14 mars 2013

Le mur de mémoire d'Anthony Doerr

Embarquement immédiat pour l'Afrique du Sud mais aussi la Lituanie, l'Allemagne nazie ou encore la banlieue de Cleveland. Tout ça dans un seul livre, c'est magique !

 



Quel étonnant recueil de nouvelles que celui-ci ! Six le composent et elles sont de longueur plus que variable. Chacune s'attache à définir et faire revivre la mémoire à travers des personnages jeunes ou vieux et campés aux quatre coins du monde. Ce qu'on peut dire c'est qu'Anthony Doerr a su donner à la mémoire différentes formes pour un intérêt renouvelé au fil des histoires.

Dans la première nouvelle - éponyme -, Alma, vieille dame qui perd la mémoire, se fait implanter des souvenirs pour ralentir le processus d'oubli. En se replongeant dans son passé, elle peut ainsi rester connectée à cette réalité qui semble vouloir lui échapper. Cela flirte avec le fantastique mais l'idée de revivre des moments agréables a de quoi charmer. Cette nouvelle, longue - 108 pages -, est fascinante car elle réussit à alterner avec brio retour aux souvenirs et présent irréfutable.

A l'heure où j'attends de devenir une tante heureuse, la nouvelle Engendrer, créer a eu une parfaite résonance en moi. Le parcours décrit de ce couple qui vit en accéléré des moments forts de doutes, d'échecs, de désillusions met en branle les convictions d'un avenir. Bien que la nouvelle soit assez courte, j'ai beaucoup aimé cette mémoire inscrite en duo.

Bien que le sujet de la mémoire - qui s'échappe ou devient appui inébranlable d'un temps passé - soit intrigant tout autant que passionnant pour moi, mon intérêt pour le recueil a été en dents de scie. Soit j'ai été captivée et "obligée" d'enfiler les pages lorsque les nouvelles me plaisaient, soit j'étais totalement hermétique voire réfractaire à l'idée d'en poursuivre certaines.
Au bénéfice d'Anthony Doerr, je dois reconnaitre un talent indéniable de conteur et une plume poétique et empreinte d'une certaine mélancolie. Je crois que, pour le coup, j'ai davantage envie de connaître l'auteur au travers d'un roman pour apprendre à l'apprécier sur la longueur.

La mur de la mémoire - Anthony Doerr ; traduction Valérie Malfo (Albin Michel, 2013, 285 p., collection Terres d'Amérique)

Posté par Mélopée à 12:00 - Littérature américaine - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • L'Afrique du Sud, d'accord. L'Allemagne nazie, en revanche, je m'en passerai, ou alors seulement dans un livre.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 14 mars 2013 à 21:29

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