    Posté par Nadael, 22 mai 2012 à 09:13
  • Eh, eh !!! N'est pas écrivain qui veut !!!!

    Posté par Malika, 27 mai 2012 à 09:24
  • Ah, dommage... le thème du cinéma m'aurait tentée. Mais si ça passe plus ou moins... je vais passer.

    Posté par Karine:), 31 mai 2012 à 04:26
  • J'ai un livre de cet auteur en attente, il me semble qu'il avait beaucoup plu sur la blogo, j'espère qu'il ne me décevra pas.

    Posté par Lou, 11 juin 2012 à 22:33
  • @ Clara : Oui, c'est regrettable car c'est tout de même assez bien écrit !

    @ Nadael : J'avoue que ce n'est pas moi qui essaierais de te faire changer d'avis.

    @ Malika : Tout à fait d'accord ! Moi par exemple, je ne serai jamais écrivain, quoique ce n'est pas l'envie qui manque.

    @ Karine : Je pense que pour les théâtreux ou comédiens chevronnés, ce livre pourrait être une grande partie de plaisir. Mais pour qui ne s'intéresse pas grandement à ce milieu-là, ce livre ne fait ni chaud ni froid.

    @ Lou : Quel est-il? En tout cas, son style me donne tout de même envie de réitérer l'expérience avec un autre de ses livres.

    Posté par Mélopée, 28 juin 2012 à 10:29

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