11 décembre 2009
Fée et tendres automates
Triptyque :
1 - Jam (1996)
2 - Elle (2000)
3 - Wolfgang Miyaké (2003)
Nous sommes à Carlotta, mégalopole aux airs futuristes et dévastés. La
haine des hommes s'est développée et le chaos règne par le seul pouvoir
d'un empereur autoritaire et en lutte avec son peuple. Dans cet univers
dévasté, éclot une histoire d'amour entre un automate Jam et une fée
inachevée par son créateur. C'est donc un conte de fées où peuvent
renaître les sentiments au milieu des décombres et où les objets
généralement inanimés sont pourtant capables de la plus grande humanité.
Voici au dos ce qui nous guide :
L'esprit des fées, jamais, ne nous quittera.
Deux êtres.
Purs et fragiles.
Deux
automates à jamais perdus à travers les siècles. Deux cœurs aux
précieuses orfèvreries, qui battent l'un pour l'autre d'un amour
éternel.
C'est un vrai conte de fées que de plonger dans la
dévastation des temps futurs où l'âme humaine transcende le matériel et
où les désenchantements sont synonymes de renaissance. C'est un
triptyque caractérisé par les couleurs sombres de la barbarie humaine
qui créent encore plus de contraste avec la pureté et la sensibilité de
ces deux êtres retirés du monde. Une dose de SF, un soupçon d'amour et
des décors baroques à vous couper le souffle. Ma médiathèque possédait
les deux premiers volets, je me suis ruée en librairie pour me procurer
la suite.
J'ai été emballée par la série et propose donc un 8,5/10 et c'est un futur cadeau de Noël pour ma meilleure amie !
Fée et tendres automates - Téhy, Béatrice Tillier et Frank Leclercq (Ed. Vents d'Ouest, 2005)
07 décembre 2009
Journal d'un vampire de L. J. Smith
J'ai été assez
bluffée de voir que la série Journal d'un vampire
n'avait pas été évoquée sur le forum que je fréquente régulièrement. Surfant sur le raz-de-marée Twilight,
Hachette a ressorti ses vieux livres de fond de tiroir pour nous
proposer Journal d'un vampire, qui était jusque là en rupture de stock.
La
stratégie est bien pensée car sur les étalages promouvant Twilight,
s'est infiltrée notre amie L. J. Smith et son discret vampire sorti de
nulle part.
L'histoire se déroule en Virginie à Fell's Church,
où Elena parfaite lycéenne studieuse et populaire fait sa rentrée.
Celle-ci est constamment haranguée par ses camarades tant féminines que
masculins. Rien n'a changé si ce n'est qu'un nouvel arrivant nommé
Stefan Salvatore est aussi dans sa classe. Comment ce jeune garçon si
mystérieux peut-il rester insensible à son charme? Pourquoi semble-t-il
redouter les face-à-face?
Peu à peu le voile se lève et tous deux
semblent attirés comme des aimants. Le mystère est-il levé? Car Stefan
est jeune depuis de nombreuses années et cache un passé trouble. Une
histoire sentimentale a bouleversé sa vie et d'étranges similitudes
commencent à se dessiner au travers du profil d'Elena.
Pourquoi
Damon, frère de Stefan, doit-il rester sous contrôle? De nombreuses questions subsistent et notre héroïne ne demande qu'à prendre part à
toute cette agitation.
J'ai tenté de rester neutre dans mon résumé mais mon opinion est assez tranchée sur ce livre. J'ai trouvé l'aspect commercial concernant cette réimpression assez déplaisant. Enfin, qu'à cela ne tienne, si le style et la trame sont à la hauteur, je me serais départie de tous mes préjugés. Or les personnages sont sans consistance : la fille trop "bien" d'un côté et le garçon trop inaccessible de l'autre côté. On se croirait dans un espèce de mauvais remake : Elena est avec ses copines, Elena veut avoir Stefan, Elena est de nouveau avec ses copines, Elena a Stefan, Elena est folle amoureuse, etc. (vous aurez reconnu Hélène et les garçons).
Bref, j'avais acheté avec empressement le premier tome dès sa sortie et l'ai donné de bon cœur à ma petite sœur. N'imaginez pas avoir affaire à un lointain cousin ou protégé de Stephenie Meyer, la comparaison ne tient pas la route. Le tome 2 est sorti récemment mais ce sera sans moi, à moins qu'il ne l'acquièrent à la bibliothèque.
PS : Par contre, je recommande la série télévisée adaptée du livre. Pour les intéressés, il s'agit de Vampire Diaries !
3,5/10 pour moi ! D'autres avis chez Edelwe, Malou (plus enthousiaste), Clarabel, Jess, Celsmoon, Dunky, Deliregirl1, Hydromielle, Hildebald, Nyima, Angua, Melaine, Maribel... Cela en fait du monde !
Journal d'un vampire (tome 1) - L. J. Smith (Hachette, Coll. Black Moon, 2009, 453 p.)
Horace de Pierre Corneille
La pièce de théâtre est inspirée du combat entre les Horaces et les Curiaces. Second succès
de Corneille après Le Cid,
elle est une réponse aux contradicteurs du Cid. Deux personnages
prennent place dans cette tragédie : Horace, originaire de Rome et
Curiace, servant Albe. Ceux-ci sont sommés de se battre pour défendre
leur cité. Or Camille, maitresse de Curiace est la sœur d'Horace et
Sabine aimant Horace est la sœur de Curiace. C'est donc un reflet de
personnalité que ces deux profils qui se font face entre haine et amour.
Ainsi, quelle que soit l'issue du combat, le drame à venir va fatalement ravager les deux familles.
Cette tragédie est évidemment menée de main de maître sur un rythme soutenu et pesant. Les personnages sont tous liés et s'entrainent bien malgré eux sur la pente descendante. Comme toute pièce de théâtre, et en particulier comme toutes les œuvres de Corneille, le style et les répliques sont cinglants. On assiste au spectacle impuissant et en espérant le miracle qui ne vient pas.
Un passage :
Sabine: "[...] Si je pouvais encore être toute Romaine
Et si je demandais votre triomphe aux dieux,
Au prix de tant de sang qui m'est si précieux,
Je ne suis point pour Albe, et ne suis plus pour Rome ;
Je crains pour l'une et l'autre en ce dernier effort,
Et serai du parti qu'affligera le sort.
Égale à tous les deux jusques à la victoire,
Je prendrai part aux maux sans en prendre à la gloire,
Et je garde, au milieu de tant d'âpres rigueurs,
Mes larmes aux vaincus, et ma haine aux vainqueurs." (p. 32)
Comment noter une telle pièce? 9/10 mais je ne me sens pas trop légitime à donner une note à un Corneille !
Horace - Pierre Corneille (Larousse, 1965, 139 p.)
Dés de poulet façon mégère de Liu Xinwu
Voilà un livre sur lequel je fondais beaucoup d'espoir. Ayant relativement apprécié Poisson à fac
e humaine dont la longueur avait constitué le seul inconvénient, j'ai donc entamé Dés de poulet façon mégère
pleine de bonne volonté devant ce petit volume à me mettre sous la
dent. Le contentement a été de courte durée : le récit m'a lentement et
sûrement plongé dans un profond ennui.
L'histoire est divisée en
courts chapitres ayant tous pour titre un plat chinois - émincé de porc
à la pékinoise, mantou frits, etc. - ce qui me semblait une
construction intéressante pour dresser un parallèle entre un repas et
l'action du livre. Mais il n'en est rien, ces intitulés semblent juste
décoratifs pour nous montrer que la Chine a une folle diversité de
plats. Dommage car l'auteur aurait pu davantage marquer la corrélation
entre nourriture et narration !
L'action se passe donc dans
une résidence où de nombreux travailleurs migrant des campagnes ont
trouvé leurs quartiers. Le lieu le plus révélateur de ce mélange des
populations est le restaurant où les employés se côtoient dans une
relative clandestinité. Dans ce contexte, l'un des vigiles Hekai décide
d'officialiser sa relation avec une des serveuses Xiaomei.
Je vous
cite ce qu'il en est dit en quatrième de couverture : "une réflexion
sur les conditions de vie, dans la capitale, de la main-d'oeuvre venue
des provinces. A travers ce récit de la Chine du XXIe siècle, Liu Xinwu
brosse une galerie de portraits de ces petites gens et lance un vibrant
plaidoyer en faveur de ces migrants à l'intérieur qui tentent de
s'intégrer à la société urbaine en transformation brutale".
Même si
la résumé semble alléchant, j'ai au contraire trouvé les personnages
inconsistants, il y a beaucoup de digressions et on se perd entre les
différents lieux (restaurant, résidence...)
Une belle déception en
somme ! Les petits dessins ponctuant le récit sont peut-être la seule
note de légéreté qui m'a donné envie d'aller de l'avant.
S'il fallait ne relever qu'un passage :
"Le renvoi de Xie Chaojie ainsi que le versement immédiat de la totalité de son salaire ne devaient pas être annoncés officiellement, mais il fallait répandre l'information de manière que tout le personnel l'apprenne: on avait le choix entre toucher sa paie séance tenante et décamper, ou rester et attendre patiemment qu'elle vous soit versée. Si les crapauds à trois pattes sont rares, les travailleurs migrants à deux jambes, ce n'était pas ce qui manquait, tout le monde le savait ! Aussitôt parti, aussitôt remplacé ! Mais retrouver du travail ailleurs, ça, c'était une autre affaire." (p. 132)
Hanta l'a lu, Sylvie aussi et pour moi c'est un 3/10 !
Dés de poulet façon mégère - Liu Xinwu (Bleu de Chine, 2007, 150 p.)




