13 février 2015

Nous ne sommes pas nous-mêmes de Matthew Thomas

Non, non, je ne suis toujours pas morte. Ma résolution de cette année est de lire des pavés alors j'ai voulu la mettre tout de suite en oeuvre avec ce nouveau livre qui, je dois le dire, est pour moi une pépite de premier roman. A titre d'information, je suis actuellement dans un autre livre, tout aussi massif et tout aussi délectable.

Que de bonheur !Source: Externe

http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/BLF/P3/9782714457226.jpg

Ce roman est le premier d’un auteur américain de quarante ans. Il s’est appliqué pendant dix ans, en plus de son activité de professeur, à écrire le destin d’une famille du Queens. C’est particulièrement Eileen qui retient notre attention. De son enfance, auprès d’un père camionneur et d’une mère dépressive et alcoolique, à sa vie “accomplie” de mère de famille, nous suivons ses ambitions, projets et désillusions. Elle est une figure de prou de l’American Dream car elle cherche à élever socialement sa famille, à habiter une plus vaste demeure, à fréquenter la bonne société.

D’abord infirmière, elle est en quête pour elle-même de responsabilités professionnelles afin d’occuper un poste plus élevé. Lorsqu’elle épouse Ed, scientifique émérite et dévoué, elle espère qu’il l’entrainera dans de hautes sphères intellectuelles. Et c’est ensemble qu’ils ont Connell, enfant unique et rondouillard, un peu suiveur et volontiers ingrat. Pour eux deux, elle veut le meilleur mais Eileen n’est pas au bout de ses peines.
Les années passent et de multiples grains de sable viennent enrayer la machine. Ed devient colérique, imprévisible et casanier, quant à Connell, il est souvent absent.
Comment assouvir sa soif d’élévation alors que le proche entourage se contente du minimum ?

Je ne me suis pas ennuyée une minute à la lecture de cet ouvrage de pourtant presque huit cent pages. Car Matthew Thomas dresse un récit en forme de montagne russe : un fragile espoir d’embellie et une grande dégringolade. Le personnage central, Eileen, est loin de susciter l’empathie. Elle est superficielle et raciste (cherchant à déménager lorsque des familles immigrées commencent à envahir son quartier), directive et jamais démonstrative (notamment avec son fils qu’elle couve puis délaisse). Mais son caractère affirmé nous incite à la suivre car on se doute qu’elle se sortira de n’importe quelle situation. C’est presque la chute qu’on espère pour la voir repousser les limites du rebond.

C’est une excellente lecture qui interroge sur la filiation, sur la réalisation de soi, sur les rêves de grandeur. Je peux le conseiller à tout un chacun car Matthew Thomas a mis beaucoup de lui-même dans ces pages. Et pour en savoir plus, n’hésitez pas à aller écouter l’émission de l’Humeur vagabonde (France inter) qui lui est consacrée : Matthew Thomas.

Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour la lecture de ce livre très prenant !

Nous ne sommes pas nous-mêmes - Matthew Thomas ; traduit par Sarah Tardy (Belfond, 2015, 787 p., coll. Littératures étrangères)

Posté par Mélopée à 17:22 - Littérature américaine - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bonjour Mélopée, 780 pages, ce n'est pas rien surtout pour un premier roman. Le résumé que tu en fais pourrait m'attirer mais pas pour tout de suite. Bonne journée.

    Posté par dasola, 14 février 2015 à 11:43
  • J'attends son arrivée au Québec avec beaucoup d'impatience, c'est pour bientôt!

    Posté par Jules se livre, 14 février 2015 à 21:05
  • Et évidemment, lire des pavés, ça prend du temps.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 15 février 2015 à 16:57
  • Bonsoir Mélopée,
    contente de te relire et de lire ce si enthousiasmant billet !
    Prête pour d'autres pavés alors super.
    Bises

    Posté par Didi, 03 mars 2015 à 22:00

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