03 mai 2014

Le bleu des abeilles de Laura Alcoba

Livre repéré grâce au passage de l'auteur (qui avait l'air charmante en plus d'être fort intéressante smiley ) dans La grande librairie. Et ce n'était qu'une introduction car ça donne le goût d'en lire bien d'autres...

 


Le livre commence avec le départ de la toute jeune narratrice (âgée d'une dizaine d'années) vers Paris. Depuis quelques temps on l'avait préparé au français en lui inculquant des cours au pays. Son père est emprisonné tandis que sa mère a emménagé dans un appartement, avec une autre expatriée, au Blanc-Mesnil. C'est là que l'attend une nouvelle vie bien loin de son Argentine natale.

 

Quand elle arrive en région parisienne c'est la grande surprise car la petite fille s'était préparée à vivre et à parler de Paris. Mais la cité de la Voie-Verte, au Blanc-Mesnil, et loin de la carte-postale qu'elle se figurait. Dans le quartier c'est plutôt un melting-pot de populations avec des Espagnols, des Portugais et tous ces expatriés aux peu de moyens. L'appartement est petit, vide de meubles et le quotidien est difficile. Comment faire rêver les copines d'Argentine ?

 

Ce qui m'a fait sourire dans ce témoignage c'est que l'auteur évoque la langue française avec une sorte de fascination mystique. Elle se prend d'amour pour les sonorités et récite les mots compliqués et les "u" qui lui résistent, devant son miroir. Peu à peu elle se met à avoir honte de son accent et conserve une discipline de fer pour se faire accepter et ne pas paraître "étrangère". Lorsqu'elle apprenait avec son professeur de français d'Argentine, toutes les leçons étaient d'ailleurs assez archétypales. C'est ainsi qu'en arrivant en France le choc de la réalité a été d'autant plus rude.

 

C'est dans ce premier livre français que j'ai appris qu'ici, en France, tous les chiens s'appellent Médor, et les chats Minet. Et plein d'autres choses qui, à ce moment-là, me semblaient très utiles. (p.15)

 

J'ai beaucoup aimé ce court texte qui, à travers le découpage en épisodes distincts, relate la vie d'une famille dans un pays étranger avec la difficile épreuve de l'intégration. Mais il y a aussi dans le récit l'évocation de la correspondance de la fille avec son père, resté emprisonné en Argentine, qui reflète leurs lectures communes et c'est à travers elles que s'esquisse le titre (librement inspiré de Maeterlinck) ainsi qu'une incroyable discussion autour de la couleur bleue.

 

Le bleu des abeilles - Laura Alcoba (Gallimard, 2013, 120 p., coll. Blanche)

Posté par Mélopée à 13:55 - Littérature sud-américaine - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    J'avais repéré ce livre sur quelques blogs déjà et la thématique autour de l'apprentissage de la langue française m'intéressait beaucoup.

    Posté par A_girl_from_eart, 03 mai 2014 à 14:43
  • Je l'ai aussi vue dans LGL, ce qui m'a donné envie de le lire. En revanche, j'ai lu des avis mitigés depuis et l'ai retiré de ma LAL.

    Posté par Fleur, 08 mai 2014 à 14:21
  • Un titre très poétique, en tout cas.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 12 mai 2014 à 16:17
  • @ A girl from earth : Je crois que c'est précisément pour cette raison que ça m'a intriguée. La perception d'étrangers sur notre langue, nos coutumes, ça me dépayse complétement !

    @ Fleur : Ah, je n'y ai pas fait attention ! De toute façon c'est un très court roman alors ça se lit aisément.

    @ Alex : Je suis bien d'accord.

    Posté par Mélopée, 15 mai 2014 à 13:58

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