15 juillet 2013

L'art difficile de rester assise sur une balançoire d'Emmanuelle Urien

Là je crois coller pile poil avec les lectures d'été car je m'en suis donnée à coeur joie avec ce roman quelque part un peu dramatique mais dont le ton à la fois cynique, incisif, drôle et jubilatoire m'a ravi tout du long.

 

 
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Pauline est une mère de famille à qui tout sourit : un mari aimant, trois enfants charmants et une vie sociale relativement épanouie. Mais voilà qu'un jour c'est le cataclysme lorsque son mari lui annonce qu'il la quitte pour partir avec sa meilleure amie. A juste raison, le monde s'écroule et Pauline ne le supporte pas. Commence alors une phase de hargne marquée par ce qu'elle appelle la "doulhaine" (croisement entre douleur et haine) qu'elle fait subir à tout son entourage partant du premier concerné (le traitre) à sa mère et aux enfants. Elle engage un sas (appelé tel quel) qui lui permet de faire la passation entre les deux parents. Plus besoin d'être confronté au goujat qu'elle préfèrerait plutôt voir dans la tombe.

 

Ce livre m'a beaucoup fait rire car l'auteur marque très bien l'affront subi par l'être en qui on pensait pouvoir faire le plus confiance. D'abord vient la surprise puis la haine accentuée de mépris. Et la narratrice paraît être un coeur de pierre s'étant barricadée à toute possibilité de rencontre avec les hommes.

 

Oui, j'ai été heureuse entre ses bras, je l'ai serré entre mes jambes, j'ai gémi et crié combien je l'aimais, j'ai cru que c'était pour toujours.
Je me suis trompée. Rien n'est jamais pour toujours que la mort [...] (p. 131)

 

Elle s'apitoie sur son sort, broie du noir, inonde sa mère de messages et cris de désespoir, adopte un chat (cf. la couverture), fraternise avec le sas et s'inscrit sur un site de rencontre. Et, à partir de ce moment-là, les événements prennent une autre tournure.

 

La plume est légère et virevoltante. Je la recommanderais volontiers à qui souhaiterait se détendre pendant des vacances à la plage (à la montagne, ça passe aussi très bien...). Le chat du renouveau, "le nouvel enfant de la famille" m'a drôlement fait rire. Lui aussi a son rôle à jouer. Et certains passages sont, tout bonnement, à mourir de rire, formidablement tournés, joliment formulés... on s'y laisse prendre. Et tant pis pour la fin qui elle est, faut l'admettre, moins réussie.
Ne vous privez pas, ça fait du bien de lire de la littérature française raffraichissante. Ca me donne grande envie de relire du Emmanuelle Urien.

 

D'autres avis chez Stephie, Liliba, Clara & Co.

 

L'art difficile de rester assise sur une balançoire - Emmanuelle Urien (Denoël, 2013, 217 p.)

Posté par Mélopée à 22:43 - Littérature française - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Je suis fan de cette auteure !

    Posté par clara, 16 juillet 2013 à 11:03
  • J'adore le titre !

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 19 juillet 2013 à 19:25
  • Je suis très lecture d'été aussi en ce moment. La couv' m'a d'ailleurs fait penser aux romans de Gilles Legardinier. Bon, si la tendance envie de léger se poursuit, j'y penserai.

    Posté par A_girl_from_eart, 19 juillet 2013 à 23:59
  • J'ai eu un peu de mal avec le personnage qui s'apitoie sur son sort, mais j'aime beaucoup la plume de l'auteur, donc cela a compensé.

    Posté par Leiloona, 09 août 2013 à 23:22
  • Tu as titillé ma curiosité avec cette jolie critique je note pour me laisser tenter à la bibio.

    Posté par éléa, 14 août 2013 à 16:58

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