Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio

Un bien joli film que cette petite pépite venue tout droit du Mexique. Court certes, car en 1h10 c'est bouclé et on est de nouveau dehors, mais je ne vous cache pas que les séquences filmées sont loin d'être bâclées. Il a d'ailleurs obtenu le Prix du Jury du festival de Miami.
Venons-en
à l'histoire : Jorge est mexicain, Roberta est quant à elle italienne.
Une idylle se noue et de cette union nait Natan. Mais sitôt l'enfant là,
les parents se rendent compte du fossé qui les sépare puisque Jorge
habite Banco Chinchorro, en plein Golfe du Mexique et la mère est une
pure occidentale bien rattachée à la civilisation. Ils se séparent et
Natan suit sa mère.
Le film débute lorsque le père vient récupérer
son fils le temps de quelques vacances pour qu'il connaisse ses racines à
lui. Natan se trouve donc isolé, avec ce père un peu sauvage et tous
les hommes de là-bas qui vivent de la pêche.
Une véritable découverte
et c'est dans un décor pour le moins splendide que des relations se
construisent : l'apprentissage de l'espagnol, la vie sur pilotis, la
pêche mais aussi l'environnement constitué de hérons, de crocodiles et
d'autres animaux tropicaux.
Le film prend une certaine ampleur dans
la simplicité du scénario. On est d'ailleurs très proche du
documentaire et cela se comprend volontiers car le réalisateur signe là
son premier film de fiction après un film
documentaire. On sent donc qu'il y a beaucoup de vrai dans cette réalité
mise en images. Déjà, et je l'ai appris en cherchant des informations,
car les acteurs sont des amateurs et qu'ils jouent leur propre rôle,
ensuite parce qu'il n'y avait pas de scénario bien défini et qu'ainsi
donc l'improvisation a pris sa place devant les caméras.
Peut-on
reprocher cette prise de liberté, ce non-cadrage des personnages? Non je
ne crois pas car dans ce dépouillement extrême j'y ai, pour ma part,
trouvé une belle énergie, un vrai bol d'air plein d'authenticité.
On
ne peut pas dire que l'histoire soit dans le fond d'une grande beauté
car en filigrane on se rappelle sans cesse que ce petit Natan c'est
quand même un enfant de la séparation, vivant entre deux mondes à
l'extrême opposé. Mais les paysages laissent sans voix car la nature est
épargnée des ravages humains. Les seuls hommes qui vivent dans ce petit
coin de paradis se contentent de leur pêche du jour, de leur bateau et
de leur construction de fortune.
Voir les choses du point de vue
d'un enfant est quelque part libératoire car il s'émerveille de peu de
choses : du héron Blanquita qui leur rend visite chaque joue, de la
taille d'un poisson pêché, de la pluie qui vient troubler les habitudes
de pêche.
Voilà un film qui m'a fait grand bien par un temps de
si grand froid car là-bas les gens sont torse nu et marchent dans le
sable fin. Rien que pour ça je crois que je troquerais bien mon
appartement contre une petite cabane sur pilotis afin d'assister à des
couchers de soleil uniques, à une flore luxuriante, bref un vrai coin de
paradis !
Banco Chinchorro, où a été tourné le film, est la barrière
de corail la plus grande du pays. Elle est classée depuis 1996 par
l'UNESCO comme Réserve Naturelle de la Biosphère.
Autant vous dire
qu'on assiste ébahi à de grandes scènes où la nature reprend ses droits.
Même si la trame peut être considérée comme redondante, moi j'aurais bien pris le soleil
un peu plus longtemps !
Alamar - Pedro Gonzalez-Rubio
Film mexicain sorti le 1er décembre 2010