La beauté du mal de Rebecca James

Good morning Australia ! Voilà un ovni tout droit débarqué de là-bas qui se dévore !
Je vous avoue avoir beaucoup hésité sur la cible concernée par ce livre car sans doute que les adolescents sont en ligne de mire, il n'est néanmoins pas si léger et est digne d'un vrai thriller psychologique. Car l'auteur parvient au fil du texte à nous entrainer loin, très loin dans la tension qui restait déjà sous-jacente. Je ne suis plus si ado, il n'empêche que j'ai été très prise par le récit.
Le sujet est tapageur, il ne peut qu'interpeller : Katherine, notre narratrice, est la fille effacée et introvertie qui cherche à se faire oublier. Quant à Alice, elle est belle et populaire, délurée et fantasque elle est tout le contraire de notre héroïne. Malgré les deux mondes qui séparent ces personnages, une amitié nait et nos deux copines ne se quittent plus. Rien de plus banal, vous allez me dire que les contraires s'attirent mais dans cette histoire-là le revirement fera l'effet d'une claque. Car l'amitié n'est pas sans danger et que celles qui pactisent avec le diable n'ont qu'à bien se tenir. Vous devez bien vous douter que je ne vous dis pas tout et que pour que le mystère reste entier, il faut que je passe sous silence des éléments in-dis-pen-sa-bles qui font tout le charme du livre. (Mais vous ne saurez rien de plus, pas la peine de me supplier, faudra le lire !)
Alors par où commencer dans les remarques? J'en ai à la pelle car ce roman DOIT faire fureur ! Le style est bon, le ton est bien enlevé et les flash-backs sont utilisés à bon escient. Les ingrédients sont donc tous là pour que la magie opère d'autant plus qu'on ne peut que vouloir savoir où cette amitié va les mener.
Bon par contre je vous interdis formellement de lire la quatrième de couverture qui honteusement nous dévoile le gros nœud de l'histoire. Pourtant l'auteur avait pris soin de nous tenir en haleine jusqu'à au moins la moitié du roman mais l'éditeur a sans doute préféré cracher le morceau d'une des ficelles de cette fascinante intrigue.
Bon je donne mes recommandations mais uniquement pour vous ménager car moi j'aurais adoré tout découvrir au fur et à mesure du texte.
Passons à des critiques plus professionnelles ou du moins à des annonces qui peuvent peut-être mettre du poids dans la balance : "la destinée de cette jeune mère (l'auteur) [...] est déjà comparée à celle de J.K. Rowling". Oui rien que cela, une référence à Rowling ! Et loin de tout nier en bloc, je me dis que Rebecca James nous a, je dois bien l'avouer, livré un très bon page-turner. Après la comparaison est un peu forte... quoi qu'il en soit j'adorerais lire d'autres livres de cette auteur (qui pour l'instant n'en a pondu qu'un traduit en français).
Autre chose de la plus haute subjectivité : la couverture française est pas mal avec cette adolescente qui pleure et dont la larme recèle le visage d'une autre. Mais que dire en comparaison des autres éditions étrangères?
-1- Édition australienne
-2- Édition américaine


Au final : voilà un fameux volume plein de suspens, une sorte de thriller psychologique qui ne peut que nous plaire à nous autres petits lecteurs friands d'histoires torturées.
PS : Et en prime la bande-annonce du livre en italien est ici !
La beauté du mal - Rebecca James ; traduction de Marie-France Girod (Oh Editions, 2010, 291 p.)