22 février 2012

Memories of Sand de Frezzato

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Quatre nouvelles, quatre histoires sans texte, telle est la construction de cette BD mise en place dans cet ouvrage. C'est un très bel album au format à l'italienne qu'on feuillette avidement, complètement décontenancé par les images, par les formes, par la densité des images. La rose, première nouvelle, est la fleur posée sur le sexe d'une demoiselle, elle-même allongée sur une mini-planète colorée. Un homme vole, plane à toute allure et plonge voire dégringole dans un abime doucereux. C'est la fleur au loin qui lui donne des ailes, quel plus bel atterrissage que de se poser entre ses pétales? Cette escapade parait être sans fin car la terre ne fait pas blocage et que les obstacles sont minces. Il n'y a que la rose qui attire l'homme telle un aimant, passage obligé vers une autre sphère onirique. Rappelons qu'en plus la rose est tout à fait représentative de la fille qui est ici devenue une femme particuliètement voluptueuse.
Deuxième nouvelle, La clef. Une montagne avec un arbre à son sommet, dans son ombre c'est un sanglier monté d'une demoiselle qui siègent. La voilà qui semble actionner un mécanisme et dont la poitrine s'ouvre pour en laisser sortir un petit homme ensommeillé. Il sort une photo qui réveille des souvenirs. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises dans cette histoire à tiroirs où les êtres renferment d'autres êtres miniatures, bien vivants. C'est en somme le jeu des poupées russes où on ne sait pas où s'arrête infiniment petit.
Dans Le parapluie, troisième nouvelle, on change de ton avec des couleurs plus sombres, plus tourmentées. Un homme, tout de rouge vêtu, se balade sur son monocycle. Sur sa route, il rencontre une pluie de cartes puis une jeune femme qui semble attirer les trombes d'eau. Ni une, ni deux, il l'enlève pour la déposer dans la verdure d'une forêt inoffensive. Tout est bien qui finit bien et le parapluie peut lui être laissé au bord de la route.
Dans la quatrième et dernière nouvelle intitulée Le petit cochon, il y a effectivement un cochon, et pas qu'un ! Que font-ils? A quoi servent-ils? Je vous laisse le découvrir. Quoi qu'il en soit, liberté aux cochons !

Cet album m'a procuré d'étranges sensations ! Je n'ai pas pu m'empêcher d'être extrêmement intriguée voire hypnotisée par certains dessins où les personnages évoluent torse nu, chevauchant sangliers ou cochons dans des paysages indéfinissables. J'ai trouvé original le traitement réservé aux êtres, à la nature. au temps et surtout à la symbolique de l'amour. Car en cherchant bien un dénominateur commun, vous verrez que c'est l'amour qui relie les récits bien qu'il prenne des formes variées, tantôt frôlant l'érotisme, tantôt teinté de solitude ou de silence. Les récits nous livrent des dessins se suffisant à eux-mêmes. Le texte aurait été superflu et cela donne à réfléchir sur l'imaginaire toujours plus étendu grâce à la force des illustrations. Par ailleurs, la première nouvelle m'a tout à fait rappelé le film d'animation Des idiots et des anges de Bill Plympton, film où un homme imbus de lui-même se voit pousser des ailes. Et que de chevauchées dans la ville de nuit. (Tout comme le film) j'ai beaucoup aimé !

Merci à Logo_News_Book et aux éditions Moustique pour l'envoi de cette très belle BD !

 

Memories of Sand - Frezzato (Mosquito, 2012, 72 p.)

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30 janvier 2012

Monkey Grip d'Helen Garner

Je suis un peu comme ça moi, dès que j'ai aimé un livre d'un auteur, je garde le nom de celui-ci en tête pour ensuite égrener son œuvre. Dans le cas présent, Helen Garner n'a publié que deux romans traduits en français, je suis donc arrivée au bout de mes possibilités (la lire en anglais, ça me parait décidément bien compliqué). Rappelez-vous, j'avais beaucoup aimé La chambre d'amie qui avait frolé le coup de coeur ! 8

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Tout d'abord, que veut dire "monkey grip"? La quatrième de couverture nous indique que cela désigne "l'accoutumance, l'impossibilité de rompre" et c'est bel et bien de cela qu'il s'agit puisque la narratrice, Nora, s'est entichée de Javo, un acteur junkie. Pour situer l'histoire, nous sommes à Melbourne en plein dans les années 70 qui apparaissent comme une période où règne le peace attitude. Car les deux personnages vivent plus en moins ensemble mais aussi avec d'autres gens dans une maison très ouverte où cohabitent enfants, étudiants, musiciens et même drogués. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la notion de maison se conçoit avec les amis dans une intimité troublante où chacun va et vient à sa guise. J'ai d'abord été très surprise de voir tous ces prénoms défilant comme s'ils étaient familiers sans qu'une stabilité ne s'instaure. Nora a une fille, Gracie, mais elle a aussi des amis à qui elle consacre le plus clair de son temps en dehors de son travail de professeur.
Javo quant à lui est un acteur accro à la drogue dont les sautes d'humeur, les tergiversations et autres magouilles peuvent en éloigner plus d'un. Ce n'est pas le cas de Nora qui s'accroche à cet homme au regard bleu azur. Son espoir est de faire durer cette histoire qui pourtant n'était pas partie pour durer. Comment se fait-il que ces deux-là se cherchent? Se peut-il qu'ils trouvent, dans la réunion de leurs deux solitudes, une réponse à leur existence dénuée d'amour? Là où Nora se cramponne à l'image de Javo, lui est quant à lui fusionnel à la drague et c'est une partie de "suis-moi, je te fuirai, fuis-moi, je te suivrai" qui commence. Au fil de la narration, se développent des sentiments très forts mais aussi des rancœurs, des jalousies, des déclarations d'amour mais aussi des preuves qu'il existe.

J'ai retrouvé avec plaisir la plume très addictive d'Helen Garner. Là où les deux protagonistes sont campés dans leurs addictions respectives, moi j'ai été captivée par ce huis-clos où les personnages défilent mais où seuls deux nous tiennent en haleine. Certes ils ne gravissent pas l'Himalaya, certes leur vie pourrait être la vôtre ou la mienne mais c'est dans cette simplicité de la trame (qui n'a pas connu d'idées fixes?) qu'on se retrouve avec un page-turner, en empathie avec l'un puis avec l'autre. Melbourne nous parait proche, ce toit où tout le monde défile, squatte puis continue son petit bonhomme de chemin, nous laisse entrevoir un panorama d'une jeunesse qui se cherche. Quel plus bel idéal que celui de vivre heureux  et en harmonie avec ses semblables? Eux en font l'expérience et développent des liens forts, des amitiés durables, des relations qui de prime abord auraient semblé improbables. Cela devrait en inspirer quelques uns !

Peut-être un passage du livre pour conclure :

La léthargie peu à peu s'est abattue sur moi à la façon dont Javo décrivait l'effet de la came : du plomb fondu déversé dans les veine. (p. 190)

Voilà un livre où euphorie et spleen se disputent la vedette. Et c'est on ne peut plus réussi !

En tout cas, petit aparté, ce livre a été adapté au cinéma en 1982. Je serais ravie d'en voir l'adaptation !

 

Monkey Grip - Helen Garner (Des femmes, 1987, 361 p.)

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19 janvier 2012

L'empreinte de l'ange de Nancy Huston


C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé la Nancy Huston que j'avais tant aimé dans Ligne de faille et La virevolte (car là oui j'y ai trouvé du romanesque et de l'intrigue). C'est ainsi, dès les premiers mots, les premières pages, la narration m'a happé et j'ai filé suivre des personnages encore très habilement esquissés par l'auteur.


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Ici on découvre une jeune femme énigmatique, Saffie, une allemande débarquant au printemps de 1957 à Paris. Cherchant un emploi, elle se retrouve en tant que domestique au service du flûtiste de renom, Raphaël Lepage. Celui-ci tombe rapidement amoureux et lui ouvre bien plus que sa porte. C'est un petit couple qui se forme. Banal en somme sauf que Saffie ne se départ pas de son masque d'indifférence, de son désintérêt de tout et même des autres. Raphaël est pour elle un homme comme un autre à un détail près, il l'entretient dans un cocon douillet. Bientôt la jeune femme tombe enceinte et c'est un espoir pour Raphaël. Et si la maternité pouvait l'éveiller à la vie et aux sentiments les plus simples?
Rien ne se passe comme prévu car Saffie exècre d'avance le petit être qu'elle porte en elle. Si seulement il pouvait disparaitre...
Surgit dans sa vie, le salvateur luthier Andras, un juif hongrois qui répare l'instrument de son mari. Mais bien plus que la flute, il répare aussi les affects de Saffie et lui donne goût à la vie, aux promenades, aux discussions animées. Ainsi Raphaël est heureux, depuis qu'il joue, se déplace et gagne encore en prestige, sa femme elle aussi s'illumine. Est-ce un rêve? Comment se fait-il que cela se soit fait si naturellement? Et ce déclic, est-il vraiment de son ressort?
On suit les personnages avec un plaisir grandissant. Plus la situation s'installe (cette double vie qui convient à tous), plus la chute parait être inéluctable. Et qu'elle sera raide ! Car l'enfant (Emil), au départ non désiré du couple légitime, est un excellent prétexte pour sortir et se rendre chez Andras. Il grandit et se plait à ce manège avec ses deux papas : l'un qui le met mal à l'aise (Raphaël), l'autre qui lui fabrique des jouets et s'occupe de lui (Andras).

Il est terrible ce livre en cela qu'on se dit qu'une relation amoureuse ne peut contenir que deux personnes. L'irruption de la troisième est source de souci tout autant que de joie et de déraison. On se prépare à une confrontation, à un malsain déballage du linge sale en public... et l'issue nous surprend malgré tout. Qu'est-ce que j'ai pu détester la Saffie aux deux visages ! Profiteuse d'un confort qu'elle ne mérite pas, elle vit dans l'amour absolu de deux hommes, bientôt comblée par un enfant qui la vénère également. Et dans tout cela elle jongle avec habileté pour ne pas éveiller les soupçons de la concierge, ni choisir entre un homme plutôt que l'autre. L'infidélité me fera toujours bondir je crois, quel qu'en soit le motif. L'histoire de Saffie qui nous est dévoilée peu à peu ne trouve pas grâce à mes yeux pour la rendre plus humaine. Je la plains, elle et la censure qu'elle s'inflige sur son passé. Si seulement elle trouvait comment se donner exclusivement à un seul homme !
Mais pour le style de l'histoire, j'y ai trouvé du plaisir, car les personnages m'ont paru réalistes, la trame elle aussi est "tendance". Mais c'est bien les cinquante dernières pages qui m'ont le plus intéressé car enfin la tension se lève. C'est presque un soulagement que l'histoire ne reste pas dans ce huis-clos cantonné à trois personnages (avec comme "otage" privilégié l'enfant) !
Encore un très bon Huston dans ma bibliothèque ! Et dans la vôtre?

L'empreinte de l'ange - Nancy Huston (Actes Sud, 2004, 327 p., collection Babel)

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17 janvier 2012

Ultraviolet de Nancy Huston

Ladies and gentlemen, j'annonce : une semaine entièrement consacrée à Nancy Huston sur ce blog. Vous allez me dire que ça commence mal avec un premier billet le mardi... soit, la régularité ce n'est pas mon fort mais du Nancy Huston il va y en avoir, et pas qu'un peu. Car il est grand temps de faire de la place à une auteur que j'affectionne particulièrement (souvenez-vous, je m'étais laissée porter par La virevolte). Et quoi de mieux qu'un coup de coeur en littérature jeunesse pour continuer en beauté?

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Lucy Larson a 13 ans. Elle vit dans l'Ouest canadien, dans un petit village paumé au lendemain du krach boursier de 1929. La pauvreté la restreint elle et sa famille et pourtant les envies demeurent inchangées : bien manger, paresser, profiter de la vie. Seulement, elle est fille de pasteur et en cela, elle doit se rendre à tous les offices comme le reste de la fratrie : une sœur, deux frères. On ne peut pas dire que ce soit l'enthousiasme lorsqu'il s'agit de parler de religion. D'une part cela l'ennuie, ensuite elle s'interroge sur l'existence de Dieu. Ainsi, quand vient l'heure de réciter le bénédicité, sa bouche reste close. Son carnet, c'est son refuge où elle livre pèle-mêle pensées inavouables, jurons et interrogations diverses. C'est que Lucy en a sur le cœur et qu'elle a de la suite dans les idées. Ce "cher carnet" c'est celui qui l'écoutera sans la juger, celui qui recueillera son spleen et ses envies. Car à 13 ans, on est pas tout à fait un adulte mais on se sent pourtant bien loin de l'enfance et de ses restrictions imposées. Le quotidien de la famille c'est d'accueillir les "pauvres" et de leur offrir gite et couvert. Non que les repas soient fastueux mais le partage est une valeur essentielle véhiculée par le pasteur Larson. Voici comment arrive un jour le curieux docteur Beauchemin, un expatrié venu de l'Est qui débarque avec un passé dont il ne faut dire mot. Qu'y a-t-il à cacher? Qu'a-t-il fait pour se retrouver sans rien ni personne au milieu de nulle part? Lucy trouve en lui un interlocuteur à l'écoute porté sur l'échange et le débat. Son carnet petit à petit se fait le témoin de cette relation ambigüe entre Lucy et l'étranger.

Il y a peu de mots pour dire comment j'ai ressenti l'histoire. J'ai trouvé la jeune narratrice touchante car elle semble en mal de communication : d'abord le journal puis le docteur. Et elle apprend constamment des autres, des mots (qu'elle cherche à grand renfort de dictionnaire, pour le compliqués) et dissimule ses ignorances derrière l'humour et la répartie. Quant au tour que prend l'histoire, je vous laisse juge mais quant à moi je l'ai trouvé plausible, voire prévisible. De plus, comment ne pas parler de la forme du récit? Car c'est bien le petit journal intime que nous avons là et c'est dans les mots simples et volubiles qu'on trouve toute la fraicheur du personnage.

Chaque fois que maman ressort la rengaine du "c'était mieux avant", j'ai envie de lui demander : "Mais alors, si tu aimais tant cette vie-là, pourquoi as-tu épousé un pasteur sans le sou qui avait choisi de s'enterrer dans l'Ouest?" [...] Mais une fille de treize ans ne peut pas vraiment poser ce genre de questions à sa mère. D'autant que, si la mère en question n'avait pas épousé le pasteur en question, la fille en question ne serait même pas là pour la poser, la question. (p. 27)

Ce ne sera rien de moins qu'un coup de cœur pour cette lecture ultra plaisante de début d'année. Je recommande bien évidemment chaudement !
 
Ultraviolet - Nancy Huston (Editions Thierry Magnier, 2011, 78 p.)

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04 décembre 2011

L'unique objet de mon désir de Frédéric Teillard

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Un homme (Gilles), sa femme (Alix) sont les personnages bien ancrés dans ce roman. Gilles est écrivain et il est laissé seul au moment de Noël, livré à ses pages blanches. Pendant ce temps-là, Alix fuit le domicile pour retrouver Nino, son amant, en Normandie. Une bête histoire d’adultère, vous allez me dire ? Pas tout à fait car, tour à tour, ces deux êtres séparés prennent la parole et donnent corps à leurs doutes, leurs envies, leurs espoirs. Pour Gilles c’est une habitude que d’écrire sur la vie. Pour Alix, la confession sur son journal intime tient plus de l’échappatoire, de la thérapie pour trouver sens à ce qui lui échappe.

Gilles persiste à vouloir écrire son nouveau roman mais manque d’inspiration Quant à Alix, c’est du bon temps qu’elle cherche à trouver auprès de Nino, exact opposé de son mari Gilles. Mais n’est-ce pas illusoire de prêter un semblant renouveau à une histoire faite de passion et de chair ? Toute la fiction s’écoule ici pendant la période de Noël, habituellement heureuse et conviviale mais qui est ici charnière en termes de construction et de déconstruction de couple.

Je me suis retrouvée dans ce roman, en particulier empathique par les déambulations d’Alix, tournée vers une vie faite d’imprévus tout en étant nostalgique de ses années de complicité avec Gilles. Doit-elle le quitter ou lui donner une nouvelle chance ? Paradoxalement, c’est aussi cette ambivalence des sentiments qui peu à peu a commencé à m’échauder. Qu’Alix prenne ses responsabilités, si tant est qu’elle ait les clés de son cœur ! De toute façon, ça me fait toujours bondir quand le sujet traite de près ou de loin de l'adultère. Il n'en fallait pas plus pour que je démarre au quart de tour wink

C’est un court roman dont la dynamique repose sur l’alternance de styles : Gilles est un littéraire, un prosateur maniant mots et réflexions avec brio. Pour Alix, la confession est plus énergique, peut-être plus intime et confuse car c’est de son corps et de son âme dont il s’agit. C’est une aventure (extra)conjugale qu’on suit avec plaisir, pressé d’en découvrir le dénouement mais aussi interpellé par le style et par cette intrigue amoureuse qui en concernera plus d’un.

Livre lu dans le cadre des chroniques

L'unique objet de mon désir - Frédéric Teillard (Galaade, 2011, 224 p.)

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29 novembre 2011

La Chartreuse de Parme de Stendhal

S'il est un livre que je souhaitais lire depuis longtemps, c'est bien La Chartreuse de Parme. L'un de mes grands classiques de tous les temps c'est Le rouge et le noir. Après celui-ci, je n'avais qu'une envie, approfondir avec ce roman "italien". C'est chose faite et je ne boude pas mon plaisir car j'y ai trouvé matière au romanesque, à la passion et à l'aventure.

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Le personnage principal de ce roman, Fabrice del Dongo, c'est un peu l'anti-héros tel qu'on le connait (celui qui fonce tête baissée et se rend compte de ses erreurs après coup). Plein de bravoure mais immature, il fuit Milan, Grianta, Côme et tous les endroits qui l'ont vu évoluer pour rejoindre Napoléon, son "idole". Mais c'est dans le même temps que se déclare la bataille de Waterloo qui, comme chacun le sait, se termine sur une défaite. Ce qui est drôle c'est que Fabrice y prend part, très idéaliste sur l'issue de la confrontation. Il débarque, fait ses premières armes, se fait houspiller et termine même emprisonné.

Mais le tapage devint tellement fort en ce moment, que Fabrice ne put lui répondre. Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois, la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. (p. 87)

On le prend presque en pitié ce jeune héros qui prêche pour la gloire mais ne prend la prison et l'exil. Après la libération, il multiplie les conquêtes amoureuses et fait tomber le cœur de ses dames (c'est que c'est un séducteur invétéré). Puis, un jour, il tue au cours d'un combat, Giletti, un mari jaloux. De cela, il écope une bonne paire d'années de prison et est conduit à la tour Farnese. Ce lieu, qui aurait pu être celui de la reconstruction est surtout celui qui lui fait connaître le grand amour, en la personne de Clelia Conti, fille du gouverneur de la prison. Fabrice vit heureux, éperdu devant ses visions quotidiennes de l'être aimé mais c'est sans compter la détermination de sa tante, Gina, secrètement amoureuse, qui le convainc de s'échapper.
Même si l'évasion est une réussite, que Clelia y était elle-même mêlée, les destins amoureux se scellent : Gina épouse consécutivement le prince puis le comte Mosca (qui l'a toujours soutenue) et doit renoncer à son cher neveu. Quant à Clelia, elle répond au vœu de son père en épousant Crescenzi, mais son cœur et ses pensées sont tous tournés vers Fabrice. Le galant amour souverain se poursuit entre nos deux protagonistes italiens : Clelia et Fabrice. Ils s’accommodent de la situation jusqu'à ce qu'un événement douloureux viennent compromettre toute leur histoire.

Voilà comment l'histoire de La chartreuse de Parme bascule de la joyeuseté des guerres ou prisons à la tristesse des amours déçus et des destins séparés. Mais c'est ce qui fait le charme de ce roman : l'aspect un peu désuet des sentiments exaltés et platoniques face à la fierté et aux devoirs individuels de chaque personnage. J'ai profondément aimé me replonger dans un classique car j'y trouve à dose égale tous les plaisirs qui m'immergent dans une narration traditionnelle : une trame pleine de péripéties avec un héros à la frontière de la candeur. Et à ses côtés gravitent une foule de personnages, tous plus engagés les uns que les autres : politiquement, religieusement, amoureusement...
J'ai été charmée par cette déambulation de lieux, de personnages, d'actions et ai trouvé beaucoup de plaisir à me trouver régulièrement interpellée par Stendhal qui s'adresse à son lecteur "le lecteur aura tôt fait de remarquer que...". Oui le lecteur est un acteur à part entière ! L'Italie où se place la majeure partie de l'action, nous parait être la terre de tous les compromis mais aussi de toutes les audaces. Et on a tôt fait de vouloir s'inscrire comme un lecteur averti de toute cette intrigue italienne !

Je tiens à remercier libfly ainsi que pour ce roman reçu dans le cadre de
l'opération Un poche, Un(e) mordu(e), Une critique !
! Je suis désormais conquise par ce nouveau format qui risque d'être un formidable compagnon de mon sac à main wink

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La Chartreuse de Parme - Stendhal (Pointsdeux, 2011, 913 p.)

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15 octobre 2011

Le langage secret des fleurs de Vanessa Diffenbaugh

Non, non je ne suis toujours pas là pour de bon mais j'ai une critique sous le coude. Ca tombe bien, c'est du bonbon ! 41239185_p
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Victoria est une jeune femme qui a toujours été ballottée de familles d'accueil en foyers. De tous ces domiciles temporaires, Victoria a tiré une certaine méfiance et un côté un peu sauvage. Son dernier refuge c'est les fleurs dont elle connait les moindres secrets et qu'elle sait assortir avec goût. A dix-huit ans, sans ressources et à la rue, elle vagabonde dans San Francisco à la recherche de boutures à voler. C'est sa rencontre avec une fleuriste, Renata, qui bouleverse sa vie. De la jeune fille paumée et en recherche de recherches, elle semble avoir trouvé sa planche de salut, son terrain d'épanouissement. Car aller à la conquête des plus belles espèces c'est quelque part un challenge qu'elle relève haut la main. Arrive Grant, un autre artiste de la composition florale qui, tout comme Victoria, laisse passer des messages avec les fleurs qu'il livre. Ce pourrait-il qu'un autre ait le même mode de communication qu'elle?
Victoria s'ouvre peu à peu, apprivoisée par ce nouvel entourage qui l'encourage et la plébiscite. C'est que ses réalisations atteignent la perfection, sont des œuvres-d'art de sensibilité et de finesse. Le succès est au rendez-vous et la clientèle se bouscule afin d'avoir droit aux conseils personnels et si avisés de Victoria.
Dans l'ombre, une présence plane toujours sur notre jeune femme en construction. Une entrave la replonge sans cesse en arrière, à l'époque où elle vivait chez une femme, une certaine Elizabeth, mère de substitution, qui lui a donné le goût des autres et de la nature. Que s'est-il passé pour que Victoria soit désormais seule aujourd'hui?

Voilà un beau livre doudou qui fait plaisir à lire car il est réconfortant. On se sent d'emblée en empathie pour cette demoiselle qui, à l'aube de sa vie adulte, a déjà subi brimades et désamour. Trouver une échappatoire dans les fleurs parait revêtir de multiples charmes et diverses perspectives pour la suite : devenir fleuriste, enfin trouver son moyen de communication, partir en quête de l'inconnu, de la fleur rare dont personne ne se doute...
Victoria se construit une carapace de fleurs et plantes, rempart contre le monde mais aussi expression de sa sensibilité et de sa curiosité pour le monde. On se prendrait à rêver que tous les esseulés et laissés-pour-compte s'investissent dans une passion et que la reconnaissance et l'amour soient à portée de tous. Victoria galère mais elle s'en sort car c'est une battante. Dénigrez-la et elle vous congédiera avec des fleurs ! Quel plus beau châtiment que de se faire remercier en toute intelligence. C'est brillant, c'est doux, c'est coloré et ça en deviendrait presque poétique, si on se laissait totalement imprégner par le texte.

Des ombres profondes et complexes. La fleur [de cerisier] qui occupait la feuille entière était d'une beauté inouïe. Je me mordis la lèvre.
A son retour, Grant me regarda avec insistance.
- Signification? lança-t-il.
- Bonne éducation.
Il secoua la tête.
- Caractère de ce qui est éphémère. La beauté et la fragilité de l'existence. (p. 223)
Je recommande en cas de blues, spleen ou autre mélancolie passagère. C'est une petite douceur pour le cœur !

Et en bonus à la fin du livre, vous pourrez vous référer au dictionnaire des fleurs de Victoria ! Au moins, j'ai pu y découvrir la signification de ma fleur préférée, le lys. A ce propos, savez-vous ce que signifie la rose orange?

Le langage secret des fleurs - Vanessa Diffenbaugh (Presses de la Cité, 2011, 404 p.)

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30 août 2011

La comtesse et les ombres de Carey Wallace

La rentrée littéraire est plus que jamais dans le vent. Voici un nouvel ouvrage paru le 11 août qui a, d'ores et déjà, une couverture des plus alléchantes.

Nous somLa_comtesse_et_les_ombres_Carey_Wallacemes au XIXe siècle, dans une vallée italienne. La comtesse Carolina Fantoni s'apprête à épouser le plus beau parti de la région, Pietro, convoité de nombre de ces démoiselles. A l'heure de ce grand événement, un autre problème vient agiter Carolina : elle est en passe de perdre la vue. Son entourage ferme les yeux (c'est le cas de le dire) et ce mariage, heureux pour les deux familles, ne fait pas totalement le bonheur de la mariée. C'est que Turri, un inventeur fantasque, occupe ses pensées. Le mariage a lieu mais Carolina et Turri ne rompent pas les liens pour autant ; ils se retrouvent régulièrement au bord du lac de la demoiselle, abri de tous ses tourments et préoccupations. Leur amitié est indéfectible et ce n'est pas leur mariage respectis qui les ramène à davantage de raison. Turri continue à explorer les berges, parfois accompagné de son fils Antonio, à expérimenter de nouvelles idées, comme son ingénieuse machine volante. Lorsque Carolina perd la vue, la beauté des paysages s'arrache à elle et l'indifférence des uns et des autres la ramène à triste condition de femme du monde. Un jour, Turri lui fait porter une machine à écrire, la première du genre qui lui permettra de communiquer en dépit de sa cécité.  Une nouvelle échappatoire s'offre à elle avec cette invention géniale garante d'une certaine autonomie.

- Je dormais sur la rive, raconta-t-il. Je me suis réveillé lorsqu'il a commencé à pleuvoir. Je me suis assis, prêt à me réfugier dans la maison, et alors j'ai réfléchi. Je me suis demandé ce que je verrais si je m'allongeais ici et regardais le ciel.
- Qu'avez-vous vu?
- La pluie, répondit-il avec un nouveau sourire. Ensuite, elle est tombée dans mes yeux et je n'ai plus rien rien vu du tout. (p. 73)

Je dois le confesser, je n'ai pas aimé ce livre. Ce n'est pas faute de l'avoir regardé sous tous les angles en librairie, attirée par cette très belle couverture et son résumé aguicheur. J'ai succombé et me le suis offert ! Seulement, au bout de quelques pages de lecture, j'ai compris que la magie n'opérerait pas. Le style est (trop?) simple, les dialogues sont d'une platitude sans nom et les personnages perdent toute crédibilité avec leurs agissements d'enfants. De plus, on se perd dans les réflexions de Carolina, d'abord voguant dans l'obscurité puis murée dans un noir d'encre. Elle digresse dans des apartés oniriques où parfois le rêve semble rejoindre la réalité. J'ai dû reprendre certains passages, perplexe quant à l'évolution de ses rêves, où la faculté de voir lui est rendue. Certes, il peut paraitre logique de rêver avec de vraies images, toutefois les passages manquaient cruellement de vraisemblance. Le trio fou (Carolina/Pietro/Turri) m'a été antipathique du début à la fin et ce n'est pas la bonne (dont je viens même d'oublier le nom) qui rattrape le tout, inventant des histoires pour divertir Carolina. On se croit dans un conte pour enfants alors que les personnages sont des adultes, devraient faire rêver, et ne font en fait que sourire de par leurs extravagances et futilités.

Certaines tournures de phrases m'ont également gênée. Citons par exemple une phrase (que je n'ai pas réussi à retrouver et que je citerai donc approximativement) qui dit à peu près ceci "Il la regarda avec ses yeux". Hum ! Peut-on regarder avec ses pieds? Ou encore : "des pas l'attendaient devant la maison". Y a-t-il une quelconque figure de style derrière tout ça? Je vous avoue qu'en fin de roman, j'ai été lasse de reprendre des passages, cherchant des sens cachés ou une poésie que je n'aurais su cerner. Bref, moi qui aime une langue fluide où tout coule de source, je n'ai pas pu m'empêcher de buter sur ces petits défauts.

Première déception de cette rentrée littéraire. Il en fallait bien une et il est certain que passer après de beaux coups de coeur comme La couleur des sentiments, A l'enfant que je n'aurai jamais et Famille modèle n'aura pas été salutaire pour La comtesse et les ombres qui ne peut espérer tenir la comparaison.

Je tiens tout de même à saluer le très beau site internet de l'auteur ici avec tout plein de papillons, comme j'aime gif_papillons_10top

La comtesse et les ombres - Carey Wallace (Presses de la cité, 2011, 269 p.)

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21 juillet 2011

Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes

65147399Honte à moi, je ne connaissais Barthes que de nom et n'ai jamais été plus intéressée que ça. En voyant que Fabrice Luchini avait lu une partie des Fragments d'un discours amoureux, j'ai été intriguée par le sujet. Luchini parlant de l'amour, voilà qui pouvait être intéressant. Effectivement, l'écoute est à la hauteur d'un texte qui semble extrêmement fort et efficace. Les intonations de Luchini se marient formidablement avec les mots de Barthes.

Quelques mots et leur définition, nous sont donc livrés avec talent. L'absence, l'attente ou la jalousie sont quelques uns des termes abordés. On écoute avec fébrilité car Luchini est habité par ce qu'il raconte et c'est amplement communicatif !
Et comme la première lecture ne suffit pas (quelques secondes ou minutes d'inattention et on a l'impression d'avoir manqué l'essentiel), on se repasse le CD avec joie, soit par bribes, soit en continu. Le plaisir n'en est pas amoindri, loin de là et on se plairait à se le repasser dès que possible !

Rien de pompeux ou d'ampoulé, comme je m'y attendais. C'est une belle surprise !

Fragments d'un discours amoureux - Roland Barthes ; lu par Fabrice Luchini (Audiolib, 2011, 1h10 d'écoute)

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08 avril 2011

Barbara de Jørgen-Frantz Jacobsen

A quoi dois-je de m'être aventurée en de pareils chemins? Si la Scandinavie compte l'archipel des ïles Féroé, je me demandais quel genre de littérature pouvait émerger par là-bas. C'est ainsi que j'ai mis la main sur Barbara, unique chef-d'oeuvre d'un écrivain qui eut une existence éclair (mort à 37 ans).
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Barbara est ce que l'on peut appeler une Carmen des temps modernes. Séductrice et envoutante, elle fascine de par son audace, sa grâce, sa sensualité. A 28 ans, elle a déjà été mariée à deux pasteurs, le troisième à pris la poudre d'escampette avant que l'infortune se répète à nouveau : celle du mari délaissé qui sombre peu à peu dans la folie.
Un nouveau pasteur arrive à Tórshavn, il vient de Copenhague et s'occupera de Vagø, loin de l'effervescence du Port de Tórshavn. Libre d'esprit, intellectuel et indépendant, c'est donc un conquérant gagne les ïles. Dans la population locale tous entrevoient ce qu'il va se passer une nouvelle fois. Barbara, au charme ravageur va jeter son dévolu sur lui.
Tous complotent et craignent la suite des événements à commencer par Gabriel, le cousin de Barbara, qui préférerait qu'elle prenne mari dans le cercle familial (eh oui, cette brute pourrait bel et bien avoir le béguin pour sa cousine). Il y a aussi les parents de Barbara qui assistent impuissants à toute cette débauche de sentiments. Car la jeune femme enchaine les relations sans jamais se fixer. Dépendante de ses instincts amoureux, elle papillonne de l'un à l'autre, flirte légèrement puis revient vers une semi raison avant de retomber totalement dans une passion destructrice.
Ce nouveau pasteur, Monsieur Paul, est donc la cible idéal puisque c'est un parfait étranger et qu'il diffère de Barbara en cela qu'il se met en devoir d'exercer sa fonction consciencieusement, laissant une place plus réduite à l'amour. Enfin, dans les faits c'est effectivement le cas. Le nouveau pasteur parcourt les ïles pour prodiguer voeux et cérémonies, quant à Barbara, elle attend de son côté son heure avec une docilité inhabituelle. Le temps passe, le couple est maintenant loin du Port, des festivités et de la vie culturelle et villageoise qui plait tant à Barbara.
Inutile de vous dire que Barbara est une inconstante. Parfois portée par de violents élans amoureux, elle peut virer d'une minute à l'autre à l'indifférence. Et le pasteur dans tout ça a bien du mal à comprendre ce qui les anime tous deux.
Monsieur Paul qui, tout le jour, avait eu l'impression de se trouver dans les ténèbres, se sentait maintenant inondé de lumière. Celle-ci ne venait ni de l'éclat du bois blanc de la table, ni du linge que cousait Barbara, ni de ses mains éblouissantes, mais de ses yeux qui jetaient un éclat si vif qu'elle devait comme les reprendre après chaque regard. On eût dit qu'ils avaient montré trop d'abandon et qu'ils en avaient honte. (52 p.)
La grande interrogation c'est que Barbara n'y connait rien à la religion et a même l'air de s'en moquer éperdument. Pourquoi met-elle alors un point d'honneur à n'envoûter que les pasteurs?
 
Elle lui tendit la feuile. Les grandes lettres désordonnées dansaient le long des lignes qui montaient vers le coin droit du papier. L'orthographe était douteuse, mais malgré tout c'était lisible. Soudain, cessant de lire, il s'exclame douloureusement :
- Jésus !
Barbara ne comprit pas tout de suite ce qu'il voulait dire. Puis tout à coup, elle rougit violemment.
Barbara, tu ne sais même pas écrire Jésus ! [...]
Elle lui arracha prestement la feuille, s'assit de nouveau et, la langue entre les lèvres, la plume éclaboussante, elle raya violemment son "Gésu" et écrivit au-dessus, sans fautes cette fois. (127-128 p.)
Rien ne sert de dévoiler la suite, même si pour moi Barbara a été un personnage particulièrement horripilant. Tour à tour enjôleuse puis sérieuse, elle frise l'indécence avec ses manières de petite fille aussi intouchable qu'offerte à tous. Elle pourrait volontiers être une rivale si elle sortait du roman car son unique raison de vivre est d'aguicher les hommes les moins enclins à succomber à ses avances.
Mais c'est justement dans ce jeu dangereux qu'on se dit que Jacobsen a été très fort. Il réussit à nous faire détester son héroïne et, en quelques pages, à la fin du roman, à exulter de bonheur sur son sort (et il n'est pas ce que vous croyez). Quoi, j'en ai trop dit? Non point assez car ce roman suit les évolutions tumultueuses de sentiments contradictoires jamais tout à fait domptés. On est à flot et la brise est pour l'instant légère !
Barbara - Jørgen-Frantz Jacobsen (Actes Sud, 1991, 300 p.)

Posté par Mélopée à 11:00 - Littérature scandinave - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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