02 mars 2016

Mon combat. 3, Jeune homme de Karl Ove Knausgaard

Troisième volet de l'autobiographie initiée par l'auteur (les deux premiers sont critiqués ici et ), ce livre-ci revient sur l'enfance de Knausgaard. Sachez que le cycle complet comprendra six volumes sur cinquante années de vie.
L'auteur commence Jeune homme en indiquant qu'il a peu de souvenirs de ses premières années. Les réminiscences les plus anciennes remontent à ses 6-7 ans (exactement comme moi http://emoticon.gregland.net/emoticon/Confus/Confus_22.gif) et c'est donc le point de départ de son roman.

A cette époque, c'est le début de l'école, des amitiés mais aussi d'un caractère qui s'affirme. Karl Ove est le cadet de sa fratrie (Yngve est le grand frère qui ouvre la marche) et est aussi le plus sensible. Il pleure à chaudes larmes à la moindre contrariété, est complexé par son physique (son attribut de petite taille le fait douter de sa virilité) et a beaucoup de mal à être à l'aise avec les filles. Mais le point marquant de cette période, c'est surtout sa grande crainte de son père qui règne en tyran à la maison. Lorsque le père, enseignant, est chez lui, les règles sont strictes : un silence absolu doit prévaloir et il n'est pas question d'inviter quiconque dans le huis-clos. C'en est presque oppressant car certains passages du roman montre un Karl Ove complètement tétanisé face au père impulsif et autoritaire. Heureusement que la mère fait la balance entre les deux générations !

C’est pourtant elle qui m’a sauvé. Si elle n’avait pas été là, j’aurais grandi uniquement avec papa, et alors là, d’une façon ou d’une autre, à un moment ou à un autre, j’aurais mis fin à mes jours. Mais sa présence contrebalançait la noirceur de papa. Aujourd’hui je suis en vie, et le fait que ce soit sans joie n’a rien à voir avec l’équilibre de mon enfance. Je vis, j’ai moi-même des enfants et la seule chose que j’ai vraiment essayé de réussir avec eux, c’est qu’ils n’aient pas peur de leur père.

J’ai réussi. Je le sais. (p. 337)

Tout comme les deux premiers, ce troisième volet m'a complètement embarquée. Car dans la déconstruction, Knausgaard parvient à maintenir le lecteur dans l'attente de la suite : qu'évoquera-t-elle ? Après le décès du père, la rencontre de son épouse et ses premiers pas vers l'extérieur, que lui reste-t-il pour les trois volumes à venir ?
Mais pour l'avoir conseillé à des personnes proches je peux témoigner que ces livres-ci, soit on les aime, soit on les déteste. Car l'auteur ne cherche pas à plaire et c'est particulièrement vrai lorsqu'il écrit plusieurs pages sur sa passion de la défécation. Ames non scatologiques, s'abstenir !

Après, toute enfance est relativement similaire que ce soit en Norvège ou dans tout autre pays occidental. C'est donc le volume qui, des trois, m'a le moins harnachée même si je continue à trouver en l'auteur un certain génie de la prose.

Mon combat. 3, Jeune homme / Karl Ove Knausgaard ; trad. par Marie-Pierre Fiquet (Denoël, 2016, 581 p., coll. Et d'ailleurs)

Posté par Mélopée à 16:45 - Littérature scandinave - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Pfiou, 6 tomes quand même... Quoique moi je serais curieuse de le lire sur sa passion de la défécation haha ! Enfin, cette année, c'est objectif Proust (juste 1 tome), alors, je vais essayer de ne pas m'éparpiller de trop.

    Posté par A_girl_from_eart, 04 mars 2016 à 00:50

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