29 janvier 2014

Philomena de Martin Sixsmith

philo

Ce livre est un chassé-croisé entre une mère et son fils. L'histoire débute en 1952 en Irlande où, Philomena Lee, une jeune femme se retrouve enceinte et confiée aux bons soins du couvent de Roscrea jusqu'à l'accouchement. Ledit couvent recueille toutes les jeunes mères, délaissées par leur famille. Et au bout de quelques années (généralement 3 ans) après la naissance, les enfants sont confiés à d'autres familles, avec le "consentement" forcé des mères souvent sans le sou.
Anthony, le fils de Philomena, garçon angélique et plein de tendresse, est adopté en même temps que sa compagne de jeu, Mary. Philomena ne le sait pas encore mais Anthony changera de de nom et aussi de continent. Le jeune garçon candide de Roscrea est bien loin de tout et surtout de ses amours premières (l'intimité des nonnes, la présence d'une mère, les jeux innocents).

Il traverse l'Atlantique et est adopté par une famille déjà composé de cinq membres (3 grands garçons et un couple de parents). Il grandit choyé par sa mère, endurci par un père plus intransigeant. Son cœur reste toujours en Irlande d'où il a été expulsé sans bien comprendre, gardant des souvenirs d'une mère biologique pourtant présente. Il se réalise dans le droit où il est couronné de succès et est ensuite engagé au service du parti républicain. Mais il est aussi tiraillé par des préférences inassumables pour d'autres hommes. C'est l'époque où l'homosexualité est encore considérée comme un péché et Anthony, devenu Michael, cultive l'angoisse d'être abandonné en faisant mal (par son parcours professionnel ou amoureux). C'est encore l'époque où l'homosexualité est considérée comme un péché et Anthony, devenu Michael, cultive l'angoisse d'être une fois de plus abandonné en ayant semé le mal (par son parcours professionnel ou amoureux).

Le récit est centré sur l'enfant qui devient homme dans un climat familial tantôt délétère tantôt insécure. La mère apparait à quelques reprises mais c'est davantage le personnage de Michael qui occupe la narration. Nous le suivons perdu, en quête d'identité et fragilisé par le déracinement. Le fait que le livre soit tiré d'une histoire vraie rend l'ensemble plus poignant et personnel.

J'ai été voir le film tout de suite après avoir lu le livre car l'histoire était encore très fraiche dans ma tête. Eh bien j'ai été relativement déçue car le film se concentre davantage sur l'histoire entre le journaliste (ici Martin Sixsmith) et la mère. Le fils (Anthony, puis Michael) apparait dans des vidéos courtes ou sur des photos mais n'occupe pas la place centrale comme c'est le cas dans le roman. Ainsi, le livre et le film sont complémentaires même s'ils n'ont pas la même approche de la rupture familiale. Je conseillerais toutefois davantage la lecture du roman qui m'a semblé plus profond, plus caractéristique d'une époque, d'un contexte social et d'une l'incertitude liée à l'émergence d'une maladie dévastatrice, le SIDA.

 

Philomena - Martin Sixsmith (Presses de la Cité, 2014, 450 p.)

Posté par Mélopée à 19:47 - Littérature anglaise - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

  • J'ai bien aimé le film, enfin les acteurs y sont pour beaucoup, et j'ai l'impression que je préfère cet angle de vue qui se focalise davantage sur la relation mère-journaliste.

    Posté par A_girl_from_eart, 29 janvier 2014 à 22:31
  • Une fosi que j'ai eu compris que le livre se focalisait sur le fils, je l'ai l usans encombres. Il me reste à voir le film pour avoir un autre volet!

    Posté par keisha, 30 janvier 2014 à 10:14
  • A lire donc sans voir le film ..

    Posté par clara, 30 janvier 2014 à 11:56
  • J'ai adoré le fim... mais bon, j'ai presque envie de lire le livre!

    Posté par Karine:), 31 janvier 2014 à 21:12
  • Bonjour Mélopée, j'ai beaucoup aimé le film (mais je n'ai pas lu le livre).. Bonne journée.

    Posté par dasola, 04 février 2014 à 08:16
  • J'attendrai le poche et le film à la télé !

    Posté par cathulu, 14 février 2014 à 16:51

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