<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Chez M&#xe9;lop&#xe9;e</title><link>http://shereads.canalblog.com/</link><description>Des mots et des livres...</description><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 23 Feb 2012 23:51:12 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Memories of Sand de Frezzato</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/22/23587872.html</link><category>BD, mangas</category><category>amour</category><category>imagination</category><category>r&#xea;ves</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/22/23587872.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23587872/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/22/23587872.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/55/62/685678/73104434.jpg&quot; alt=&quot;72793504_p&quot; width=&quot;334&quot; height=&quot;259&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quatre nouvelles, quatre histoires sans texte, telle est la construction de cette BD mise en place dans cet ouvrage. C&apos;est un tr&#xe8;s bel album au format &#xe0; l&apos;italienne qu&apos;on feuillette avidement, compl&#xe8;tement d&#xe9;contenanc&#xe9; par les images, par les formes, par la densit&#xe9; des images. &lt;strong&gt;&lt;em&gt;La rose&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, premi&#xe8;re nouvelle, est la fleur pos&#xe9;e sur le sexe d&apos;une demoiselle, elle-m&#xea;me allong&#xe9;e sur une mini-plan&#xe8;te color&#xe9;e. Un homme vole, plane &#xe0; toute allure et plonge voire d&#xe9;gringole dans un abime doucereux. C&apos;est la fleur au loin qui lui donne des ailes, quel plus bel atterrissage que de se poser entre ses p&#xe9;tales? Cette escapade parait &#xea;tre sans fin car la terre ne fait pas blocage et que les obstacles sont minces. Il n&apos;y a que la rose qui attire l&apos;homme telle un aimant, passage oblig&#xe9; vers une autre sph&#xe8;re onirique. Rappelons qu&apos;en plus la rose est tout &#xe0; fait repr&#xe9;sentative de la fille qui est ici devenue une femme particuli&#xe8;tement voluptueuse.&lt;br /&gt;Deuxi&#xe8;me nouvelle, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;La clef&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Une montagne avec un arbre &#xe0; son sommet, dans son ombre c&apos;est un sanglier mont&#xe9; d&apos;une demoiselle qui si&#xe8;gent. La voil&#xe0; qui semble actionner un m&#xe9;canisme et dont la poitrine s&apos;ouvre pour en laisser sortir un petit homme ensommeill&#xe9;. Il sort une photo qui r&#xe9;veille des souvenirs. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises dans cette histoire &#xe0; tiroirs o&#xf9; les &#xea;tres renferment d&apos;autres &#xea;tres miniatures, bien vivants. C&apos;est en somme le jeu des poup&#xe9;es russes o&#xf9; on ne sait pas o&#xf9; s&apos;arr&#xea;te infiniment petit.&lt;br /&gt;Dans &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le parapluie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, troisi&#xe8;me nouvelle, on change de ton avec des couleurs plus sombres, plus tourment&#xe9;es. Un homme, tout de rouge v&#xea;tu, se balade sur son monocycle. Sur sa route, il rencontre une pluie de cartes puis une jeune femme qui semble attirer les trombes d&apos;eau. Ni une, ni deux, il l&apos;enl&#xe8;ve pour la d&#xe9;poser dans la verdure d&apos;une for&#xea;t inoffensive. Tout est bien qui finit bien et le parapluie peut lui &#xea;tre laiss&#xe9; au bord de la route.&lt;br /&gt;Dans la quatri&#xe8;me et derni&#xe8;re nouvelle intitul&#xe9;e &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le petit cochon&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, il y a effectivement un cochon, et pas qu&apos;un ! Que font-ils? A quoi servent-ils? Je vous laisse le d&#xe9;couvrir. Quoi qu&apos;il en soit, libert&#xe9; aux cochons !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet album m&apos;a procur&#xe9; d&apos;&#xe9;tranges sensations ! Je n&apos;ai pas pu m&apos;emp&#xea;cher d&apos;&#xea;tre extr&#xea;mement intrigu&#xe9;e voire hypnotis&#xe9;e par certains dessins o&#xf9; les personnages &#xe9;voluent torse nu, chevauchant sangliers ou cochons dans des paysages ind&#xe9;finissables. J&apos;ai trouv&#xe9; original le traitement r&#xe9;serv&#xe9; aux &#xea;tres, &#xe0; la nature. au temps et surtout &#xe0; la symbolique de l&apos;amour. Car en cherchant bien un d&#xe9;nominateur commun, vous verrez que c&apos;est l&apos;amour qui relie les r&#xe9;cits bien qu&apos;il prenne des formes vari&#xe9;es, tant&#xf4;t fr&#xf4;lant l&apos;&#xe9;rotisme, tant&#xf4;t teint&#xe9; de solitude ou de silence. Les r&#xe9;cits nous livrent des dessins se suffisant &#xe0; eux-m&#xea;mes. Le texte aurait &#xe9;t&#xe9; superflu et cela donne &#xe0; r&#xe9;fl&#xe9;chir sur l&apos;imaginaire toujours plus &#xe9;tendu gr&#xe2;ce &#xe0; la force des illustrations. Par ailleurs, la premi&#xe8;re nouvelle m&apos;a tout &#xe0; fait rappel&#xe9; le film d&apos;animation Des idiots et des anges de Bill Plympton, film o&#xf9; un homme imbus de lui-m&#xea;me se voit pousser des ailes. Et que de chevauch&#xe9;es dans la ville de nuit. (Tout comme le film) j&apos;ai beaucoup aim&#xe9; !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Merci &#xe0; &lt;a href=&quot;http://newsbook.fr/&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/21/26/685678/73104755.png&quot; alt=&quot;Logo_News_Book&quot; width=&quot;95&quot; height=&quot;25&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; et aux &#xe9;ditions &lt;a href=&quot;http://www.editionsmosquito.com/&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/45/77/685678/73104688.jpg&quot; alt=&quot;Moustique&quot; width=&quot;58&quot; height=&quot;65&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; pour l&apos;envoi de cette tr&#xe8;s belle BD !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Memories of Sand - Frezzato (Mosquito, 2012, 72 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 22 Feb 2012 18:30:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le lanceur de couteaux de Steven Millhauser</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/15/23533175.html</link><category>Litt&#xe9;rature am&#xe9;ricaine</category><category>m&#xe9;lancolie</category><category>nouvelles</category><category>r&#xea;ves</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/15/23533175.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23533175/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/15/23533175.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Actuellement j&apos;ai la main particuli&#xe8;rement heureuse dans mes lectures. Pourvu que &#xe7;a dure ! En attendant, voici un r&#xe9;cent recueil de nouvelles qui m&apos;a entrain&#xe9; vers d&apos;&#xe9;tranges contr&#xe9;es d&apos;o&#xf9; je ne suis pas tout &#xe0; fait revenue. Belle surprise !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/65/52/685678/72898600.jpg&quot; alt=&quot;001161841&quot; width=&quot;201&quot; height=&quot;295&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quelle riche id&#xe9;e qu&apos;a eu Albin Michel de traduire les douze nouvelles pr&#xe9;sentes dans ce recueil &#xe9;patant ! Car Steven Millhauser a une plume vraiment superbe, cisel&#xe9;e et tranchante qui colle &#xe0; br&#xfb;le-pourpoint au nom de l&apos;ensemble. J&apos;ai d&#xe9;couvert ici des historiettes o&#xf9; le fantastique n&apos;est jamais bien loin d&apos;une r&#xe9;alit&#xe9; qui se d&#xe9;lite dans des nimbes quasi parall&#xe8;les. Mon attention a &#xe9;t&#xe9; particuli&#xe8;rement capt&#xe9;e par la premi&#xe8;re nouvelle : &lt;span style=&quot;color: darkblue;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le lanceur de couteaux&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; o&#xf9; un public hypnotis&#xe9; assiste &#xe0; un num&#xe9;ro de magie hors du commun : les couteaux traversent la pi&#xe8;ce et se plantent formidablement, &#xe0; fleur de peau, une sorte de gr&#xe2;ce &#xe9;manant du lanceur chevronn&#xe9;. Le spectacle vire &#xe0; la fascination malsaine puisque les proies volontaires saignent parfois, le sourire aux l&#xe8;vres, h&#xe9;b&#xe9;t&#xe9;es et comme envout&#xe9;es. Que se passe-t-il? Le faste et les paillettes ne cachent-ils pas un v&#xe9;ritable cauchemar?&lt;br /&gt;J&apos;ai aussi beaucoup aim&#xe9; la deuxi&#xe8;me nouvelle o&#xf9; un jeune homme se rend au domicile d&apos;un ami d&apos;enfance l&apos;ayant convi&#xe9; &#xe0; son mariage prochain. Il est certain qu&apos;il est pr&#xe9;f&#xe9;rable de faire connaissance avec l&apos;heureuse &#xe9;lue avant les r&#xe9;jouissances. &lt;br /&gt;Sauf qu&apos;arriv&#xe9; &#xe0; destination, il s&apos;av&#xe8;re que le fianc&#xe9; compte s&apos;unir &#xe0;... une grenouille. Essaie-t-on de berner notre narrateur? Celui-ci feint l&apos;indiff&#xe9;rence ou du moins ne montre pas qu&apos;il est compl&#xe8;tement perplexe par la situation.&lt;br /&gt;Int&#xe9;rieurement il se questionne, le prend-on pour un sot? Son ami veut-il le mettre &#xe0; l&apos;&#xe9;preuve? En s&apos;impliquant dans ce jeu de dupes, il pense &#xea;tre &#xe0; la hauteur de son compagnon qui pourrait d&apos;un instant &#xe0; l&apos;autre r&#xe9;v&#xe9;ler la supercherie. C&apos;est au premier qui craquera en somme. Sauf que... &lt;img src=&quot;http://illiweb.com/fa/i/smiles/icon_wink.gif&quot; alt=&quot;Wink&quot; longdesc=&quot;20&quot; /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me dois de vous parler d&apos;une autre nouvelle qui m&apos;a particuli&#xe8;rement captiv&#xe9;e. &lt;span style=&quot;color: darkblue;&quot;&gt;&lt;em&gt;Paradise Park&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, c&apos;est son nom et pourtant le parc qu&apos;elle d&#xe9;crit est loin d&apos;&#xea;tre exempt de tout d&#xe9;faut. Son propri&#xe9;taire, Danziker, a de nombreuses id&#xe9;es d&apos;attractions toutes plus folles les unes que les autres. Pour donner libre cours &#xe0; son imagination, il am&#xe9;nage un second parc en sous-sol o&#xf9; les man&#xe8;ges seront toujours plus impressionnants et les univers toujours plus d&#xe9;velopp&#xe9;s, peupl&#xe9;s de cr&#xe9;atures fantastiques et de recoins intrigants. Peu &#xe0; peu les parcs se multiplient, sur diff&#xe9;rents niveaux, et les recettes ne font pourtant pas un bond ph&#xe9;nom&#xe9;nal, bien au contraire. C&apos;est que certains endroits sont plut&#xf4;t malfam&#xe9;s car des petites frappes y ont fait leurs quartiers. &lt;br /&gt;J&apos;ai aim&#xe9; dans cette nouvelle le d&#xe9;but, o&#xf9; le parc para&#xee;t rayonnant et o&#xf9; son directeur, plein d&apos;ambition, met du cœur &#xe0; l&apos;ouvrage. Puis la d&#xe9;gringolade de r&#xe9;putation, malgr&#xe9; les inventions toujours plus impr&#xe9;visibles, m&apos;a quelque part &#xe9;t&#xe9; un peu jubilatoire. On imagine le tenancier s&apos;enfoncer dans son projet de parc ahurissant car il voit les choses en trop grand. Son entreprise souterraine est ce qui a l&apos;air de lui tenir le plus &#xe0; cœur m&#xea;me si c&apos;est ce qui rencontre le moins de public (il creuse son trou, et c&apos;est le cas de le dire !). La fin est quant &#xe0; elle remarquable puisqu&apos;elle est comme un bouquet final grandiloquent. Le feu d&apos;artifice, on se le figure parfaitement &#xe0; la lecture des derni&#xe8;res lignes o&#xf9; le parc est illumin&#xe9; d&apos;une aura particuli&#xe8;re.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En conclusion, m&#xea;me si je n&apos;ai &#xe9;voqu&#xe9; que trois nouvelles, toutes sont d&#xe9;licieusement oniriques, fantastiques et bien &#xe9;crites. Il y en a pour tous les go&#xfb;ts : des sorties nocturnes myst&#xe9;rieuses, un mari vengeur, des tapis volants, des automates, un vol en ballon... Le m&#xe9;lange h&#xe9;t&#xe9;roclite nous entraine dans de nombreuses directions et nous suivons ce conteur de talent qu&apos;est Steven Millhauser avec un enthousiasme grandissant.&lt;br /&gt;Il est dur de dresser une critique d&apos;un patchwork de nouvelles, quoi qu&apos;il en soit c&apos;est une v&#xe9;ritable r&#xe9;ussite qui s&#xe9;duira de nombreux lecteurs adeptes de r&#xea;ves et d&apos;&#xe9;vasion.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;Un simple mot pour conclure? Merci ! &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/31/24/685678/72898548.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/31/24/685678/72898548_p.gif&quot; alt=&quot;content&quot; width=&quot;15&quot; height=&quot;15&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mes copinautes de lien : &lt;a href=&quot;http://fibromaman.blogspot.com/2012/02/steven-millhauseur-le-lanceur-de.html&quot;&gt;Clara&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://lyvres.over-blog.com/article-le-lanceur-de-couteaux-97446749.html&quot;&gt;Yv&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.readingintherain.com/2012/02/le-lanceur-de-couteaux-s-millhauser/&quot;&gt;Nina&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Le lanceur de couteaux - Steven Millhauser (Albin Michel, 2012, 304 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 15 Feb 2012 22:48:20 GMT</pubDate></item><item><title>Le fils de Michel Rostain</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/10/23490724.html</link><category>Litt&#xe9;rature fran&#xe7;aise</category><category>famille</category><category>filiation</category><category>maladie</category><category>mort</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/10/23490724.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23490724/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/10/23490724.html</guid><description>&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Bien le bonsoir tout le monde et bon week-end ! Que je vous raconte le pourquoi de ce livre... Je cherchais &lt;em&gt;Nos &#xe9;toiles ont fil&#xe9;&lt;/em&gt; d&apos;Anne-Marie Revol (qui &#xe9;tait emprunt&#xe9;) et suis tomb&#xe9;, &#xe0; la m&#xea;me cote, sur ce livre-ci dont je n&apos;avais jamais entendu parler. Et pourtant mon ami GR avait m&#xe9;moris&#xe9; quelques billets : &lt;a href=&quot;http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2011/03/29/20738278.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Aproposdelivres&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/06/04/21308923.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Lili Galipette&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://liratouva2.blogspot.com/2011/06/le-fils-michel-rostain-recit-goncourt.html?utm_source=feedburner&amp;amp;utm_medium=feed&amp;amp;utm_campaign=Feed%3A+Liratouva2+%28Liratouva2%29&amp;amp;utm_content=Google+Reader&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Mango&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Attention, sujet sensible !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/75/92/685678/72726646.jpg&quot; alt=&quot;9782361070175&quot; width=&quot;158&quot; height=&quot;256&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;L&apos;auteur dresse dans ce premier livre un &#xe9;pisode douloureux de sa vie qui l&apos;a touch&#xe9; de pr&#xe8;s, en tant que p&#xe8;re, puisqu&apos;il a perdu son fils d&apos;une m&#xe9;ningite foudroyante. L&#xe0; o&#xf9; les jours passaient dans un trio familial harmonieux o&#xf9; parents et enfant communiquaient bien, s&apos;est install&#xe9;e une absence, un manque qui touche famille mais aussi amis et proches. En quelques heures, les sympt&#xf4;mes ont laiss&#xe9; place &#xe0; un jeune homme, nomm&#xe9; &quot;Lion&quot; dans le texte, inerte et avec de grandes t&#xe2;ches noir&#xe2;tres sur tout le corps synonymes de maladie fatale. C&apos;est qu&apos;il &#xe9;tait pourtant plein de projets et multipliait les activit&#xe9;s, ce jeune homme de 18 ans. Qu&apos;est-ce qui pouvait laisser pr&#xe9;sager qu&apos;il serait emport&#xe9; si rapidement? Rien &#xe0; vrai dire et c&apos;est ce qui est d&apos;autant plus frustrant !&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;Je tiens avant toute chose &#xe0; pr&#xe9;ciser qu&apos;il n&apos;y a pas de pathos dans ce r&#xe9;cit. Ce serait pourtant bien facile de s&apos;apitoyer sur la situation, de larmoyer sur cet &#xe9;v&#xe9;nement tragique avec force d&#xe9;tails sordides ou tout du moins intimes. Mais le p&#xe8;re parle avec beaucoup d&apos;amour de ce rejeton qui a occup&#xe9; une place immense dans sa vie (c&apos;&#xe9;tait un fils unique, brillant et bien dans sa peau) avant de partir brusquement alors que la veille les discussions allaient bon train et qu&apos;ils s&apos;&#xe9;taient m&#xea;me autoris&#xe9;s derni&#xe8;rement une sortie au th&#xe9;&#xe2;tre ensemble, joyeuset&#xe9; appr&#xe9;ci&#xe9;e par tous. Les mots de ce p&#xe8;re m&apos;ont touch&#xe9; au m&#xea;me titre que ses &#xe9;motions retranscrites avec une sorte de pudeur, que toutes les &#xe9;tapes de son deuil : l&apos;annonce, l&apos;enterrement, le retour &#xe0; un quotidien beaucoup trop morne avec cette prise de conscience de l&apos;innommable. J&apos;ai particuli&#xe8;rement appr&#xe9;ci&#xe9; la fin de l&apos;histoire, presque l&#xe9;g&#xe8;re et teint&#xe9;e d&apos;espoir. Elle m&apos;a donn&#xe9; du peps et j&apos;ai trouv&#xe9; qu&apos;elle faisait un joli pied de nez au destin.&lt;br /&gt;Bon, je ne vais pas le nier, les lignes suivantes et quelques autres m&apos;ont quand m&#xea;me tir&#xe9; des larmes. Mais c&apos;&#xe9;tait &quot;pour la bonne cause&quot; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;Quand on demandait &#xe0; papa quel &#xe9;tait son signe astral, il ricanait. Il disait qu&apos;il se foutait &#xe9;perdument de conna&#xee;tre son signe du zodiaque, et encore plus son ascendant. Il ajoutait qu&apos;il ne savait qu&apos;une chose, le nom de son descendant : &quot;Lion&quot;, moi. Aujourd&apos;hui o&#xf9; je viens de mourir, papa n&apos;a plus rien, ni ascendant ni descendant.&lt;/span&gt; (p. 13)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Michel Rostain a obtenu le prix Goncourt du premier roman pour cet ouvrage. Et je confirme, c&apos;est un livre poignant qui m&#xe9;rite tout &#xe0; fait d&apos;&#xea;tre remarqu&#xe9; ! Il ne s&apos;agit pas seulement d&apos;une r&#xe9;alit&#xe9; (qu&apos;on pr&#xe9;f&#xe8;rerait &#xe9;loigner le plus possible), c&apos;est aussi un bel hymne &#xe0; la vie et &#xe0; la famille !&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Le fils - Michel Rostain (Oh &#xe9;ditions, 2011, 174 p.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><pubDate>Fri, 10 Feb 2012 20:06:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le canyon de Benjamin Percy</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/05/23446962.html</link><category>Litt&#xe9;rature am&#xe9;ricaine</category><category>animaux</category><category>d&#xe9;paysement</category><category>famille</category><category>nature</category><category>suspense</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/05/23446962.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23446962/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/05/23446962.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Par ce week-end de grand froid, j&apos;avais besoin de me r&#xe9;fugier dans un livre puissant, &#xe0; la narration intense et pleine de p&#xe9;rip&#xe9;ties. C&apos;est chose faite avec ce tout r&#xe9;cent ouvrage, &lt;em&gt;Le canyon&lt;/em&gt;, qui d&#xe9;ferle sur les blogs et remporte d&#xe9;j&#xe0; des &#xe9;chos tr&#xe8;s positifs. Quant &#xe0; moi, je suis emball&#xe9;e, ni plus ni moins !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/06/48/685678/72558854.jpg&quot; alt=&quot;LE_CANYON&quot; width=&quot;204&quot; height=&quot;298&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La famille Caves a un rituel : aller chasser &#xe0; Echo Canyon, dans l&apos;Oregon. De p&#xe8;re en fils, c&apos;est une transmission que celle de partir un week-end entre hommes, isol&#xe9;s au milieu de nulle part. Cette ann&#xe9;e les choses changent puisqu&apos;un projet immobilier menace de de d&#xe9;naturer ce lieu pr&#xe9;serv&#xe9;. Chez les Caves, Paul (le grand-p&#xe8;re) est d&apos;avis de remettre &#xe7;a : partir une fois de plus avec son fils, Justin mais aussi avec son petit-fils, Graham pour qui c&apos;est une premi&#xe8;re. Trois g&#xe9;n&#xe9;rations devraient donc aller de concert pour ce week-end de chasse qui s&apos;annonce rude, dans une nature hostile, o&#xf9; la for&#xea;t se fait mena&#xe7;ante et o&#xf9; un danger imperceptible&amp;nbsp; plane. D&apos;un autre point de vue, se place Karen (la femme de Justin) qui reste &#xe0; la maison en ayant formul&#xe9; une seule requ&#xea;te : que Graham revienne sain et sauf. N&apos;est-elle pas un peu autoritaire voire tyrannique, cette m&#xe8;re qui ne s&apos;aventure pas hors de la chaleur du foyer? Quoi qu&apos;il en soit, elle poursuit confortablement sa vie, laissant les hommes &#xe0; leurs affaires de famille mais ayant toujours voix au chapitre tout au long de la narration.&lt;br /&gt;Pour donner encore plus de piment &#xe0; l&apos;histoire, vient s&apos;ajouter un jeune soldat, Brian, qui est de retour d&apos;Irak et dont les souvenirs le hantent en permanence. Sa reconstruction est longue et difficile d&apos;autant qu&apos;il se sent seul et handicap&#xe9;. Quel est le lien entre eux deux? Que vient-il faire &#xe0; proximit&#xe9;? C&apos;est ce qu&apos;il vous est donn&#xe9; de d&#xe9;couvrir dans cette histoire palpitante o&#xf9; la chaleur du feu cr&#xe9;pitant vient vous bercer tout au long des pages mais o&#xf9; le danger omnipr&#xe9;sent vous fait tourner les pages f&#xe9;brilement, soup&#xe7;onneux quant au tour que prendront les &#xe9;v&#xe9;nements. Mais c&apos;est le paysage et ses acteurs qui rendent la narration intense et &#xe0; couper le souffle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;Paul se frotte la t&#xea;te et la barbe avec la serviette avant de la jeter sur un rondin pr&#xe8;s du feu. &quot;Quelque chose est venu r&#xf4;der tout pr&#xe8;s cette nuit. Pas vrai, Boo?&quot; Il s&apos;accroupit &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; du chien, lui serre le cou et l&apos;embrasse sur le museau. &quot;Qu&apos;est-ce que tu sens, Boo Boo? Un raton laveur? Un opossum? Le grand m&#xe9;chant loup?&quot; &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;(p. 164)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La quatri&#xe8;me de couverture m&apos;a tout de suite fait penser aux romans de David Vann. Ayant beaucoup appr&#xe9;ci&#xe9; les deux, je ne pouvais que m&apos;y retrouver dans cette histoire o&#xf9; la bravoure c&#xf4;toie la peur et o&#xf9; les &#xe9;l&#xe9;ments naturels parfois d&#xe9;passent de loin la simple exp&#xe9;rience humaine. Oserai-je le dire que j&apos;ai pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; le tout r&#xe9;cent Percy aux deux raz-de-mar&#xe9;e Vann? J&apos;ai trouv&#xe9; l&apos;histoire &#xe9;toff&#xe9;e d&apos;une dimension contemporaine avec le sujet de la guerre qui transparait en filigrane dans le r&#xe9;cit de Brian. J&apos;ai &#xe9;galement appris beaucoup &#xe0; la vie animale et notamment sur les ours et les serpents gr&#xe2;ce aux remarques des trois hommes, testant leurs connaissances les uns les autres. C&apos;&#xe9;tait tr&#xe8;s plaisant de les voir s&apos;affronter dans un bras de fer mais aussi de voir leurs peurs, leurs failles qui se r&#xe9;v&#xe8;lent l&#xe0; o&#xf9; le vernis social n&apos;est plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grand roman que j&apos;ai d&#xe9;-vo-r&#xe9; ! La collection &quot;Terres d&apos;Am&#xe9;rique&quot; de chez Albin Michel rec&#xe8;le de bien agr&#xe9;ables trouvailles ! Pas de doute, dans ce cas pr&#xe9;cis, foncez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des avis enthousiastes ont commenc&#xe9; &#xe0; fleurir comme chez &lt;a href=&quot;http://fibromaman.blogspot.com/2012/02/benjamin-percy-le-canyon.html&quot;&gt;Clara&lt;/a&gt; et plus nuanc&#xe9;s chez &lt;a href=&quot;http://www.cuneipage.com/archive/2012/02/04/l-idee-qu-il-se-fait-d-un-bon-moment-c-est-aller-voir-le-pri.html&quot;&gt;Cun&#xe9;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://lyvres.over-blog.com/article-le-canyon-96698703.html&quot;&gt;Yv&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Le canyon - Benjamin Percy (Albin Michel, 2012, 349 p., collection Terres d&apos;Am&#xe9;rique)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 05 Feb 2012 17:10:00 GMT</pubDate></item><item><title>Monkey Grip d&apos;Helen Garner</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/30/23378405.html</link><category>Litt&#xe9;rature australienne</category><category>amour</category><category>drogue</category><category>d&#xe9;pendance</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/30/23378405.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23378405/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/30/23378405.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Je suis un peu comme &#xe7;a moi, d&#xe8;s que j&apos;ai aim&#xe9; un livre d&apos;un auteur, je garde le nom de celui-ci en t&#xea;te pour ensuite &#xe9;grener son œuvre. Dans le cas pr&#xe9;sent, Helen Garner n&apos;a publi&#xe9; que deux romans traduits en fran&#xe7;ais, je suis donc arriv&#xe9;e au bout de mes possibilit&#xe9;s (la lire en anglais, &#xe7;a me parait d&#xe9;cid&#xe9;ment bien compliqu&#xe9;). Rappelez-vous, j&apos;avais beaucoup aim&#xe9; &lt;a href=&quot;http://shereads.canalblog.com/archives/2010/05/17/17925497.html&quot;&gt;La chambre d&apos;amie&lt;/a&gt; qui avait frol&#xe9; le coup de coeur ! &lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/45/685678/72381962.gif&quot; alt=&quot;8&quot; width=&quot;18&quot; height=&quot;18&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/36/68/685678/72381823.jpg&quot; alt=&quot;R150053957&quot; width=&quot;193&quot; height=&quot;314&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout d&apos;abord, que veut dire &quot;monkey grip&quot;? La quatri&#xe8;me de couverture nous indique que cela d&#xe9;signe &quot;l&apos;accoutumance, l&apos;impossibilit&#xe9; de rompre&quot; et c&apos;est bel et bien de cela qu&apos;il s&apos;agit puisque la narratrice, Nora, s&apos;est entich&#xe9;e de Javo, un acteur junkie. Pour situer l&apos;histoire, nous sommes &#xe0; Melbourne en plein dans les ann&#xe9;es 70 qui apparaissent comme une p&#xe9;riode o&#xf9; r&#xe8;gne le peace attitude. Car les deux personnages vivent plus en moins ensemble mais aussi avec d&apos;autres gens dans une maison tr&#xe8;s ouverte o&#xf9; cohabitent enfants, &#xe9;tudiants, musiciens et m&#xea;me drogu&#xe9;s. Aussi incroyable que cela puisse para&#xee;tre, la notion de maison se con&#xe7;oit avec les amis dans une intimit&#xe9; troublante o&#xf9; chacun va et vient &#xe0; sa guise. J&apos;ai d&apos;abord &#xe9;t&#xe9; tr&#xe8;s surprise de voir tous ces pr&#xe9;noms d&#xe9;filant comme s&apos;ils &#xe9;taient familiers sans qu&apos;une stabilit&#xe9; ne s&apos;instaure. Nora a une fille, Gracie, mais elle a aussi des amis &#xe0; qui elle consacre le plus clair de son temps en dehors de son travail de professeur.&lt;br /&gt;Javo quant &#xe0; lui est un acteur accro &#xe0; la drogue dont les sautes d&apos;humeur, les tergiversations et autres magouilles peuvent en &#xe9;loigner plus d&apos;un. Ce n&apos;est pas le cas de Nora qui s&apos;accroche &#xe0; cet homme au regard bleu azur. Son espoir est de faire durer cette histoire qui pourtant n&apos;&#xe9;tait pas partie pour durer. Comment se fait-il que ces deux-l&#xe0; se cherchent? Se peut-il qu&apos;ils trouvent, dans la r&#xe9;union de leurs deux solitudes, une r&#xe9;ponse &#xe0; leur existence d&#xe9;nu&#xe9;e d&apos;amour? L&#xe0; o&#xf9; Nora se cramponne &#xe0; l&apos;image de Javo, lui est quant &#xe0; lui fusionnel &#xe0; la drague et c&apos;est une partie de &quot;suis-moi, je te fuirai, fuis-moi, je te suivrai&quot; qui commence. Au fil de la narration, se d&#xe9;veloppent des sentiments tr&#xe8;s forts mais aussi des rancœurs, des jalousies, des d&#xe9;clarations d&apos;amour mais aussi des preuves qu&apos;il existe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai retrouv&#xe9; avec plaisir la plume tr&#xe8;s addictive d&apos;Helen Garner. L&#xe0; o&#xf9; les deux protagonistes sont camp&#xe9;s dans leurs addictions respectives, moi j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; captiv&#xe9;e par ce huis-clos o&#xf9; les personnages d&#xe9;filent mais o&#xf9; seuls deux nous tiennent en haleine. Certes ils ne gravissent pas l&apos;Himalaya, certes leur vie pourrait &#xea;tre la v&#xf4;tre ou la mienne mais c&apos;est dans cette simplicit&#xe9; de la trame (qui n&apos;a pas connu d&apos;id&#xe9;es fixes?) qu&apos;on se retrouve avec un page-turner, en empathie avec l&apos;un puis avec l&apos;autre. Melbourne nous parait proche, ce toit o&#xf9; tout le monde d&#xe9;file, squatte puis continue son petit bonhomme de chemin, nous laisse entrevoir un panorama d&apos;une jeunesse qui se cherche. Quel plus bel id&#xe9;al que celui de vivre heureux&amp;nbsp; et en harmonie avec ses semblables? Eux en font l&apos;exp&#xe9;rience et d&#xe9;veloppent des liens forts, des amiti&#xe9;s durables, des relations qui de prime abord auraient sembl&#xe9; improbables. Cela devrait en inspirer quelques uns !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-&#xea;tre un passage du livre pour conclure :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;La l&#xe9;thargie peu &#xe0; peu s&apos;est abattue sur moi &#xe0; la fa&#xe7;on dont Javo d&#xe9;crivait l&apos;effet de la came : du plomb fondu d&#xe9;vers&#xe9; dans les veine. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;(p. 190)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voil&#xe0; un livre o&#xf9; euphorie et spleen se disputent la vedette. Et c&apos;est on ne peut plus r&#xe9;ussi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, petit apart&#xe9;, ce livre a &#xe9;t&#xe9; adapt&#xe9; au cin&#xe9;ma en 1982. Je serais ravie d&apos;en voir l&apos;adaptation !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Monkey Grip - Helen Garner (Des femmes, 1987, 361 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 30 Jan 2012 21:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>Take shelter de Jeff Nichols</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/27/23350225.html</link><category>Cin&#xe9;ma</category><category>angoisse</category><category>Apocalypse</category><category>famille</category><category>monde</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/27/23350225.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23350225/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/27/23350225.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #339966;&quot;&gt;Une fois n&apos;est pas coutume, j&apos;ai envie de vous parler aujourd&apos;hui d&apos;un film qui m&apos;a beaucoup touch&#xe9;. Il ne passe pourtant pas dans les grandes salles et m&#xe9;riterait plus de suffrages. Il a par ailleurs remport&#xe9; lle Grand Prix de la semaine internationale de la critique du festival de Cannes ainsi que le Grand Prix du festival de Deauville. Quoi de plus engageant pour s&apos;aventurer dans les salles obscures?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;margin: auto; text-align: center; width: 100%;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: darkblue; font-size: 12pt;&quot;&gt;Take shelter de Jeff Nichols&lt;br /&gt;(sortie le 4 janvier 2012)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin: auto; text-align: center; width: 100%;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://i48.servimg.com/u/f48/13/98/54/36/take-s10.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Curtis LaForche est un am&#xe9;ricain ordinaire vivant avec sa femme et sa petite fille, Hannah, sourde-muette. Un jour des cauchemars l&apos;emp&#xea;chent de dormir : des visions de temp&#xea;te l&apos;assaillent sans arr&#xea;t. Ces mauvais r&#xea;ves se r&#xe9;p&#xe8;tent et fragilisent Curtis qui est hant&#xe9; nuit et jour par ces images. Et si l&apos;Apocalypse se pr&#xe9;parait avec pour commencement des temp&#xea;tes surgissant de nulle part? C&apos;est que Curtis s&apos;en rend malade et projette m&#xea;me de r&#xe9;habiliter l&apos;abri anti-temp&#xea;te qui &#xe9;tait &#xe0; l&apos;abandon dans le jardin. Dans sa folie naissante, il entraine sa famille (sa femme le voit changer de comportement, devenir anxieux, insomniaque et irritable). Son m&#xe9;tier d&apos;ouvrier en p&#xe2;tit &#xe9;videmment puisqu&apos;il ne peut plus assurer ses chantiers, il pr&#xea;te bien trop attention aux ph&#xe9;nom&#xe8;nes climatiques, aux oiseaux dans le ciel (n&#xe9;cessairement de mauvais augure). Ses cauchemars sont de plus en plus effrayants et impliquent tout son entourage : son coll&#xe8;gue de travail dont il est pourtant tr&#xe8;s proche, sa femme et, bien s&#xfb;r, sa fille. Le monde est hostile autour de lui et la tension monte d&apos;un cran lorsqu&apos;il s&apos;agit de prendre son mal &#xe0; bras-le-corps. C&apos;est qu&apos;il y a des ant&#xe9;c&#xe9;dents dans sa famille puisque sa m&#xe8;re, schizophr&#xe8;ne, a &#xe9;t&#xe9; intern&#xe9;e d&#xe8;s l&apos;&#xe2;ge de 30 ans dans une r&#xe9;sidence m&#xe9;dicalis&#xe9;e. Et si Curtis prenait le m&#xea;me chemin? Et s&apos;il devenait compl&#xe8;tement fou?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant tout le film, les visions sont trait&#xe9;es comme les images r&#xe9;elles et il est difficile de faire la distinction entre les deux mondes. C&apos;est justement dans cette ambigu&#xef;t&#xe9; cultiv&#xe9;e qu&apos;on se dit que la r&#xe9;alit&#xe9; d&#xe9;coule du r&#xea;ve et inversement. Tout est &#xe9;trangement imbriqu&#xe9; et fascinant ! Les images qui peuplent ses cauchemars sont volontiers angoissantes mais elles n&apos;en sont pas moins d&apos;une beaut&#xe9; macabre. Que dire du nuage d&apos;oiseaux (corbeaux?) qui vole au-dessus de sa t&#xea;te? C&apos;est beau et &#xe9;trange car la trajectoire n&apos;est pas naturelle et traduit une sorte d&apos;affolement et de danger environnant. &lt;br /&gt;J&apos;ai trouv&#xe9; l&apos;esth&#xe9;tique du film et la finesse du sc&#xe9;nario implacables. On est embarqu&#xe9; dans la trame et on tremble des cauchemars qui se multiplient, de ce pauvre homme qui ne sait plus quelles sont les fronti&#xe8;res de son hallucination.&lt;br /&gt;Quant &#xe0; la fin, c&apos;est juste une merveille ! Elle peut-&#xea;tre sujette &#xe0; diverses interpr&#xe9;tations. Je l&apos;avais comprise d&apos;une mani&#xe8;re, mon copain d&apos;une autre et toutes deux restent plausibles. On quitte ce film charm&#xe9; et un peu subjugu&#xe9; du traitement fait &#xe0; l&apos;histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #339966;&quot;&gt;Un film &#xe0; distinguer tr&#xe8;s nettement des productions actuelles et qui donne &#xe0; r&#xe9;fl&#xe9;chir sur son avenir, ses peurs et le tour que prend la plan&#xe8;te !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 27 Jan 2012 14:12:21 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;esp&#xe8;ce fabulatrice de Nancy Huston</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/21/23302069.html</link><category>Litt&#xe9;rature canadienne</category><category>culture</category><category>hommes</category><category>mots</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/21/23302069.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23302069/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/21/23302069.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000080;&quot;&gt;Non, non, non, la semaine n&apos;est pas finie et pour cause, j&apos;ai encore quelques petits Huston &#xe0; vous communiquer. Le dernier en date m&apos;a &#xe9;t&#xe9; extr&#xe8;mement ardu &#xe0; critiquer. Et pourtant c&apos;est un essai qui pourrait en harponner plus d&apos;un... il s&apos;agit de &lt;em&gt;L&apos;esp&#xe8;ce fabulatrice&lt;/em&gt; !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/41/51/685678/72099623.jpg&quot; alt=&quot;9782742775408&quot; width=&quot;165&quot; height=&quot;314&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourquoi ai-je choisi un essai de Nancy Huston plut&#xf4;t que ses narrations qui elles, me font r&#xea;ver? C&apos;est qu&apos;ici il est question de livres, de l&apos;Homme et de l&apos;imagination, trois sujets qui m&apos;intriguent et sur lesquels j&apos;aime bien lire. Connaissant la plume affut&#xe9;e de l&apos;auteur, je me doutais que j&apos;allais trouver du plaisir &#xe0; ses bons mots. Et &#xe7;a ne manque pas car le r&#xe9;cit est ponctu&#xe9; d&apos;anecdotes culturelles qui le rendent dynamique et empreint d&apos;un int&#xe9;r&#xea;t certain. Je tiens &#xe0; le redire, il m&apos;est extr&#xea;mement difficile de faire une critique de cet essai car il flirte avec des questions philosophiques et des abstractions dont je n&apos;arriverai pas &#xe0; dessiner les contours. Par exemple, que sont ces arch&#xe9;-textes que Nancy Huston &#xe9;voque &#xe0; tour de bras comme les ciments d&apos;une croyance &#xe0; laquelle chaque peuple se r&#xe9;f&#xe8;re? Pour moi, simple lectrice, cela me parait immens&#xe9;ment n&#xe9;buleux...&lt;br /&gt;L&apos;auteur ponctue son discours avec des comparaisons tr&#xe8;s pertinentes sur les bonobos ou autres chimpanz&#xe9;s et nous-m&#xea;mes, modestes humains. Au contraire de l&apos;esp&#xe8;ce animale qui vit, se nourrit et meurt sans s&apos;encombrer d&apos;une imagination fertile, l&apos;Homme lui est capable, et m&#xea;me, enclin &#xe0; fabuler, &#xe0; tergiverser et &#xe0; s&apos;&#xe9;lever des contraintes uniquement mat&#xe9;rielles. En cela, rien qu&apos;en &#xe9;crivant, l&apos;Homme invente et se complait dans des contes et des mythes qui l&apos;&#xe9;loignent d&apos;une r&#xe9;alit&#xe9; o&#xf9; le cycle de vie et de mort est pourtant inexorable. La recherche du sens est une qu&#xea;te qui lui est propre car les animaux eux n&apos;agissent pas avec raison.&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;Tant dans son &#xe9;mergence historique que dans sa consommation courante, le roman est ins&#xe9;parable de l&apos;individu. Il est intrins&#xe8;quement civilisateur.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; (p. 179)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet essai nous interroge sur la lecture, sur notre besoin de lire. Quel est son impact sur nos vies? Y a-t-il un effet de miroir sur notre vie de tous les jours? En quoi un texte peut-il bouleverser nos croyances et fondements?&lt;br /&gt;En somme, Nancy Huston formule des pistes qui nous donnent envie d&apos;aller toujours plus loin dans l&apos;analyse de nos raisonnements. Ce qui touche aux livres et aux mots est pour moi une gageure qui en concernera plus d&apos;un. Je vous souhaite d&apos;y trouver vous aussi mati&#xe8;re &#xe0; r&#xe9;fl&#xe9;chir. Pour ma part, j&apos;y ai trouv&#xe9; grandes id&#xe9;es et petits clins-d&apos;oeil. Saviez-vous, ainsi, qu&apos;un Am&#xe9;ricain sur deux lit un livre ou moins par an (c&apos;est aussi consign&#xe9; dans le livre)? C&apos;est tout bonnement navrant ! Alors lisez mes amis... et pas que du Nancy Huston &lt;img src=&quot;http://illiweb.com/fa/i/smiles/icon_wink.gif&quot; alt=&quot;Wink&quot; longdesc=&quot;20&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;L&apos;esp&#xe8;ce fabulatrice - Nancy Huston (Actes Sud/L&#xe9;m&#xe9;ac, 2008, 197 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 21 Jan 2012 21:19:00 GMT</pubDate></item><item><title>Nord perdu suivi de Douze France de Nancy Huston</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/20/23268819.html</link><category>Litt&#xe9;rature canadienne</category><category>culture</category><category>expatriation</category><category>langue</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/20/23268819.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23268819/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/20/23268819.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Eh oui, je suis encore l&#xe0; &#xe0; vous vanter Nancy Huston. Et c&apos;est avec un texte diam&#xe9;tralement dif&#xe9;rent de mes pr&#xe9;c&#xe9;dentes lectures, que j&apos;aborde aujourd&apos;hui. J&apos;esp&#xe8;re qu&apos;il vous charmera autant que moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/18/38/685678/71974619.jpg&quot; alt=&quot;805_nordperdu&quot; width=&quot;141&quot; height=&quot;269&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce livre est sans doute le plus autobiographique qu&apos;il m&apos;ait &#xe9;t&#xe9; donn&#xe9; de lire de Nancy Huston. Avec ses mots toujours justement pes&#xe9;s, elle donne corps &#xe0; un aspect de sa vie qui l&apos;a profond&#xe9;ment marqu&#xe9;e. En effet, &#xe0; peine majeure, elle a d&#xe9;cid&#xe9; de partir faire ses &#xe9;tudes &#xe0; Paris. Par la suite elle est rest&#xe9;e en France et y r&#xe9;side d&apos;ailleurs toujours actuellement. C&apos;est son exp&#xe9;rience d&apos;expatri&#xe9;e, de toute jeune d&#xe9;barqu&#xe9;e en territoire fran&#xe7;ais, dont elle nous fait part. Et en la mati&#xe8;re, elle en a &#xe0; raconter car Nancy Huston est une baroudeuse &#xe0; qui on ne la fait pas : elle a d&#xe9;j&#xe0; beaucoup boug&#xe9; notamment en Allemagne, quand elle &#xe9;tait enfant, avec son p&#xe8;re et sa belle-m&#xe8;re et est donc quelque part investie par ses voyages. Mais c&apos;est la France qui l&apos;attire, la gagne et lui donne envie de s&apos;enraciner. L&apos;int&#xe9;r&#xea;t de ce livre r&#xe9;side particuli&#xe8;rement dans son ressenti du fran&#xe7;ais comme langue &#xe9;trang&#xe8;re, langue &#xe0; apprivoiser et qui est moins ais&#xe9;e que son anglais maternel. On peut d&apos;ailleurs relever qu&apos;elle prend bien plus de plaisir &#xe0; jurer en fran&#xe7;ais qu&apos;en anglais (comme si elle ne poss&#xe9;dait pas compl&#xe8;tement tous les sens de son vocable).&lt;br /&gt;J&apos;ai aim&#xe9; la mani&#xe8;re dont Nancy Huston &#xe9;voque son exp&#xe9;rience car on sent l&apos;appr&#xe9;hension qui a d&#xfb; l&apos;habiter &#xe0; son arriv&#xe9;e. tout comme sa volont&#xe9; de bien faire et d&apos;&#xea;tre comme tout le monde. Mais rien n&apos;est gagn&#xe9; comme en t&#xe9;moigne la premi&#xe8;re conversation t&#xe9;l&#xe9;phonique, &#xe0; son arriv&#xe9;e &#xe0; Paris, qui la d&#xe9;contenance compl&#xe8;tement (pour les mots exacts, je vous laisse lire le passage que je n&apos;ai pas relev&#xe9;). J&apos;ai retenu, par contre, toute sa volont&#xe9; de s&apos;int&#xe9;grer (famili&#xe8;rement, on pourrait dire qu&apos;elle a la niak), son besoin de communiquer, sa curiosit&#xe9; vis-&#xe0;-vis de notre langue (et c&apos;est qu&apos;elle en a emmagasin&#xe9; du vocabulaire, bien plus que certains)... &lt;br /&gt;M&#xea;me si, comme le titre l&apos;indique, Nancy Huston dit avoir perdu le Nord en arrivant parmi nous, elle n&apos;en est pas moins tr&#xe8;s lucide sur son besoin d&apos;apprendre et c&apos;est avec un r&#xe9;el plaisir qu&apos;on la voit confronter deux idiomes : le fran&#xe7;ais et l&apos;anglais. Le texte est parsem&#xe9; de r&#xe9;flexions dont on se nourrit avidement. Quant &#xe0; moi, j&apos;ai trouv&#xe9; le passage qui suit tr&#xe8;s v&#xe9;ridique :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;Pourtant l&apos;explication est simple. Ces souvenirs &#xe9;taient morts d&apos;inanition. Un souvenir, il faut lui rendre visite de temps &#xe0; autre. Il faut le &lt;br /&gt;nourrir, le sortir, l&apos;a&#xe9;rer, le montrer, le raconter aux autres ou &#xe0; soi-m&#xea;me. Sans quoi, il d&#xe9;p&#xe9;rit&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt; (p. 99)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vient ensuite un autre texte intitul&#xe9; Douze France qui, en quelques pages, dresse un portrait global de la France en douze adjectifs. La France est ainsi r&#xe9;sum&#xe9;e &#xe0; ses grandes caract&#xe9;ristiques, ses forces ainsi que ces charmes par l&apos;œil neuf d&apos;un &#xe9;tranger intransigeant. Car si Nancy Huston a choisi de rester parmi nous, c&apos;est que la France est une terre d&apos;adoption qui l&apos;a charm&#xe9;e et la surprise, bien loin de sa famille canadienne, rest&#xe9;e au pays. Les mots de Nancy Huston ont t&#xf4;t fait de nous conqu&#xe9;rir et on prendrait bien d&apos;autres goul&#xe9;es de sa &quot;perte de rep&#xe8;res&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Nord perdu suivi de Douze France - Nancy Huston (Actes Sud L&#xe9;m&#xe9;ac, 1999, 130 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 20 Jan 2012 14:30:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;empreinte de l&apos;ange de Nancy Huston</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/19/23268776.html</link><category>Litt&#xe9;rature canadienne</category><category>adult&#xe8;re</category><category>amour</category><category>indiff&#xe9;rence</category><category>relations</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/19/23268776.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23268776/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/19/23268776.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;C&apos;est avec un plaisir non dissimul&#xe9; que j&apos;ai retrouv&#xe9; la Nancy Huston que j&apos;avais tant aim&#xe9; dans &lt;em&gt;Ligne de faille&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La virevolte&lt;/em&gt; (car l&#xe0; oui j&apos;y ai trouv&#xe9; du romanesque et de l&apos;intrigue). C&apos;est ainsi, d&#xe8;s les premiers mots, les premi&#xe8;res pages, la narration m&apos;a happ&#xe9; et j&apos;ai fil&#xe9; suivre des personnages encore tr&#xe8;s habilement esquiss&#xe9;s par l&apos;auteur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/53/86/685678/71974356.jpg&quot; alt=&quot;2720410&quot; width=&quot;195&quot; height=&quot;314&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ici on d&#xe9;couvre une jeune femme &#xe9;nigmatique, Saffie, une allemande d&#xe9;barquant au printemps de 1957 &#xe0; Paris. Cherchant un emploi, elle se retrouve en tant que domestique au service du fl&#xfb;tiste de renom, Rapha&#xeb;l Lepage. Celui-ci tombe rapidement amoureux et lui ouvre bien plus que sa porte. C&apos;est un petit couple qui se forme. Banal en somme sauf que Saffie ne se d&#xe9;part pas de son masque d&apos;indiff&#xe9;rence, de son d&#xe9;sint&#xe9;r&#xea;t de tout et m&#xea;me des autres. Rapha&#xeb;l est pour elle un homme comme un autre &#xe0; un d&#xe9;tail pr&#xe8;s, il l&apos;entretient dans un cocon douillet. Bient&#xf4;t la jeune femme tombe enceinte et c&apos;est un espoir pour Rapha&#xeb;l. Et si la maternit&#xe9; pouvait l&apos;&#xe9;veiller &#xe0; la vie et aux sentiments les plus simples?&lt;br /&gt;Rien ne se passe comme pr&#xe9;vu car Saffie ex&#xe8;cre d&apos;avance le petit &#xea;tre qu&apos;elle porte en elle. Si seulement il pouvait disparaitre...&lt;br /&gt;Surgit dans sa vie, le salvateur luthier Andras, un juif hongrois qui r&#xe9;pare l&apos;instrument de son mari. Mais bien plus que la flute, il r&#xe9;pare aussi les affects de Saffie et lui donne go&#xfb;t &#xe0; la vie, aux promenades, aux discussions anim&#xe9;es. Ainsi Rapha&#xeb;l est heureux, depuis qu&apos;il joue, se d&#xe9;place et gagne encore en prestige, sa femme elle aussi s&apos;illumine. Est-ce un r&#xea;ve? Comment se fait-il que cela se soit fait si naturellement? Et ce d&#xe9;clic, est-il vraiment de son ressort?&lt;br /&gt;On suit les personnages avec un plaisir grandissant. Plus la situation s&apos;installe (cette double vie qui convient &#xe0; tous), plus la chute parait &#xea;tre in&#xe9;luctable. Et qu&apos;elle sera raide ! Car l&apos;enfant (Emil), au d&#xe9;part non d&#xe9;sir&#xe9; du couple l&#xe9;gitime, est un excellent pr&#xe9;texte pour sortir et se rendre chez Andras. Il grandit et se plait &#xe0; ce man&#xe8;ge avec ses deux papas : l&apos;un qui le met mal &#xe0; l&apos;aise (Rapha&#xeb;l), l&apos;autre qui lui fabrique des jouets et s&apos;occupe de lui (Andras).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est terrible ce livre en cela qu&apos;on se dit qu&apos;une relation amoureuse ne peut contenir que deux personnes. L&apos;irruption de la troisi&#xe8;me est source de souci tout autant que de joie et de d&#xe9;raison. On se pr&#xe9;pare &#xe0; une confrontation, &#xe0; un malsain d&#xe9;ballage du linge sale en public... et l&apos;issue nous surprend malgr&#xe9; tout. Qu&apos;est-ce que j&apos;ai pu d&#xe9;tester la Saffie aux deux visages ! Profiteuse d&apos;un confort qu&apos;elle ne m&#xe9;rite pas, elle vit dans l&apos;amour absolu de deux hommes, bient&#xf4;t combl&#xe9;e par un enfant qui la v&#xe9;n&#xe8;re &#xe9;galement. Et dans tout cela elle jongle avec habilet&#xe9; pour ne pas &#xe9;veiller les soup&#xe7;ons de la concierge, ni choisir entre un homme plut&#xf4;t que l&apos;autre. L&apos;infid&#xe9;lit&#xe9; me fera toujours bondir je crois, quel qu&apos;en soit le motif. L&apos;histoire de Saffie qui nous est d&#xe9;voil&#xe9;e peu &#xe0; peu ne trouve pas gr&#xe2;ce &#xe0; mes yeux pour la rendre plus humaine. Je la plains, elle et la censure qu&apos;elle s&apos;inflige sur son pass&#xe9;. Si seulement elle trouvait comment se donner exclusivement &#xe0; un seul homme !&lt;br /&gt;Mais pour le style de l&apos;histoire, j&apos;y ai trouv&#xe9; du plaisir, car les personnages m&apos;ont paru r&#xe9;alistes, la trame elle aussi est &quot;tendance&quot;. Mais c&apos;est bien les cinquante derni&#xe8;res pages qui m&apos;ont le plus int&#xe9;ress&#xe9; car enfin la tension se l&#xe8;ve. C&apos;est presque un soulagement que l&apos;histoire ne reste pas dans ce huis-clos cantonn&#xe9; &#xe0; trois personnages (avec comme &quot;otage&quot; privil&#xe9;gi&#xe9; l&apos;enfant) !&lt;br /&gt;Encore un tr&#xe8;s bon Huston dans ma biblioth&#xe8;que ! Et dans la v&#xf4;tre?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;L&apos;empreinte de l&apos;ange - Nancy Huston (Actes Sud, 2004, 327 p., collection Babel)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 19 Jan 2012 14:00:00 GMT</pubDate></item><item><title>Histoire d&apos;Omaya de Nancy Huston</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/18/23268731.html</link><category>Litt&#xe9;rature canadienne</category><category>mal-&#xea;tre</category><category>plainte</category><category>viol</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/18/23268731.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23268731/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/01/18/23268731.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Etant davantage port&#xe9;e &#xe0; soutenir ses oeuvres, vous pouvez penser que j&apos;aime tout d&apos;elle et qu&apos;elle pourrait &#xe9;crire avec les pieds que je serais toujours &#xe0; la soutenir. Loin de moi cette id&#xe9;e et je le prouve aujourd&apos;hui avec ce livre qui m&apos;a laiss&#xe9; compl&#xe8;tement sur la touche. Elle ne m&apos;avait pas habitu&#xe9;e &#xe0; &#xe7;a, Nancy !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/61/24/685678/71974142.jpg&quot; alt=&quot;huston12&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;245&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les lectures de Nancy Huston s&apos;enchainent mais ne se ressemblent pas. Pour preuve, je suis pass&#xe9;e compl&#xe8;tement &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de cette histoire rocambolesque. Omaya est une jeune femme un peu paum&#xe9;e qui a sans doute subi des attouchements sexuels car elle vit dans une sorte de d&#xe9;lire frisant la parano&#xef;a. Une plainte est d&#xe9;pos&#xe9;e et pourtant la Justice peine &#xe0; la croire. C&apos;est le d&#xe9;but de son r&#xe9;cit t&#xe9;moignant d&apos;une grande souffrance, d&apos;un profond mal-&#xea;tre o&#xf9; Omaya demande de la reconnaissance et une sentence pour ses bourreaux. Les lieux paraissent troubles, ins&#xe9;cures comme le m&#xe9;tro o&#xf9; tous les contacts semblent &#xea;tre &quot;permis&quot;. Quelle peut-&#xea;tre l&apos;&#xe9;chappatoire pour enfin reprendre go&#xfb;t &#xe0; la vie?&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;Je crois que le plus compliqu&#xe9; dans ce texte c&apos;est que la narratrice alterne le &quot;je&quot;, le &quot;elle&quot; et parle d&apos;Omaya comme s&apos;il s&apos;agissait d&apos;une autre., fonci&#xe8;rement diff&#xe9;renci&#xe9;e D&#xe8;s les premi&#xe8;res pages je me suis demand&#xe9;e qui &#xe9;tait qui et pourquoi la situation &#xe9;tait si alambiqu&#xe9;e. Car en plus du jeu je/elle, les actions s&apos;enchainent sans lien &#xe9;vident. Les flash-backs renvoient &#xe0; la sc&#xe8;ne de &quot;viol&quot; mais aussi au moment du d&#xe9;p&#xf4;t de plainte au commissariat, ou aux discussions avec Cyb&#xe8;le, sa m&#xe8;re. De plus, un certain nombre de personnages me sont apparus confus et sans identit&#xe9;s affich&#xe9;es : le Hibou, Alix... apportaient-ils vraiment quelque chose &#xe0; l&apos;histoire? Car dans le drame que vit Omaya, on sent que son d&#xe9;sarroi est communicatif, que son histoire l&apos;emp&#xea;che de progresser, de tourner la page et de vivre en harmonie avec les autres. N&#xe9;anmoins, &#xe9;tait-il n&#xe9;cessaire de semer le lecteur avec toutes ces situations parall&#xe8;les? Je crois que pour davantage d&apos;empathie, l&apos;histoire aurait gagn&#xe9; en simplicit&#xe9;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne renonce pas pour autant en ma d&#xe9;couverte de la suite des œuvres de Nancy Huston mais Omaya sera vite oubli&#xe9;e, elle et son infortune auxquelles j&apos;ai eu bien du mal &#xe0; m&apos;identifier. Demain, on passera &#xe0; quelque chose de nettement meilleur !&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Histoire d&apos;Omaya - Nancy Huston (Actes Sud, 1998, 203 p.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><pubDate>Wed, 18 Jan 2012 13:10:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>
