22 avril 2014

Un ciel rouge, le matin de Paul Lynch

Si vous avez regardé Les carnets de route de Busnel, diffusés il y a une quinzaine de jours, vous avez forcément remarqué le charmant Paul Lynch, jeune écrivain qui publie avec Un ciel rouge, le matin, son premier roman qui est déjà très remarqué. Et je dois avouer que c'est amplement mérité !

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Le cadre du roman est l'Irlande du milieu du XIXème siècle, alors qu'un propriétaire terrien décide d'expulser toute une famille de métayers dont Coyle, l'un des fils au caractère fougueux. Dévasté par la nouvelle, le jeune homme décide d'aller s'expliquer avec Hamilton fils (l'un des décideurs) et de demander justice.
Au cours de leur conversation houleuse, Hamilton est tué et la famille, qui était déjà menacée d'expulsion, est contrainte de sauver sa peau. Par la faute d'un Coyle maladroit mais gagné par les scrupules, les conséquences ne se font pas tarder.

L'homme, poursuivi par le cercle d'Hamilton, doit se faire oublier et donc disparaitre. Il laisse derrière lui sa femme, enceinte, et un jeune enfant. Commence alors une incroyable course-poursuite, aux confins de l'Irlande puis, dans un second temps, aux États-Unis, dans le sillon de la construction d'une ligne de chemin de fer. De la relative quiétude du travail en famille, Coyle se retrouve embarqué en bateau dans des conditions extrêmes, puis exploité, avec d'autres Irlandais immigrés, par des employeurs peu scrupuleux.

Chaque matin le soleil monte au-dessus de la colline, et partout où la terre s'ouvre le chant des oiseaux s'éteint chaque jour un peu plus. Parfois la chaleur retient une étoupe de nuages, et puis le temps s'éclaircit. Le soleil tape dur, certains travaillent torse nu ou sans chapeau, et son feu ravage leur chair, leur peau se fendille comme le lit d'un cours d'eau tari. (p. 187)

Paul Lynch nourrit son intrigue d'un style très raffiné et poétique qui suggère tout à la fois la beauté des paysages mais aussi l'incertitude d'un destin qui est en passe de se briser. Dans cette incroyable épopée marquée par des personnages masculins dominés par l'esprit de revanche, la fugue est haletante, peuplée de testostérone avec toute une communauté d'hommes groupés vers un rêve américain inaccessible. Le ton est froid, implacable et le sort des personnages (aussi bien fuyard que poursuivants) paraît compromis car l'époque est rude et le manque d'argent se fait de jour en jour plus cuisant.

En filigrane, apparaît le personnage de la femme de Coyle qui, restée au pays, tente tant bien que mal de subvenir à ses besoins. Reverra-t-elle un jour son mari ? Rien n'est moins sûr...

Quelque part cette échappée m'a fait penser à un film, No country for old men, qui m'avait tenu harponnée à mon siège, tout du long. Dans ce livre, de la même manière, j'ai été "contrainte" de poursuivre jusqu'à la dernière page pour savoir qui de Coyle ou de Faller (l'homme de main de Hamilton) allait en réchapper.

Et je n'ai pas été déçue du dénouement, ah non, loin de là ! http://forum-images.hardware.fr/images/perso/1/cirdan%20sindar.gif

Un ciel rouge, le matin - Paul Lynch ; trad. de Marina Boraso (Albin Michel, 2014, 287 p., coll. "Les grandes traductions")

Posté par Mélopée à 17:01 - Littérature irlandaise - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

    Sorti de ma PAL suite à ton billet!

    Posté par clara, 22 avril 2014 à 20:56
  • Ta référence à No country aurait plutôt tendance à me faire hésiter, ayant accroché, mais sans plus au film. Ton billet est par contre beaucoup plus tentant. J'avais déjà repéré le titre et je suis du coup très intriguée par la fin

    Posté par zarline, 22 avril 2014 à 21:35
  • Voilà qui me semble être une belle trouvaille ! Je croule sous ma PAL mais ça ne coûte rien de noter.^^

    Posté par A_girl_from_eart, 22 avril 2014 à 21:49
  • Tu me tentes ! Je l'ai reposé en librairie mais je n'aurai peut être pas dû

    Posté par praline, 25 avril 2014 à 01:21
  • Un premier roman qui a l'air intéressant.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 25 avril 2014 à 11:36
  • Je l'ai abandonné car j e n'ai pas accroché à l 'écriture..

    Posté par clara, 01 mai 2014 à 09:52

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