18 juin 2014

La mauvaise pente de Chris Womersley

Chris Womersley

Ce second roman publié en français par Albin Michel et en fait le premier de l'auteur, Chris Womersley. Et quelque part je le comprends assez car, même s'il est très bien, je l'ai trouvé un peu moins prenant et abouti que le fameux Les affligés (billet ici). Mais il faut avouer que La mauvaise pente est un très bon roman noir qui se déroule dans une ambiance angoissante avec en toile de fond trois hommes, tous porteurs d'une solitude et qui vont se retrouver mêler les uns aux autres.
Lee est un jeune voyou d'une vingtaine d'années qui vient de sortir de prison. Wild est un médecin qui fuit suite à une accusation d'erreur médicale. Enfin Josef est un vieux gangster qui était en prison avec le premier.

Tout commence dans un motel d'on ne sait quelle région ni même d'on ne sait quel pays (l'Australie ?). Lee est blessé par balles et est inconscient sur son lit. La patronne du motel somme le nouvel arrivé, le médecin qui cherche à se cacher, à soigner le jeune et à l'emmener avec lui. D'une corvée imposée, les deux hommes commencent à s'apprivoiser et à presque apprécier la compagnie. Car les deux en ont beaucoup sur la conscience et la valise pleine de dollars qui accompagnait Lee ne laisse rien présager de bon. Alors à deux la quête d'anonymat paraît plus accessible et la rédemption plus proche encore.

Toute l'intrigue navigue entre un Wild pétri de regrets (car avec une famille laissée en même temps que sa profession) et un Lee revanchard qui serait bien prêt à tuer pour reprendre sa place dans la société. Et dans l'ombre s'approche le redoutable Josef qui lui aussi pourrait faire couler le sang. Dans ce jeu de piste, les trois hommes vivent à l'écart de tout, bien loin des femmes, des considérations existentielles ou même des moindres projets sur l'avenir. La mauvaise pente c'est avant tout de l'ultra réalisme représenté par de l'argent en pagaille, des blessures jamais cicatrisées et de la survie au jour le jour.

Le cœur de Lee s'agita dans sa poitrine. Il sentait la sueur sous ses aisselles, des picotements au cou. Il avait envie de déféquer ou de sangloter, comme si tout son corps était sur le point de le lâcher. (p. 70)

Je suis allée voir le film The Rover ce week-end (avec le bellâtre Pattinson) et j'ai tout à fait retrouvé l'atmosphère aride de ce roman. Il n'y a pas de lien mais dans l'amitié de deux hommes forcés de cohabiter, les deux trames s'entremêlent. Dans les deux, un homme plus âgé prend son cadet (qui pourrait être son fils) sous son aile et l'apprentissage est avant tout celui d'une vie où peut primer la confiance.

Allez écouter les très bonnes émissions de France culture qui évoquent La mauvaise pente. C'est par ici !

La mauvaise pente - Chris Womersley ; trad. par Valérie Malfoy (Albin Michel, 2014, 330 p., coll. Les grandes traductions)

Posté par Mélopée à 18:25 - Littérature australienne - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

  • J'ai trouvé ce roman intéressant, mais un poil trop noir pour moi...

    Posté par keisha, 19 juin 2014 à 09:07
  • Bonjour Mélopée, je le note au cas où même si c'est très noir. Je ne connais cet écrivain. Bonne après-midi.

    Posté par dasola, 19 juin 2014 à 17:30
  • Voilà qui me tente ! Je vais écouter l'émission, histoire de me donner encore plus envie.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 22 juin 2014 à 18:07
  • S'il y a Patterson dans le film... no way pour moi. Je pense que je vais lire l'autre livre de l'auteur que tu proposes.

    Posté par Karine:), 24 juin 2014 à 16:22
  • j'ai noté hier Les affligés, justement!

    Posté par Choupynette, 23 juillet 2014 à 10:59
  • @ Keisha : Je dois bien admettre qu'à choisir c'est quand même "Les affligés" que je sortirais du lot. Mais effectivement c'est noir...

    @ Dasola : Chris Womersley est un jeune auteur avec seulement deux parutions à ce jour. Mais il est à suivre, indubitablement !

    @ Alex : Je confirme, c'est tentant !

    @ Karine : Eh bien c'est juste que j'avais vu le film à si peu d'écart de ma lecture que j'ai fait ce rapprochement. Mais je pense qu'on peut le lire sans avoir l'idée de R. P. dans l'idée du jeune personnage.

    @ Choupynette : Et tu fais bien ! Il est super ce livre !

    Posté par Mélopée, 24 juillet 2014 à 18:30

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