16 octobre 2014

[Rentrée littéraire] Les mots qu'on ne me dit pas de Véronique Poulain

Vous souhaitez vous délecter d'un récit facile à lire et drôle à vous donner envie que les pages se multiplient à l'infini ? Eh bien vous tombez bien car avec ce premier roman autobiographique, on se régale et pas qu'à petites touches.

L'auteur est la fille d'un couple de sourds-muets. Elle raconte son quotidien, de sa petite enfance jusqu'à aujourd'hui, où sa vie est peuplée de silences, de grands gestes mais aussi d'un amour qui s'exprime différemment. Élevée dans le monde des sourds par ses parents et dans le monde des entendants par ses grand-parents, elle est, en plus de ça, fille unique et a donc quelques difficultés à communiquer dans cette langue faite de contacts et de mimiques expressives et surtout avec des adultes.

D'emblée ce livre m'a rappelé le ton d'un Jean-Louis Fournier avec un enchainements d'anecdotes, de perles de la vie courante. Et je dois dire que Véronique Poulain a de la suite dans les idées et que plus d'une fois j'ai éclaté de rire devant les canulars qu'elle complote sur le dos de ses parents : le visionnage du journal télévisé avec ses parents qui la bassinent pour qu'elle retranscrive ce qui est dit et elle de raconter n'importe quoi. Ou encore la musique poussée à plein volume dans la voiture du père sourd laissé seul (mais qui ne le restera pas longtemps).

C'est un premier roman très divertissant, qui aborde un sujet sensible (le handicap dans la famille) avec beaucoup de légèreté et de bienveillance. On peut comprendre la difficulté de l'auteur à accepter la situation, à la faire comprendre à son entourage mais la conclusion de l'ouvrage nous montre que ceux sont les plus aguerris qui concrétisent le plus de projets et que la surdité pourrait au contraire être un étendard.

Je veux des parents qui parlent, qui ME parlent, qui entendent, qui M'écoutent. Et j'ai l'impression qu'ailleurs c'est mieux. [...]
Ce n'est qu'une fois partie de chez eux que j'ai pu me dire que mes parents avaient des circonstances atténuantes. Ils avaient une bonne raison de ne pas me parler. La meilleure, même.
(p. 90)

Les mots qu'on ne me dit pas - Véronique Poulain (Stock, 2014, 139 p.)

challengerl2014

9/12

Posté par Mélopée à 17:33 - Littérature française - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Un roman qui me tente de plus en plus.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 18 octobre 2014 à 09:56
  • Oooh voilà qui est bien tentant. Thématique intrigante en plus. Voilà qui n'arrange pas ma PAL mais bon, elle a l'habitude maintenant.

    Posté par A_girl_from_eart, 18 octobre 2014 à 22:19
  • Oh, ça me tente vraiment beaucoup! Je suis curieuse de voir ce qu'on a fait de ce thème.

    Posté par Karine:), 19 octobre 2014 à 04:01
  • Que de bons avis sur ce premier roman ! Noté !

    Posté par Noukette, 24 octobre 2014 à 11:31

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