<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Chez M&#xe9;lop&#xe9;e</title><link>http://shereads.canalblog.com/</link><description>Des mots et des livres...</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 18 May 2012 11:53:29 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Une histoire des parents d&apos;&#xe9;crivains d&apos;Anne Boquel &amp; Etienne Kern</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/15/24270968.html</link><category>Du c&#xf4;t&#xe9; des essais</category><category>biographies</category><category>litt&#xe9;rature</category><category>&#xe9;crivains</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/15/24270968.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24270968/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/15/24270968.html</guid><description>&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/11/76/685678/75739124.jpg&quot; alt=&quot;Une_histoire_des_parents_d_ecrivains___De_Balzac_a_Margue&quot; width=&quot;199&quot; height=&quot;330&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Apr&#xe8;s avoir lu et ador&#xe9; &lt;a href=&quot;http://shereads.canalblog.com/archives/2011/07/25/21672784.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: darkblue;&quot;&gt;&lt;em&gt;Une histoire des haines d&apos;&#xe9;crivains&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, je ne pouvais que me pr&#xe9;cipiter vers ce second livre des m&#xea;mes essayistes, qui est, on peut le dire d&apos;embl&#xe9;e, tout aussi g&#xe9;nial. Car, on s&apos;en doute un peu, les parents ont une influence &#xe9;norme sur leur rejeton, qu&apos;il soit &#xe9;crivain ou autre. Dans le cas pr&#xe9;sent, il est curieux voire d&#xe9;lectable de constater que les r&#xe9;actions quant &#xe0; la vocation de leur fils, fille sont on ne peut plus contrast&#xe9;es. Entre les parents de Robbe-Grillet qui jubilent des publications de leur fils et les parents de Lamartine ou Baudelaire qui, au contraire sont d&#xe9;&#xe7;us du choix de carri&#xe8;re de leur fils, il y a un monde. En effet, choisir d&apos;&#xea;tre &#xe9;crivain n&apos;est pas anodin surtout pour des parents esp&#xe9;rant un salaire assur&#xe9; dans des m&#xe9;tiers plus convenables, plus &#xe9;tablis aux yeux de la soci&#xe9;t&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Outre les r&#xe9;actions &#xe9;pidermiques de ces parents tourment&#xe9;s, il y a ceux qui collent parfaitement &#xe0; la r&#xe9;putation faite dans les livres comme la m&#xe8;re de Jules Renard, avec qui les relations ont &#xe9;t&#xe9; tendues, comme il l&apos;exprime dans &lt;em&gt;Poil de carotte&lt;/em&gt;. Et encore plus pouss&#xe9;, il y a Herv&#xe9; Bazin dont la m&#xe8;re semble bien &#xea;tre une Folcoche des plus d&#xe9;testables. Par ailleurs, il y a aussi des parents qui lisent avec attention toutes les œuvres parues et qui s&apos;offusquent lorsque la fiction ne rejoint pas la r&#xe9;alit&#xe9;. Ainsi, la m&#xe8;re de Sartre nie l&apos;enfance telle qu&apos;elle est racont&#xe9;e dans &lt;em&gt;Les mots&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;D&apos;un autre point de vue, j&apos;ai ador&#xe9; la r&#xe9;action de Madame de Lamartine (encore elle) &#xe0; la lecture de ces vers :&lt;/div&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;D&#xe9;j&#xe0; l&apos;herbe qui cro&#xee;t sur les dalles antiques&lt;br /&gt;Efface autour des murs les sentiers domestiques&lt;br /&gt;Et le lierre flottant comme un manteau de deuil,&lt;br /&gt;Couvre &#xe0; demi la porte et rampe sur le seuil.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;O&#xf9; celui-ci est-il all&#xe9; p&#xea;cher l&apos;id&#xe9;e du lierre? Pour ne pas laisser courir les comm&#xe9;rages sur l&apos;infid&#xe9;lit&#xe9; &#xe0; la r&#xe9;alit&#xe9;, Madame de Lamartine d&#xe9;cide donc de planter le fameux lierre. C&apos;est assez touchant de pr&#xea;ter tant de cr&#xe9;dit aux mots !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout au long de cet essai, on constate que les &#xe9;crivains ne sont pas &#xe9;gaux devant la litt&#xe9;rature ni surtout devant leurs g&#xe9;niteurs. Tandis que certains sont soutenus (ainsi de Pierre Verne qui peu &#xe0; peu laisse sa chance &#xe0; Jules et le corrige m&#xea;me dans ses innombrables fautes d&apos;orthographe), d&apos;autres suscitent l&apos;indiff&#xe9;rence (comme la m&#xe8;re d&apos;Apollinaire qui disait que &quot;rien [ne la poussait] &#xe0; s&apos;int&#xe9;resser &#xe0; la litt&#xe9;rature, surtout &#xe0; la[si]ienne&quot;) voire l&apos;hostilit&#xe9; pure et dure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai appris beaucoup de choses avec ce livre et ai trouv&#xe9; particuli&#xe8;rement instructives les notices biographiques, en fin de livre, qui donnent un autre &#xe9;clairage sur l&apos;&#xe9;crivain engendr&#xe9; ainsi que sur ses œuvres. En effet, ces rep&#xe8;res concrets m&apos;ont permis de mieux cerner le contexte dans lequel &#xe9;voluent ces &#xe9;crivains de tout temps mais tous influenc&#xe9;s par une famille omnipr&#xe9;sente. Un vrai plaisir de lecture ! Et dire que c&apos;est du r&#xe9;el...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Une histoire des parents d&apos;&#xe9;crivains - Anne Boquel &amp;amp; Etienne Kern (Flammarion, 2012, 316 p., collection Essais)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 15 May 2012 21:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>Au Japon ceux qui s&apos;aiment ne disent pas je t&apos;aime - Elena Janvier</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/09/24223725.html</link><category>Du c&#xf4;t&#xe9; des essais</category><category>coutumes</category><category>guide</category><category>Japon</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/09/24223725.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24223725/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/09/24223725.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/59/79/685678/75545901.jpg&quot; alt=&quot;9782869599727_z&quot; width=&quot;184&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis tomb&#xe9;e sur ce petit livre un peu par hasard, en farfouillant sur ce qui se faisait sur le Japon car j&apos;envisage de lire prochainement des romans de l&#xe0;-bas. L&apos;id&#xe9;e d&apos;une &lt;strong&gt;pr&#xe9;sentation en ab&#xe9;c&#xe9;daire&lt;/strong&gt; avec de constants &lt;strong&gt;allers-retours entre France et Japon&lt;/strong&gt; m&apos;a charm&#xe9;e. Et les mots-cl&#xe9; sont particuli&#xe8;rement significatifs pour exposer des divergences qui placent le Japon sur un pi&#xe9;destal oriental. D&apos;autant plus que toutes ces observations sont point&#xe9;es avec &lt;strong&gt;beaucoup d&apos;humour&lt;/strong&gt;. On sent un certain plaisir &#xe0; &#xe9;voquer des &#xe9;vidences ou &#xe0; brouiller les pistes en &#xe9;non&#xe7;ant des propos qui nous &#xe9;chappent, nous pauvres Fran&#xe7;ais reclus.&lt;br /&gt;Je ne r&#xe9;siste pas &#xe0; l&apos;envie de vous mettre quelques exemples de d&#xe9;finitions :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;Moustiques : Au Japon, les moustiques sont noirs mais tachet&#xe9;s de blanc. On se surprend &#xe0; trouver cela assez joli, &#xe7;a change des coccinelles. Pour le reste, ils font exactement le m&#xea;me boulot que tous les moustiques du monde.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; (p. 53)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus chouette c&apos;est d&apos;&#xe9;videmment de d&#xe9;buter le livre par le mot &quot;amour&quot; avec cette formule - particuli&#xe8;rement intrigante - qui donne son nom au livre. Car le saviez-vous qu&apos;on disait &quot;il y a de l&apos;amour&quot; et non pas &quot;je t&apos;aime&quot;? Ce qu&apos;ils sont impersonnels ces Japonais ! Tiens d&apos;ailleurs, petite observation mais il est dommage qu&apos;on n&apos;ait pas les traductions de toutes ces formulations. Car m&#xea;me pour ceux qui n&apos;y comprennent rien (moi compris), avoir vent de vocabulaire japonais dans le lot, cela aurait apport&#xe9; un charme en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme nous sommes principalement ici pour parler livre, je ne pouvais que vous livrer ce passage concernant le &lt;strong&gt;livre de poche&lt;/strong&gt; qui est juste irr&#xe9;sistible :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;On a beau &#xea;tre un livre de poche sans pr&#xe9;tention, au Japon on a tout de m&#xea;me sa dignit&#xe9; : on porte jaquette et marque-page, couverture finement toil&#xe9;e et parfois m&#xea;me un v&#xe9;ritable signet tiss&#xe9; en pages centrales. Au moment de r&#xe9;gler votre achat, le libraire vous propose de couvrir votre livre, pour &#xe9;viter de le salir dans les transports ou de l&apos;endommager au contact des divers objets de votre sac.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; (p. 71)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si seulement en France on en prenait de la graine !&lt;br /&gt;En conclusion, m&#xea;me si le ce petit &quot;guide&quot; est fin, il n&apos;en est pas moins &lt;strong&gt;fort utile pour appr&#xe9;hender la culture nippone&lt;/strong&gt;, pour se faire une mise en bouche des habitudes et trains de vie. Cela m&apos;a donn&#xe9; le go&#xfb;t de me rapprocher de leur civilisation car, dans leurs diff&#xe9;rences, ils semblent &#xe9;trangement fascinants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur l&apos;auteur, ou plut&#xf4;t les auteurs : &lt;span style=&quot;color: darkred;&quot;&gt;Elena Janvier&lt;/span&gt; est un heureux trio de trois jeunes Fran&#xe7;aises ayant v&#xe9;cu au Japon. (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Source&lt;/span&gt; : Arl&#xe9;a)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Au Japon ceux qui s&apos;aiment ne disent pas je t&apos;aime - Elena Janvier (Arl&#xe9;a, 2012, 125 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 09 May 2012 17:09:07 GMT</pubDate></item><item><title>Chaque geste que tu fais de David Malouf</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/04/24181586.html</link><category>Litt&#xe9;rature australienne</category><category>apprentissage</category><category>engagement</category><category>nouvelles</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/04/24181586.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24181586/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/05/04/24181586.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je commence &#xe0; &#xea;tre au point sur les recueils de nouvelles avec quelques lectures r&#xe9;centes toutes plus satisfaisantes les unes que les autres : &lt;a href=&quot;http://shereads.canalblog.com/archives/2012/02/15/23533175.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: darkblue;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le lanceur de couteaux&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; de &lt;span style=&quot;color: darkred;&quot;&gt;Steven Millhauser&lt;/span&gt; ou encore &lt;a href=&quot;http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/16/24026635.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: darkblue;&quot;&gt;&lt;em&gt;Boire la tasse&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; de &lt;span style=&quot;color: darkred;&quot;&gt;Christophe Langlois&lt;/span&gt;. Et c&apos;est ce qui est int&#xe9;ressant c&apos;est que chaque exp&#xe9;rience prend une r&#xe9;sonance particuli&#xe8;re &#xe0; mes yeux. Ainsi, &lt;span style=&quot;color: #000080;&quot;&gt;&lt;em&gt;Chaque geste que tu fais&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, a &#xe9;t&#xe9; une lecture plus laborieuse que les pr&#xe9;c&#xe9;dentes, plus exigeante &#xe9;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/13/02/685678/75384536.gif&quot; alt=&quot;chaque_geste_que_tu_fais_david_malouf_9782226241450&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;292&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont sept nouvelles qui composent ce recueil, toutes puissamment enracin&#xe9;es dans l&apos;Australie contemporaine. Les personnages y sont seuls, comme port&#xe9;s par une ind&#xe9;pendance profonde qui les poussent &#xe0; s&apos;isoler. La premi&#xe8;re m&apos;a par exemple marqu&#xe9; car le jeune narrateur, &#xe2;g&#xe9; de 16 ans, va aller &#xe0; contre-courant de l&apos;&#xe9;ducation re&#xe7;ue pour suivre un ami le temps d&apos;une partie de chasse. A partir de ce banal &#xe9;v&#xe9;nement, les personnages se rapprochent - les hommes de la famille qui l&apos;initient et lui-m&#xea;me, en proie au doute - et le loisir devient enjeu social, confrontation et pr&#xe9;texte &#xe0; se d&#xe9;passer. On sent doucettement la tension monter et on se met &#xe0; la place du personnage, un peu mal &#xe0; l&apos;aise de cette &#xe9;tape fondatrice qui semble le passage &quot;oblig&#xe9;&quot;. Les autres nouvelles sont sur le m&#xea;me ton &#xe0; la fois froid et m&#xe9;thodique mais aussi intense car les personnages ne s&apos;&#xe9;pargnent pas et vont frontalement &#xe0; la rencontre de leur destin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ressors de ces r&#xe9;cits avec un sentiment m&#xe9;lang&#xe9;. D&apos;une part j&apos;ai beaucoup aim&#xe9; la diversit&#xe9; des situations, les caract&#xe8;res incisifs des personnages mais je suis aussi un peu rest&#xe9;e en marge de ces histoires. C&apos;est comme si l&apos;Australie qui m&apos;&#xe9;tait cont&#xe9;e perdait un peu de l&apos;aura que j&apos;avais trouv&#xe9; dans &lt;a href=&quot;http://shereads.canalblog.com/archives/2010/05/22/17974551.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: darkblue;&quot;&gt;&lt;em&gt;R&#xe9;cits du bush&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; de &lt;span style=&quot;color: darkred;&quot;&gt;Paul Wenz&lt;/span&gt;. Cette Australie-l&#xe0; elle aurait tr&#xe8;s bien pu &#xea;tre l&apos;Am&#xe9;rique ou bien la France. Mais ce n&apos;est pas n&#xe9;gatif pour autant puisque les personnages, quasi embl&#xe9;matiques, prennent le pas sur les paysages. Ainsi, le narrateur de la nouvelle &quot;Enfant soldat&quot; est d&#xe9;stabilisant dans son comportement, faisant le tour de ses connaissances avant de partir pour la guerre du Vietnam. Dans la nouvelle &quot;Ce lieu et ce temps&quot;, c&apos;est deux personnages qui prennent le chemin d&apos;un enterrement o&#xf9; tous se comportent normalement, non affect&#xe9;s par la douleur de la perte. Un rassemblement quelconque? Que fait le narrateur, embarqu&#xe9; lui aussi pour faire &quot;figuration&quot;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voil&#xe0; un recueil complexe qui m&apos;aura tenu dans la dur&#xe9;e puisque j&apos;ai d&#xfb; le dig&#xe9;rer, nouvelle apr&#xe8;s nouvelle. Non que le style soit particuli&#xe8;rement ardu mais, comme je l&apos;ai &#xe9;voqu&#xe9;, j&apos;ai eu du mal &#xe0; pleinement embarquer dans ces histoires. N&#xe9;anmoins, &#xe7;a me donne le go&#xfb;t de lire d&apos;autres ouvrages de David Malouf car il semble reconnu par ses pairs (comme &lt;span style=&quot;color: darkred;&quot;&gt;Doris Lessing&lt;/span&gt;) et s&apos;essaie &#xe0; de nombreux genres (romans, pi&#xe8;ces de th&#xe9;&#xe2;tre, livrets d&apos;op&#xe9;ra). Peut-&#xea;tre y trouverais-je mon bonheur?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Chaque geste que tu fais - David Malouf (Albin Michel, 2012, 318 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 04 May 2012 13:43:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;armoire des robes oubli&#xe9;es de Riikka Pulkkinen</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/25/24103846.html</link><category>Litt&#xe9;rature scandinave</category><category>amour</category><category>famille</category><category>souvenirs</category><category>traitrise</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/25/24103846.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24103846/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/25/24103846.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J&apos;avais besoin d&apos;un livre qui me fasse du bien, un livre &#xe0; la fois r&#xe9;confortant, bien &#xe9;crit et o&#xf9; la famille tienne une place de choix. C&apos;est ce que j&apos;ai trouv&#xe9; dans &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;L&apos;armoire des robes oubli&#xe9;es&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; o&#xf9; les personnages f&#xe9;minins se disputent la vedette. C&apos;est aussi une histoire qui s&apos;inscrit sur plusieurs g&#xe9;n&#xe9;rations, &#xe0; travers une famille unie et ce, malgr&#xe9; les ann&#xe9;es, malgr&#xe9; les tourmentes telles que la maladie ou l&apos;amour boulevers&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/79/77/685678/75114484.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/79/77/685678/75114484_p.gif&quot; alt=&quot;L_armoire_des_robes_oubliees&quot; width=&quot;143&quot; height=&quot;208&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;Il y a d&apos;abord Elsa, au centre de tout, qui fut une psychologue r&#xe9;put&#xe9;e et qui est maintenant en phase terminale d&apos;un cancer, soign&#xe9;e chez elle. A ses c&#xf4;t&#xe9;s il y a l&apos;artiste de la famille, Martti, son compagnon qui la soutient bravement dans sa souffrance. De leur union est n&#xe9;e Eleonoora, choy&#xe9;e mais qui maintenant s&apos;inqui&#xe8;te pour sa m&#xe8;re. Elle-m&#xea;me a eu des enfants dont Anna, proche de ses grands-parents, qui, lors d&apos;un essayage vestimentaire tombe sur une robe qui attire son regard. C&apos;est elle qui va faire surgir l&apos;histoire dissimul&#xe9;e par ses a&#xef;euls car douloureuse pour les deux int&#xe9;ress&#xe9;s.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsque Ella (Eleonoora) &#xe9;tait petite, elle &#xe9;tait gard&#xe9;e par une nourrice du fait des d&#xe9;placements fr&#xe9;quents de sa m&#xe8;re et des sorties tout aussi pr&#xe9;visibles de son peintre de p&#xe8;re. C&apos;est donc Eeva qui est embauch&#xe9;e pour le job. Elle est jeune, elle semble avoir le sens du contact avec les enfants, elle est curieuse et intelligente. C&apos;est donc la recrue id&#xe9;ale qui fait d&apos;ailleurs tout &#xe0; fait l&apos;affaire puisqu&apos;elle se prend imm&#xe9;diatement d&apos;affection pour Ella. Sauf qu&apos;Eeva est souvent &#xe0; la maison et qu&apos;elle cohabite avec le p&#xe8;re, dans une relation de bonne entente. Mais un homme, une femme et un enfant c&apos;est d&#xe9;j&#xe0; une famille et comme Elsa est souvent absente, Eeva prend volontiers la place de femme du foyer. Les relations d&#xe9;bordent du cadre professionnel, Martti semble &#xea;tre charm&#xe9; par la demoiselle. Et ce jeu de s&#xe9;duction aura des retentissements qui broieront toute une famille et m&#xea;me au-del&#xe0;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai trouv&#xe9; cette histoire de famille tr&#xe8;s belle et sensible (tout un chacun pourrait se reconnaitre dans l&apos;un ou l&apos;autre des personnages) ! Ce qui m&apos;a le plus plu, c&apos;est sans aucun doute l&apos;alternance du r&#xe9;cit entre pr&#xe9;sent (o&#xf9; Elsa d&#xe9;p&#xe9;rit, assist&#xe9; de son mari) et pass&#xe9; (o&#xf9; Eeva s&apos;investit dans sa famille d&apos;accueil, y laissant toutes ses plumes). Il y a &#xe9;videmment une histoire d&apos;amour mais je dirais davantage que deux idylles bercent la narration. Ce serait tr&#xe8;s romantique si l&apos;un des protagonistes ne jouait pas sur les deux tableaux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On d&#xe9;couvre au fur et &#xe0; mesure l&apos;histoire familiale, les non-dits, les rancœurs et c&apos;est bouleversant car certains ont souffert terriblement. Je pense notamment &#xe0; Elsa qui n&apos;a pas &#xe9;t&#xe9; &#xe9;pargn&#xe9;e par le mensonge, la maladie et l&apos;&#xe9;loignement. S&apos;il fallait d&#xe9;signer un &quot;dindon de la farce&quot; ce serait bien elle m&#xea;me si &#xe0; l&apos;heure de se reposer, la hache de guerre semble enterr&#xe9;e.&lt;br /&gt;Je relirai avec grand plaisir cette jeune auteur finnoise qui manie parfaitement tous les ingr&#xe9;dients pour composer un roman juste et efficace o&#xf9; la filiation est le liant d&apos;un amour inconditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&apos;autres avis qui vont dans ce sens : &lt;a href=&quot;http://milleetunepages.canalblog.com/archives/2012/04/23/24067333.html&quot;&gt;Stephie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://fibromaman.blogspot.fr/2012/01/riikka-pulkkinen-larmoire-des-robes.html&quot;&gt;Clara&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://lyvres.over-blog.com/article-l-armoires-des-robes-oubliees-93242948.html&quot;&gt;Yv&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;L&apos;armoire des robes oubli&#xe9;es - Riikka Pulkkinen (Albin Michel, 2011, 397 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 25 Apr 2012 19:50:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les larmes noires de Mary Luther d&apos;Anna Jean Mayhew</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/19/24056594.html</link><category>Litt&#xe9;rature am&#xe9;ricaine</category><category>Etats-Unis</category><category>Noirs</category><category>racisme</category><category>s&#xe9;gr&#xe9;gation</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/19/24056594.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24056594/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/19/24056594.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce livre, je l&apos;ai crois&#xe9; au hasard sur la table d&apos;une librairie. Sa couverture m&apos;a interpel&#xe9; avec ces deux personnages attendrissants qui semblent regarder vers un m&#xea;me ailleurs. Et en lisant la quatri&#xe8;me de couverture, j&apos;ai tout de suite su que c&apos;&#xe9;tait pour moi puisqu&apos;il &#xe9;tait question d&apos;un long p&#xe9;riple &#xe0; travers les &#xc9;tats sudistes o&#xf9; la s&#xe9;gr&#xe9;gation fait rage. &#xc7;a n&apos;a pas &#xe9;t&#xe9; sans me rappeler l&apos;excellent roman de Kathryn Stockett, &lt;span style=&quot;color: darkblue;&quot;&gt;&lt;em&gt;La couleur des sentiments&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, et m&#xea;me si la comparaison peut paraitre h&#xe2;tive, cet ouvrage inconnu m&apos;a laiss&#xe9; pr&#xe9;sager du meilleur et je crois pouvoir affirmer que je ne m&apos;y suis pas tromp&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/94/36/685678/74929927.gif&quot; alt=&quot;9782353151417FS&quot; width=&quot;214&quot; height=&quot;343&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes en ao&#xfb;t 1954 en Caroline du Nord. Jubie, 13 ans, est heureuse puisqu&apos;elle part en vacances avec sa m&#xe8;re, son petit fr&#xe8;re Davie, ses deux sœurs Stell (l&apos;a&#xee;n&#xe9;e) et Puddin ainsi qu&apos;avec la bonne, Mary, que Jubie adore. Tout le monde est heureux de quitter la maison o&#xf9; les relations commen&#xe7;aient &#xe0; &#xea;tre orageuse entre les parents et les enfants en &#xe9;taient les t&#xe9;moins directs.&lt;br /&gt;Mary est assise &#xe0; l&apos;arri&#xe8;re et tient lieu de compagnie et d&apos;aide car le p&#xe8;re fait d&#xe9;faut, il est rest&#xe9; &#xe0; Charlotte pour des raisons obscures aux enfants (c&apos;est apr&#xe8;s tout une affaire de grands, alors mieux vaut ne pas trop ressasser doutes et interrogations). C&apos;est P&apos;tite Mary (la fille de la bonne) qui s&apos;occupe de lui qui est un peu port&#xe9; sur la bouteille et ne sait pas g&#xe9;rer la maison tout seul. Pour les h&#xf4;tes de voyage, il y a une &#xe9;tape &#xe0; Pensacola chez l&apos;oncle Taylor et ce n&apos;est que le d&#xe9;but d&apos;une fuite en avant. Attention aux cahots, la travers&#xe9;e n&apos;est pas de tout repos et on assiste &#xe0; une d&#xe9;limitation des gens selon leur couleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&apos;est dr&#xf4;le comme certains romans vous happent, vous terrassent - le mot est fort mais le sujet est grave alors il me parait appropri&#xe9; - et vous laissent compl&#xe8;tement d&#xe9;boussol&#xe9;, &#xe0; la merci d&apos;&#xe9;motions confuses. Celui-ci m&apos;a plu ! Immens&#xe9;ment m&#xea;me ! Je l&apos;ai lu en &#xe9;tant immerg&#xe9;e dans l&apos;histoire de cette famille, sentant une menace sourdre mais ne sachant d&apos;o&#xf9; le b&#xe2;t allait blesser. C&apos;est donc avec le cœur suspendu que j&apos;ai vu la narration gagner en intensit&#xe9; et surtout en tension et ai &#xe9;t&#xe9; compl&#xe8;tement fauch&#xe9;e par le rebondissement qui touche chaque protagoniste, de pr&#xe8;s ou de loin. C&apos;est poignant de justesse et &#xe7;a m&apos;a aussi permis d&apos;int&#xe9;grer des situations aberrantes, concernant la condition des Noirs, pendant cette p&#xe9;riode de s&#xe9;gr&#xe9;gation raciale aux &#xc9;tats-Unis : ne pas se baigner avec les Blancs, se faire tout petit dans les restaurants, h&#xf4;tels et autres lieux publics. Je vous en livre un extrait :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;Nous pr&#xee;mes le bus num&#xe9;ro 3 pour nous rendre au centre-ville. Stell et moi nous ass&#xee;mes sur le banc derri&#xe8;re le conducteur et Mary partit vers le fond. Ses mollets tout maigres dans ses grosses chaussures mauves me faisaient penser &#xe0; Minnie, la femme de Mickey. Une ligne jaune trac&#xe9;e sur le sol s&#xe9;parait le devant du derri&#xe8;re. Plus loin vers le fond, on devinait les restes effac&#xe9;s d&apos;une ligne plus ancienne. Quand la compagnie de bus s&apos;&#xe9;tait rendue compte qu&apos;il y avait bien plus de gens de couleur que de Blancs, ils avaient un peu avanc&#xe9; la ligne. Malgr&#xe9; tout, le fond &#xe9;tait toujours bond&#xe9;.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; (p. 159)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En d&#xe9;finitive, j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; bluff&#xe9;e par ce roman en apparence l&#xe9;ger puisque le voyage, comme trame de d&#xe9;part, est une joie pour tous les passagers. Seulement, comme dans tout bon roman, rien ne se passe comme pr&#xe9;vu ! C&apos;est l&apos;atmosph&#xe8;re pesante qui prend fort &#xe0; propos le dessus sit&#xf4;t que les r&#xe9;gions travers&#xe9;es sont moins am&#xe8;nes. On sent de l&apos;hostilit&#xe9; envers les Noirs, on se doute que l&apos;&#xe9;quilibre de toute une population ne tient qu&apos;&#xe0; un fil. C&apos;est terrible et effrayant d&apos;autant plus qu&apos;on se l&apos;imagine du point de vue d&apos;une adolescente dont la bonne fait partie int&#xe9;grante de la famille.&lt;br /&gt;J&apos;ai aim&#xe9; les surnoms charmants des personnages : Meemaw pour la grand-m&#xe8;re, Stell, Puddin... on se sent d&#xe9;j&#xe0; dans une fratrie resserr&#xe9;e o&#xf9; la bonne, Mary, a bel et bien toute sa place.&lt;br /&gt;Oserai-je vous dire que l&apos;auteur de ce roman avait 71 ans lorsqu&apos;elle a sign&#xe9; ce premier roman? Qu&apos;elle nous en donne encore d&apos;aussi fameux, c&apos;est - presque - un ordre !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Les larmes noires de Mary Luther - Anna Jean Mayhew (Balland, 2012, 381 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 19 Apr 2012 21:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>Boire la tasse de Christophe Langlois</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/16/24026635.html</link><category>Litt&#xe9;rature fran&#xe7;aise</category><category>Buzzati</category><category>fantastique</category><category>nouvelles</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/16/24026635.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24026635/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/16/24026635.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je crois que je vais devoir m&apos;y reprendre &#xe0; plusieurs reprises pour fouler les profondeurs de cet ouvrage qui m&apos;a tenu compl&#xe8;tement coite quelques jours. C&apos;est que ce recueil de nouvelles met en sc&#xe8;ne des situations farfelues, des personnages paraissant normaux mais d&#xe9;rapant subitement dans l&apos;&#xe9;trange, l&apos;air de rien. Il est dit en quatri&#xe8;me de couverture que l&apos;auteur est un &quot;h&#xe9;ritier de Buzzati&quot; et en effet, il tient le bon filon en nous entrainant dans des atmosph&#xe8;res lourdes de sens, basculant tant&#xf4;t dans le loufoque, tant&#xf4;t dans le fantastique. Ce que je tiens &#xe0; souligner, c&apos;est surtout que c&apos;est &#xe9;crit d&#xe9;licieusement. On se laisse couler (car c&apos;est bien le cas lorsqu&apos;on boit de cette tasse-l&#xe0;) dans un m&#xe9;lange d&apos;&#xe9;merveillement et de stup&#xe9;faction.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/40/26/685678/74810555.jpg&quot; alt=&quot;big_langlois&quot; width=&quot;171&quot; height=&quot;252&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque nouvelle est fabuleusement originale, (d&#xe9;)taill&#xe9;e avec pr&#xe9;cision et donne &#xe0; r&#xe9;fl&#xe9;chir sur la soci&#xe9;t&#xe9; et sur ses mœurs. La premi&#xe8;re nouvelle s&apos;inscrit lors d&apos;un d&#xee;ner d&apos;amis o&#xf9; tous exposent &#xe0; tour de r&#xf4;le les prodiges r&#xe9;sultant de la dermosection (on enl&#xe8;ve la peau, enveloppe opaque pour enfin d&#xe9;voiler l&apos;int&#xe9;rieur). Et chacun d&apos;exhiber des parties de corps, plus que nues, expos&#xe9;es &#xe0; un voyeurisme des plus d&#xe9;rangeants. La chute de cette nouvelle est juste sublime !&lt;br /&gt;Autre nouvelle, trame tout aussi intrigante avec un jeune homme qui croise, tous les 30 avril sur la m&#xea;me nationale de Seine-et-Marne, Hitler roulant en Laguna. Est-ce une illusion? Pourquoi cette r&#xe9;p&#xe9;tition digne d&apos;un esprit frappeur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nouvelle qui m&apos;a le plus fait rire c&apos;est sans nul doute celle du bon pasteur, se voyant suppl&#xe9;er par un fly-book derni&#xe8;re g&#xe9;n&#xe9;ration, un renfort utile &#xe0; la c&#xe9;l&#xe9;bration des offices car ponctuel et extr&#xea;mement pr&#xe9;voyant. Quand la modernit&#xe9; se met au service de la religion traditionnelle, c&apos;est tordant et presque proche de l&apos;anachronisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;Se sentant observ&#xe9;, le psautier &#xe9;mit une vibration ang&#xe9;lique d&apos;insouciance feinte, et lui sifflota un Salve Regina version pop. C&apos;est que cet imprim&#xe9; volatile avait tout pour plaire. Il le r&#xe9;veillait &#xe0; quatre heures du matin pour chanter l&apos;office, l&apos;accablait de citations bibliques quand il marchait dans la rue et, quand il confessait, l&apos;interrompait pou corriger ses recommandations. Il n&apos;en fallait pas plus pour passer &#xe0; la casserole. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;(pp.74-75)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pourrais vous livrer encore de nombreux &#xe9;l&#xe9;ments d&apos;autres nouvelles mais je crois que le plaisir r&#xe9;side aussi dans la d&#xe9;couverte. Et l&#xe0; vous en aurez pour votre argent avec pas moins de quinze nouvelles, toutes plus r&#xe9;ussies les unes que les autres. Nul besoin de pr&#xe9;ciser que j&apos;ai ador&#xe9; ce recueil de nouvelles ! Christophe Langlois se place d&apos;ores et d&#xe9;j&#xe0; parmi les plus talentueux nouvellistes de notre g&#xe9;n&#xe9;ration. A vous prendre une tasse et de vous servir de cet &#xe9;trange breuvage qui ne vous laissera ni chaud ni froid !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous recommande de lire l&apos;excellente chronique de &lt;a href=&quot;http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/06/23/bonnes-nouvelles-du-bibliothecaire/&quot; rel=&quot;nofollow&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Pierre Assouline&lt;/a&gt; sur ce recueil. C&apos;est lui qui m&apos;a donn&#xe9; envie de le d&#xe9;couvrir ! Grand bien m&apos;en a pris !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Boire la tasse - Christophe Langlois (L&apos;arbre vengeur, 2011, 204 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 16 Apr 2012 11:38:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les nuits de Karachi de Maha Khan Phillips</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/02/23915516.html</link><category>Autres litt&#xe9;ratures</category><category>femmes</category><category>jet-set</category><category>Pakistan</category><category>reportage</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/02/23915516.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23915516/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/04/02/23915516.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Je m&apos;avance en terrain sinueux avec ce livre dont la syntaxe m&#xea;le narration classique, chroniques de journaux et pages de mails &#xe9;chang&#xe9;s comme autant de moyens d&apos;expression d&apos;une jeunesse qui communique. C&apos;est ce qui m&apos;a le plus frapp&#xe9; et le plus d&#xe9;contenanc&#xe9; au d&#xe9;part, ne sachant trop comment me situer dans tous ces &#xe9;changes. C&apos;est en somme une construction en forme de reportage que nous propose l&apos;auteur, Maha Khan Phillips dans ce premier roman pour adultes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/88/03/685678/74399922.gif&quot; alt=&quot;nuits&quot; width=&quot;215&quot; height=&quot;314&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre met en sc&#xe8;ne trois jeunes filles, amies d&apos;enfance et toutes brillamment investies dans leurs projets respectifs. Amynah Farooqui, la premi&#xe8;re, dipl&#xf4;m&#xe9;e d&apos;Oxford, tient une chronique people dans le journal de Karachi. C&apos;est elle qui d&#xe9;voile petits ragots et grandes soir&#xe9;es organis&#xe9;es par la jet-set locale. A ses c&#xf4;t&#xe9;s il y a Mumtaz dont le p&#xe8;re est un grand magnat de la drogue. Enfin, il y a Henna, prisonni&#xe8;re d&apos;un mariage arrang&#xe9; par son p&#xe8;re, un politicien influent. &lt;br /&gt;Les trois jeunes femmes font donc face &#xe0; des enjeux bien divers. La premi&#xe8;re - l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne - est fraiche, insouciante et compl&#xe8;tement d&#xe9;tach&#xe9;e des &#xe9;v&#xe9;nements politiques qui peuvent secouer son pays. Lorsqu&apos;elles retrouvent Nilofer, une amie d&apos;Henna, une id&#xe9;e germe dans leur esprit avec la r&#xe9;alisation d&apos;un documentaire t&#xe9;moignant de la violence faite aux femmes. Sauf que, prise dans cette gigantesque entreprise, le sc&#xe9;nario d&#xe9;rape et les trois amies (ainsi que l&apos;actrice) vont &#xea;tre prises dans une vaste machination qui les d&#xe9;passe totalement et pourrait bien faire voler en &#xe9;clat leur amiti&#xe9;. L&apos;une voit ses r&#xea;ves de gloire exauc&#xe9;s, l&apos;autre d&#xe9;chante peu &#xe0; peu et la troisi&#xe8;me tente de se pr&#xe9;server. Que de r&#xe9;actions contrast&#xe9;es face &#xe0; la surm&#xe9;ditiatisation de l&apos;affaire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&apos;est un roman d&apos;excellente facture qui nous entraine dans une exposition du ph&#xe9;nom&#xe8;ne des femmes battues, largement exploit&#xe9; par les m&#xe9;dias, mais pas seulement ! Karachi semble ainsi avoir deux visages : l&apos;un idyllique o&#xf9; la jet-set officie, l&apos;autre plus sombre o&#xf9; les mariages forc&#xe9;s sont toujours de rigueur et o&#xf9; la femme est encore instrumentalis&#xe9;e.&lt;br /&gt;Ce sont deux visions tellement antagonistes qu&apos;il nous est donn&#xe9; de nous interroger sur la r&#xe9;alit&#xe9; de la situation. Le plus &quot;excitant&quot; dans la narration est de voir le projet de reportage se dessiner, se r&#xe9;aliser puis &#xea;tre le point d&apos;ancrage d&apos;une emballement m&#xe9;diatique qui &#xe9;chappe &#xe0; tout contr&#xf4;le.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&apos;est un livre palpitant car actuel qui, de plus, est quelque part un peu prot&#xe9;iforme puisqu&apos;il est tour &#xe0; tour l&apos;&#xe9;tendard des cancans ou bien le manifeste de femmes bless&#xe9;es. J&apos;y ai pris bien du plaisir et esp&#xe8;re que l&apos;auteur nous livrera prochainement une autre d&#xe9;monstration de ses talents de jeune plume pakistanaise.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le livre sera disponible le 5 avril. En attendant, admirez un peu cette magnifique couverture ! Je suis sous le charme &lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/17/76/685678/74400028.gif&quot; alt=&quot;8&quot; width=&quot;18&quot; height=&quot;18&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Les nuits de Karachi - Maha Khan Phillips (Albin Michel, 2012, 315 p.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 02 Apr 2012 13:38:00 GMT</pubDate></item><item><title>Ce qu&apos;ils n&apos;ont pas pu nous prendre de Ruta Sepetys</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/19/23805351.html</link><category>Ils ont fait battre mon coeur</category><category>d&#xe9;portation</category><category>guerre</category><category>NKVD</category><category>URSS</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/19/23805351.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23805351/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/19/23805351.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Vous est-il d&#xe9;j&#xe0; arriv&#xe9; d&apos;appr&#xe9;hender un livre en sachant pertinemment que vous alliez accrocher, qu&apos;il allait &#xea;tre votre compagnon non-stop quelques heures ou bien quelques jours? Voil&#xe0; qui pr&#xe9;sente bien ce roman jeunesse salu&#xe9; comme le meilleur en 2011 selon le magazine Lire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/35/13/685678/73947691.jpg&quot; alt=&quot;sepety10&quot; width=&quot;182&quot; height=&quot;283&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lina est une jeune Lituanienne dou&#xe9;e en dessin et qui s&apos;appr&#xea;te &#xe0; int&#xe9;grer une prestigieuse &#xe9;cole d&apos;art &#xe0; Vilnius, la capitale. Elle vient de Kaunas, au Nord et c&apos;est donc une perspective particuli&#xe8;rement excitante pour la jeune fille. Sauf que le sort en a d&#xe9;cid&#xe9; autrement et qu&apos;une nuit de juin 1941, elle est d&#xe9;port&#xe9;e ainsi que sa famille en Sib&#xe9;rie. Elle est d&apos;abord s&#xe9;par&#xe9;e de son p&#xe8;re dans des wagons &#xe0; bestiaux diff&#xe9;rents et doit cheminer ainsi des jours et des jours, alors que les forces s&apos;amenuisent, que la nourriture vient &#xe0; manquer et que les conditions de voyage sont plus que d&#xe9;plorables. Mais l&apos;espoir de reconstituer sa famille heureuse et unie lui sert de leitmotiv alors, elle, son petit fr&#xe8;re (Jonas) et sa m&#xe8;re luttent pour survivre. Premi&#xe8;re &#xe9;tape du voyage, le camp de travail de l&apos;Alta&#xef; o&#xf9; tous sont parqu&#xe9;s dans des iourtas avec des autochtones qui les acceptent bien difficilement. Le travail n&apos;est pas de tout repos puisqu&apos;il s&apos;agit pour les uns de couper du bois, pour les autres de creuser des trous profonds (dans quel but?). Toute l&apos;organisation est orchestr&#xe9;e par le NKVD et ses officiers russes sont intransigeants voire sadiques dans le d&#xe9;roulement des t&#xe2;ches. Lina creuse, Jonas coud et il y a aussi Andrius, un jeune homme dont la force de caract&#xe8;re rejoint pleinement Lina. Les enfants ne sont donc pas &#xe9;pargn&#xe9;s et la nourriture est rationn&#xe9;e : une miche de pain et puis c&apos;est tout (et n&apos;ayez pas le malheur de tomber malade, vous n&apos;auriez plus aucune portion). Les gens s&apos;affaiblissent et les nouvelles venant de l&apos;ext&#xe9;rieur sont filtr&#xe9;es. &lt;br /&gt;Mais l&apos;itin&#xe9;raire de cette famille ne s&apos;arr&#xea;te pas l&#xe0; puisqu&apos;un jour une partie des d&#xe9;port&#xe9;s est condamn&#xe9;e &#xe0; reprendre la route. Et la destination, pour le coup, c&apos;est le glacial et d&#xe9;sert P&#xf4;le Nord o&#xf9; les b&#xe2;timents se comptent sur les doigts d&apos;une main et o&#xf9; pour survivre il va leur falloir se construire un toit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je l&apos;ai dit dans la discussion de la semaine, j&apos;ai tout aim&#xe9; dans ce livre, du titre au contenu en passant par la couverture. C&apos;est un livre fort et poignant qui a &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;sign&#xe9; meilleur roman jeunesse de l&apos;ann&#xe9;e 2011 selon le magazine Lire. Et c&apos;est amplement m&#xe9;rit&#xe9; !&lt;br /&gt;Le r&#xe9;cit dict&#xe9; par une Lina incroyablement m&#xfb;re et lucide. On est comme pris par la main par cette narration &#xe0; couper le souffle qui nous fait voyager sur des milliers de kilom&#xe8;tres &#xe0; travers des paysages fantomatiques et d&#xe9;vast&#xe9;s o&#xf9; la libert&#xe9; n&apos;a plus sa place. Les personnages sont tous, quelque part, empreints d&apos;un charisme qui nous les rend sympathiques. On a le cœur nou&#xe9; de suivre la m&#xe8;re de Lina forte tout en &#xe9;tant compl&#xe8;tement perdue sans son mari. Quant &#xe0; Jonas, il nous parait d&#xe9;j&#xe0; avoir le sens du devoir, de la famille et du sacrifice. On se dit que c&apos;est un sacr&#xe9; bonhomme qui a bien du courage ! Et enfin Andrius, c&apos;est un peu la poigne de fer de ce r&#xe9;cit, qui tient toujours la barre haute et insuffle de la motivation &#xe0; tout ceux qui l&apos;entourent.&lt;br /&gt;Vous l&apos;aurez compris, j&apos;ai pris un immense plaisir &#xe0; suivre ce petit cercle de Lituaniens dans un p&#xe9;riple qui semble perdu d&apos;avance. Autant j&apos;avais &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;sar&#xe7;onn&#xe9;e et pas sp&#xe9;cialement touch&#xe9;e par Purge dont les personnages sont Estoniens, autant les personnages ce cet autre pays Balte qu&apos;est la Lituanie m&apos;ont paru pleins d&apos;humanit&#xe9;, de profondeur et de bont&#xe9;. C&apos;est qu&apos;au fond, tout au long de cette exp&#xe9;rience difficile, subsiste une lueur d&apos;espoir de retour &#xe0; la vie &quot;d&apos;avant&quot;, celle o&#xf9; les hommes n&apos;&#xe9;taient pas trait&#xe9;s comme des b&#xea;tes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un roman sans aucun doute &#xe0; mettre entre toutes les mains. Lisez-le puis faites-en profitez votre conjoint, votre entourage... ils vous en sauront gr&#xe9; ! Ce fut une belle claque que ce livre jeunesse car j&apos;avais un a-priori sur le genre (du survol plut&#xf4;t que du r&#xe9;cit m&#xe9;thodique) et celui-ci s&apos;est tout bonnement envol&#xe9; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A noter aussi les cartes du trajet en d&#xe9;but de livre qui sont particuli&#xe8;rement parlantes car m&#xea;me s&apos;il s&apos;agit d&apos;une fiction, d&apos;autres ont &#xe9;t&#xe9; contraints &#xe0; cet exil. D&apos;autre part la note de l&apos;auteur en fin de r&#xe9;cit apporte une autre dimension, encore plus r&#xe9;elle et douloureuse. Les d&#xe9;portations par la NKVD ont &#xe9;t&#xe9; le lot commun de nombreux Baltes en cette ann&#xe9;e 1941. Voil&#xe0; une part d&apos;Histoire que j&apos;ignorais mais la lacune est combl&#xe9;e avec ce r&#xe9;cit juste et sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques liens p&#xea;le-m&#xea;le : &lt;a href=&quot;http://www.canelkiwi.com/archives/2012/02/24/23601198.html&quot;&gt;Canel&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.canelkiwi.com/archives/2012/03/06/23613077.html&quot;&gt;Mr Canel&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2012/02/04/23316439.html&quot;&gt;Emmyne&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/12/13/sepetys-ruta-ce-quils-nont-pas-pu-nous-prendre/&quot;&gt;M&#xe9;lo&#xe9;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://lesmotsdemelo.com/2011/09/ce-quils-nont-pas-pu-nous-prendre-ruta-sepetys/?utm_source=feedburner&amp;amp;utm_medium=feed&amp;amp;utm_campaign=Feed%3A+lesmotsdemelo+%28Les+mots+de+M%C3%A9lo%29&amp;amp;utm_content=Google+Reader&quot;&gt;M&#xe9;lo&lt;/a&gt; et bien d&apos;autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Ce qu&apos;ils n&apos;ont pas pu nous prendre - Ruta Sepetys (Gallimard jeunesse, 2011, 423 p., collection Scripto)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 19 Mar 2012 19:53:00 GMT</pubDate></item><item><title>La liseuse de Paul Fournel</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/14/23757692.html</link><category>Litt&#xe9;rature fran&#xe7;aise</category><category>liseuse</category><category>tablette</category><category>&#xe9;dition</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/14/23757692.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23757692/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/14/23757692.html</guid><description>&lt;p class=&quot;coloradmin&quot; style=&quot;color: #aa0000; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Ce livre a eu un &#xe9;cho tout particulier car je suis moi-m&#xea;me l&apos;heureuse propri&#xe9;taire d&apos;une liseuse qui pour l&apos;instant ne fait que tr&#xf4;ner, d&#xe9;corativement, sur une &#xe9;tag&#xe8;re. L&apos;objet m&apos;intrigue, m&apos;interpelle, m&apos;ordonne de m&apos;y pencher plus s&#xe9;rieusement mais je pr&#xe9;f&#xe8;re pour l&apos;instant me documenter sur l&apos;engin, lire l&apos;exp&#xe9;rience des autres, qu&apos;en faire un usage intensif. Je picore, j&apos;explore les fonctionnalit&#xe9;s mais je n&apos;ai pour l&apos;instant jamais lu de texte int&#xe9;gral sur ma liseuse qui est pourtant con&#xe7;ue pour (si, si !). Et je crois bien que ce livre de Paul Fournel &lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;a fait &#xe9;voluer ma r&#xe9;flexion sur le num&#xe9;rique et m&apos;a fait relativiser.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;coloradmin&quot; style=&quot;color: #aa0000; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/21/34/685678/73766404.jpg&quot; alt=&quot;la_liseuse_paul_fournel_M66240&quot; width=&quot;140&quot; height=&quot;206&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Robert Dubois est &#xe9;diteur et il est plut&#xf4;t conservateur, dans le genre, ou, comme qui dirait, de la vieille &#xe9;cole. Alors, lorsqu&apos;une stagiaire lui tend une tablette &#xe9;lectronique pour lire ses nouveaux manuscrits, c&apos;est plut&#xf4;t r&#xe9;ticent voire carr&#xe9;ment r&#xe9;fractaire qu&apos;il s&apos;engage sur la voie du num&#xe9;rique. De l&#xe0; nait une curiosit&#xe9; pour la &quot;b&#xea;te&quot; qui semble malgr&#xe9; tout passer tous les tests avec succ&#xe8;s : la luminosit&#xe9;, l&apos;interop&#xe9;rabilit&#xe9;, la gabarit... tout concourt &#xe0; l&apos;adopter. Il en viendrait presque &#xe0; d&#xe9;laisser le papier pour se forger son petit monde uniquement via la liseuse. Il y a, dans cette soudaine mutation, des acteurs fondamentaux qui voient en la liseuse une formidable voie de passage vers le texte immat&#xe9;riel, d&#xe9;nu&#xe9; de toute contrainte physique. Le texte se fait plus fluctuant car il est d&#xe9;sormais possible de ponctuer le texte de remarques, d&apos;&#xea;tre immerg&#xe9; dans les mots, encore plus pr&#xe8;s de l&apos;approche textuelle et didactique d&apos;un roman.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: green;&quot;&gt;&lt;em&gt;En attendant, je publie de bons livres qui vivent quelques heures, dont quelques-uns s&apos;endorment dans les grandes biblioth&#xe8;ques et dont la majorit&#xe9; retourne au papier. En attendant de retourner un jour aux pixels. A quoi ressemblera le pilon des liseuses? J&apos;ai toujours pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; les livres &#xe0; l&apos;argent, h&#xe9;las. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;(p. 51)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Je dois avouer que mon int&#xe9;r&#xea;t pour ce livre est all&#xe9; croissant. Au d&#xe9;part j&apos;avais du mal &#xe0; me figurer comment parler d&apos;un outil de lecture qui plus est, encore peu fr&#xe9;quent chez la plupart des lecteurs. Mais j&apos;ai trouv&#xe9; que situer l&apos;action dans une maison d&apos;&#xe9;dition avec, comme personnage principal cet &#xe9;diteur en constante interrogation sur l&apos;&#xe9;volution du m&#xe9;tier, &#xe9;tait une approche particuli&#xe8;rement int&#xe9;ressante. On assiste &#xe0; la lente appropriation de la machine par l&apos;homme qui aurait pourtant de solides arguments pour la condamner et l&apos;&#xe9;loigner la plus possible de son quotidien. Mais j&apos;ai bien aim&#xe9; ce r&#xe9;cit car le personnage est plein d&apos;intelligence, r&#xe9;actif et encore bourr&#xe9; d&apos;envies. C&apos;est bien lui qui propose de d&#xe9;velopper une sph&#xe8;re num&#xe9;rique sp&#xe9;cialement con&#xe7;ue pour les liseuses, c&apos;est bien lui qui remplit des caisses de ses vieux livres pour laisser place au num&#xe9;rique. En somme, il se veut un acteur pleinement investi dans les fonctions qui sont les siennes. Et c&apos;est tout &#xe0; son honneur ! Maintenant &#xe0; moi de prendre le taureau par les cornes et de faire confiance en ma toute nouvelle liseuse.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;coloradmin&quot; style=&quot;color: #aa0000; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;La liseuse - Paul Fournel (P.O.L, 2011, 216 p.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 14 Mar 2012 11:52:00 GMT</pubDate></item><item><title>Cr&#xea;pes et wraps d&apos;Emilie Perrin</title><dc:creator>Shereads</dc:creator><link>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/05/23679839.html</link><category>Mes inclassables</category><category>Chandeleur</category><category>cr&#xea;pes</category><category>cuisine</category><comments>http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/05/23679839.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shereads.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/23679839/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shereads.canalblog.com/archives/2012/03/05/23679839.html</guid><description>&lt;p class=&quot;libelle&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Prenez note car ce sera rare, je parle aujourd&apos;hui d&apos;un ouvrage de cuisine re&#xe7;u dans le cadre de l&apos;op&#xe9;ration &lt;a href=&quot;http://www.babelio.com/massecritique.php&quot;&gt;Masse critique&lt;/a&gt;. Il m&apos;arrive d&apos;avoir envie d&apos;exp&#xe9;rimenter des petits plats et lorsque cela rel&#xe8;ve des cr&#xea;pes, c&apos;est pile &#xe0; mon niveau de cuisine donc je fonce. Voil&#xe0; donc qui d&#xe9;vrait r&#xe9;jouir les plus pi&#xe8;tres cuisiniers !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;libelle&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/29/55/685678/73521647.jpg&quot; alt=&quot;50_best_crepes_et_wraps&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce livre de recettes est arriv&#xe9; &#xe0; point nomm&#xe9; au moment de la pr&#xe9;paration de la Chandeleur. C&apos;est que je ne suis habituellement pas une fervente consommatrice de cr&#xe8;pes et j&apos;ai donc voulu voir les possibilit&#xe9;s de les pr&#xe9;parer diff&#xe9;remment. Car il est quasi certain que tout le monde sait faire sa p&#xe2;te &#xe0; cr&#xe8;pes, reste &#xe0; trouver des id&#xe9;es plus originales pour varier les plaisirs.&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Pr&#xe9;sentation de l&apos;ouvrage&lt;/span&gt; : d&apos;ores et d&#xe9;j&#xe0;, ce format quasi carr&#xe9; m&apos;a convaincu d&apos;embl&#xe9;e avec sa couverture un peu matelass&#xe9;e et ses recettes archi simples accompagn&#xe9;es de photos all&#xe9;chantes mais tr&#xe8;s repr&#xe9;sentatives du r&#xe9;sultat (je suis toujours intimid&#xe9;e quand je vois des photos &#xe9;blouissantes et que mon rendu fait peine &#xe0; voir).&lt;br /&gt;Emilie Perrin, l&apos;auteur du livre, nous propose diff&#xe9;rentes cr&#xea;pes tant sucr&#xe9;es que sal&#xe9;es et il en est de m&#xea;me avec les wraps d&#xe9;clin&#xe9;s en sal&#xe9; et sucr&#xe9;. Ce n&apos;est pas une d&#xe9;butante dans le domaine puisqu&apos;elle tient un blog de cuisine (http://payettecuisine.fr) qui recense de nombreuses visites.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;Quant &#xe0; moi, en bonne picarde, j&apos;ai tout de suite souhait&#xe9; tester la recette des ficelles picardes (mille excuses, je n&apos;ai aucune photo &#xe0; vous montrer &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/12/93/685678/73521569.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/12/93/685678/73521569_p.gif&quot; alt=&quot;confused&quot; width=&quot;20&quot; height=&quot;20&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;). En quoi consistent-elles? Ce sont des cr&#xea;pes roul&#xe9;es dans un plat &#xe0; gratin avec une sauce compos&#xe9;e d&apos;oignon, d&apos;&#xe9;chalotes, de champignons et de cr&#xe8;me. C&apos;est d&#xe9;j&#xe0; une entr&#xe9;e (oui, oui bien que ce soit tr&#xe8;s consistant, par chez nous &#xe7;a ouvre le repas) que j&apos;adore en restaurant, mais la version revisit&#xe9;e par Emilie Perrin est juste d&#xe9;licieuse. Coll&#xe8;gues et conjoint ont &#xe9;t&#xe9; charm&#xe9;s par cette recette simple et pleine de saveurs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;Je suis donc amplement ravie de cette premi&#xe8;re incursion dans les recettes de cr&#xea;pes. Il suffit de feuilleter l&apos;ouvrage pour avoir envie d&apos;essayer la majorit&#xe9; des recettes d&apos;autant plus qu&apos;elles sont &#xe0; port&#xe9;e de tous les cuisiniers. Dans mes perspectives de cuisine, je compte donc r&#xe9;aliser prochainement les lasagnes de cr&#xea;pes, les cr&#xea;pes orientales, le g&#xe2;teau de cr&#xea;pes, les cr&#xea;pes souffl&#xe9;es au citron, les wraps au surimi et les wraps choco-pistache. C&apos;est tout un programme et j&apos;en salive d&apos;avance !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Merci &#xe0; Masse Critique de Babelio et aux &#xe9;ditions Hachette !&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;Bcorps&quot; style=&quot;padding: 10px 5px 10px 5px; width: 150px; border: 1px solid #cccccc;&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;Belement&quot; style=&quot;overflow: hidden; list-style: none; text-align: center; padding: 10px; margin: 0px;&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;Bcouv&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.babelio.com/livres/Perrin-Crepes-et-wraps/337918&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border: 1px solid #cccccc; border-width: 1px; padding: 3px; background-color: #fff; width: 80px;&quot; title=&quot;Cr&#xea;pes et wraps par Emilie Perrin&quot; src=&quot;http://ecx.images-amazon.com/images/I/51b1G8mjuAL._SL160_.jpg&quot; alt=&quot;Cr&#xea;pes et wraps par Emilie Perrin&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;Boeuvre&quot; style=&quot;margin: 0px 3px 5px 5px; font-size: 13px; font-family: arial,sans-serif; font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;text-decoration: none;&quot; href=&quot;http://www.babelio.com/livres/Perrin-Crepes-et-wraps/337918&quot;&gt;Cr&#xea;pes et wraps&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;Bnote&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.babelio.com/livres/Perrin-Crepes-et-wraps/337918&quot;&gt;&lt;img style=&quot;width: 100px; border: none;&quot; title=&quot;Cr&#xea;pes et wraps&quot; src=&quot;http://www.babelio.com/images/Star5.gif&quot; alt=&quot;Cr&#xea;pes et wraps&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;Bauteur&quot; style=&quot;margin: 0px 3px 5px 5px; font-size: 12px; color: gray;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;text-decoration: none;&quot; href=&quot;http://www.babelio.com/auteur/Emilie-Perrin/208483&quot;&gt;Emilie Perrin&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;Bspacer&quot; style=&quot;clear: both;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;Bfooter&quot; style=&quot;text-align: center; font-size: 0.8em; padding: 5px; margin: 0px; clear: both;&quot;&gt;tous les &lt;a href=&quot;http://www.babelio.com&quot;&gt;livres&lt;/a&gt; sur Babelio.com&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;50 best : cr&#xea;pes et wraps - Emilie Perrin (Hachette, 2012, 72 p., collection Hachette pratique)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 05 Mar 2012 10:02:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>
