05 septembre 2013

La nuit en vérité de Véronique Olmi

Quatrième lecture de la rentrée littéraire, je dois bien avouer que la plume du dernier Olmi est toujours aussi plaisante et efficace. Je pense qu'avec elle je peux y aller les yeux fermés à chaque nouveau cru.

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Enzo Popov, 12 ans, et sa mère Liouba vivent dans un bel appartement qui ne leur appartient pas. La mère est bonne à tout faire dans un grand appartement des beaux quartiers et est mère célibataire. Elle affirme à juste titre avoir vécu le plus longtemps avec son fils, le seul homme de sa vie. C'est son seul rituel quotidien, veiller sur lui et en prendre soin, lui le seul qu'elle ait hérité de son passé de fille-mère. Quant à Enzo c'est un garçon assez mal dans sa peau, à la frontière entre le surpoids et l'obésité. Il fréquente un prestigieux collège, l'un des privilèges d'habiter les beaux quartiers, mais ne s'y sent pas à sa place. Il y est le bouc émissaire et rase les murs pour ne pas à avoir subir les brimades perpétuelles. Ainsi, à la moindre occasion il tente de s'échapper de ce quotidien bien triste entre une mère dépendante de ses patrons (revenus obligent) et ce collège où il n'est pas soutenu, ni par ses profs ni par ses "camarades".

Cette famille à deux a aussi ses limites car Enzo et Liouba sont trop proches, trop fusionnels et presque trop intimes en permanence. L'âge (seulement 17 ans d'écart) et leur parcours de vie les forcent à rester liés, à se barricader contre un monde injuste où la richesse les nargue, où les voyages ne concernent que leurs exaspérants propriétaires. Eux sont confinés à un huis-clos, à se débrouiller sans trop en dire : ne pas évoquer le harcèlement, ne pas donner corps à un père absent... Le bonheur ne semble donc pas à portée et la lutte qui les anime est d'être toujours là le jour d'après, toujours ensemble.

J'avais beaucoup aimé Véronique Olmi dans Nous étions faits pour être heureux et je la retrouve avec plaisir dans cette histoire qui, mine de rien, est bien plus lourde de conséquences qu'elle n'y parait. Hormis l'histoire qu'on ne doit pas banaliser mais qui regroupe quelque clichés, il fait bon lire quelques paragraphes sur les soldats russes qui pourraient bien avoir un lien avec des ancêtres communs. Et le titre lui se laisse comprendre, avec poésie et douceur. Un beau moment sur l'impossible intégration et sur les racines à aller chercher au plus profond.
 
La nuit en vérité - Véronique Olmi (Gallimard, 2013, 308 p.)
 
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4/6

Posté par Mélopée à 13:10 - Littérature française - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Un auteur qui a l'air d'avoir une très belle plume.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 05 septembre 2013 à 16:26
  • Une déception pour moi, pas franchement mauvais, mais pas exaltant non plus. beaucoup de clichés, de déjà vu déjà lu...

    Posté par Yv, 11 septembre 2013 à 08:38
  • Bonjour Mélopée, c'est le premier "Olmi" que je lisais: je l'ai trouvé bien écrit et les relations mère / fils m'ont touchée. Bonne après-midi.

    Posté par dasola, 11 septembre 2013 à 15:48
  • Assez tentée... j'ai lu pas mal d'avis positifs !

    Posté par Liliba, 14 septembre 2013 à 11:57
  • Je n'ai encore jamais lu cette auteur mais j'ai envie de la découvrir !

    Posté par Céline, 26 septembre 2013 à 11:47

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