07 décembre 2009

Horace de Pierre Corneille

La pièce de théâtre est inspirée du combat entre les Horaces et les Curiaces. Second succèshorace de Corneille après Le Cid, elle est une réponse aux contradicteurs du Cid. Deux personnages prennent place dans cette tragédie : Horace, originaire de Rome et Curiace, servant Albe. Ceux-ci sont sommés de se battre pour défendre leur cité. Or Camille, maitresse de Curiace est la sœur d'Horace et Sabine aimant Horace est la sœur de Curiace. C'est donc un reflet de personnalité que ces deux profils qui se font face entre haine et amour.
Ainsi, quelle que soit l'issue du combat, le drame à venir va fatalement ravager les de
ux familles.

Cette tragédie est évidemment menée de main de maître sur un rythme soutenu et pesant. Les personnages sont tous liés et s'entrainent bien malgré eux sur la pente descendante. Comme toute pièce de théâtre, et en particulier comme toutes les œuvres de Corneille, le style et les répliques sont cinglants. On assiste au spectacle impuissant et en espérant le miracle qui ne vient pas.

Un passage :

Sabine: "[...] Si je pouvais encore être toute Romaine
Et si je demandais votre triomphe aux dieux,
Au prix de tant de sang qui m'est si précieux,
Je ne suis point pour Albe, et ne suis plus pour Rome ;
Je crains pour l'une et l'autre en ce dernier effort,
Et serai du parti qu'affligera le sort.
Égale à tous les deux jusques à la victoire,
Je prendrai part aux maux sans en prendre à la gloire,
Et je garde, au milieu de tant d'âpres rigueurs,
Mes larmes aux vaincus, et ma haine aux vainqueurs."
(p. 32)

Comment noter une telle pièce? 9/10 mais je ne me sens pas trop légitime à donner une note à un Corneille !

Horace - Pierre Corneille (Larousse, 1965, 139 p.)

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06 décembre 2009

Huis clos de Jean-Paul Sartre

Huis clos : Trois personnages atterrissent en enfer qui n'est autre qu'une petite pièce où ils vont devoir cohabiter tous les trois 24 heures sur 24. Ihuis_clos_suivit_mouches_jean_paul_sartre_L_1ls vont ainsi découvrir, que passée l'excitation de la découverte et des premiers jeux de la vie en société, "l'enfer c'est les autres".
Quant aux Mouches, c'est une pièce de théâtre retraçant le mythe d'Electre.

Les deux histoires, bien que différentes, se lisent vite car le style de Sartre est agréable, il manie incroyablement bien les mots ce qui fait que ses récits sont à la fois rythmés et cadencés. De plus, la diversité des genres est bien loin d'être lassante, c'est ce qui fait la force du livre.

Huis clos :

Inès : [...] Je vous sens jusque dans mes os. Votre silence me crie dans les oreilles. Vous pouvez vous clouer la bouche, vous pouvez vous couper la langue, est-ce que vous vous empêcherez d'exister? Arrêterez-vous votre pensée? Je l'entends, elle fait tic toc, comme un réveil, et je sais que vous entendez la mienne (p. 41)

Les Mouches :

Oreste : Il ne fait pas nuit : c'est le point du jour. Nous sommes libres, Electre. Il me semble que je t'ai fait naître et que je viens de naître avec toi : je t'aime et tu m'appartiens. Hier encore j'étais seul et aujourd'hui tu m'appartiens. Le sang nous unit doublement, car nous sommes de même sang et nous avons versé le sang (p. 162)

8/10 pour moi !

Huis clos suivi de Les Mouches (Le livre de poche, 1966)

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