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Chez Mélopée
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28 novembre 2012

[Rentrée littéraire] Home de Toni Morrison

Excusez-moi mon silence mais j'ai lu pendant ce temps la saga Hunger Games. Il y a eu un tel battage autour de cette série que je ne compte pas en faire de critique. Quoi qu'il en soit, ça a été un plaisir coupable qui est aussi passé par une séance ciné pour regarder le dernier volet de Twilight. Mais le livre dont je vais parler aujourd'hui est tout autre. Mais ça a été du bonheur, là aussi !

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Vous connaissez les récits addictifs? Dans ce cas, vous devriez classer Home dans ce genre-là. J'avais entendu de très bonnes critiques dans "La grande table" de France Culture et m'était dit que ce livre-ci serait pour moi. Et quand Priceminister a lancé son opération des Matchs de la rentrée littéraire avec, en lice parmi les sélectionnés, le fameux Home, j'ai bondi sur l'occasion. Bien m'en a pris !

Le récit commence par une évasion d'un asile psychiatrique par un homme (Frank) qui, on l'apprend, a fait la guerre de Corée. Il est Noir et l'époque est marquée par la ségrégation raciale, où il ne fait pas bon être de couleurs dans les États du Sud, comme c'est le cas en Géorgie, où Frank veut retourner. Il veut aider sa soeur, Cyndra (dite Cee) qui va de galère en galère. De Seattle jusqu'à Atlanta, le périple est marqué par l'observation du racisme au quotidien, par les souvenirs de guerre, par le passé familial. Et c'en est haletant !

Le livre est bref et la narration est pourtant, ce que j'appelle, intense. Le peu de personnages nous permet une réelle proximité à leur relation et à leurs expériences passées. Le contexte est bien sûr passionnant pour qui s'intéresse à cette période trouble de l'Histoire, où Noirs et Blancs vivaient dans deux univers cloisonnés. Frank et Cee incarnent des anti-héros types, fragilisés par la vie mais luttant pour garder la tête haute.
Moi qui découvre Toni Morrison avec ce livre, j'ai été saisie par son ton incisif, ses phrases courtes et sa langue claire et sans emphase. C'est exactement le genre de livres qui sait où il va et d'où il vient, comme son personnage principal. Les tergiversations ne sont plus possibles car la réalité de la situation appelle de la réactivité et du mouvement. Tout y est là-dedans !

Le nom de mon père, c'est Luther et celui de ma mère, Ida. Ce qu'il y a d'insensé, c'est notre nom de famille. Money. L'argent. Qu'on n'avait pas. (p. 47)

Là où je suis plutôt preneuse de livres courts et concis, flirtant avec la nouvelle, j'ai été presque déçue avec Home de devoir me contenter de seulement 150 pages. Il va sans dire que la narration se lit d'une traite et qu'on ne boude pas son plaisir face à tant de densité dans une histoire, au fond, si simple.

Pour conclure, je dois dire que je relirai Toni Morrison car cette auteur a bien l'air d'avoir de nombreuses autres pépites dans son œuvre. En tout cas, puisqu'il faut attribuer une note à celui-ci, ce sera :

16/20

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9/14

Home - Toni Morrison ; traduction de Christine Laferrière (C. Bourgois, 2012, 151 p.)

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Commentaires
D
Bonsoir Mélopée, j'ai été éblouie par ce roman concis au style superbe. C'était une découverte concernant cet écrivain. Je compte bien en lire d'autres. Bonne soirée.
F
Je suis tout à fait d'accord avec toi, le mot intensité résume parfaitement le sentiment que j'ai eu en lisant Home.
M
C'est un roman très dense malgré son faible nombre de pages. <br /> <br /> Je ne suis pas en avances pour te féliciter pour ton concours, je viens de voir ton blog-it ;-)
D
Bonsoir Mélopée,<br /> <br /> lu comme toi grâce à cette opération et comme toi j'ai aimé l'écriture mais j'ai été un peu déçue de la longueur du livre. Je découvrirais Un don par exemple cité par Valérie dans le commentaire au dessus du mien :-)<br /> <br /> Bisous
V
Un petite déception pour moi. j'ai largement préféré Un don.
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