13 mars 2013
Bernadette a disparu de Maria Semple
J'ai été littéralement saisie par ce livre qui m'a relâché une fois passées ses 381 pages. Quel bonheur absolu ! Attention, ne passez pas à côté de cette pépite de drôlerie incroyablement construite !

Bernadette est une mère de famille fraichement débarquée à Seattle avec son mari Elgie, ingénieur chez Microsoft, et sa fille Bee, une gamine de 15 ans attachante mais au coeur fragile. Dans la ville et le quartier, l'installation est difficile car les autres mères de famille cultivent un sens de la communauté très particulier. Qui ne veut pas participer est mis sur la touche et moqué. Bernadette a décrété qu'elle se tiendrait à l'écart de ces ménagères conformistes (surnommées les "bestioles") et maintient une vie sociale uniquement par mail avec une Indienne dénommée Manjula qui lui rend service à distance.
Le livre débute sur la réussite méritée de Bee qui, comme cadeau, a demandé à aller en Antarctique avec ses parents. Ce voyage est le point de départ de bouleversements dans la famille : le père déserte, la fille excitée attend avec impatience le jour J, quant à Bernadette, elle prend la poudre d'escampette en laissant ses secrets derrière elle. Tout le récit revient sur son histoire mais aussi sur les raisons de sa fugue. Pourquoi ne remplie-t-elle pas son devoir de mère exemplaire? Et où est-elle?
Le livre est fascinant car il se compose de lettres, emails, témoignages mais aussi des points de vue des uns et des autres impliqués dans l'affaire (Elgie, Bee, Bernadette mais aussi les "bestioles"). C'est tour à tour drôle, cynique et jubilatoire car plus les pièces du puzzle se juxtaposent, plus le personnage de Bernadette, asocial et original, gagne en tendresse et en émotion. Elle est désopilante et géniale cette bonne femme !
Un matin, je me suis rendue en ville assez tôt et je me suis aperçue que les rues étaient pleines de gens traînant des valises à roulettes. J'ai pensé : Wouah, cette ville est remplie de personnes dynamiques. Et puis j'ai compris : c'étaient tous des sans-abri qui avaient passé la nuit dans l'entrée d'un immeuble et qui pliaient bagage avant de se faire vider des lieux. Seattle est la seule ville où, quand on marche dans la merde, on prie pour que ce soit de la merde de chien. (p. 152)
Je ne voudrais pas trop en dire si ce n'est, précipitez-vous ! Il y a tellement de bonnes choses dans ce livre mais en peu de mots ça se résume à : c'est un régal !
Merci à Babelio pour ce Masse critique une fois de plus satisfaisant de bout en bout !
Je ne voudrais pas trop en dire si ce n'est, précipitez-vous ! Il y a tellement de bonnes choses dans ce livre mais en peu de mots ça se résume à : c'est un régal !
Merci à Babelio pour ce Masse critique une fois de plus satisfaisant de bout en bout !
Bernadette a disparu - Maria Semple (Plon, 2013, 381 p., collection Feux croisés)
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